‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 124 sur 159 · LE ROY QUI PASSE AVEC SES GARDES · texte numérisé non relu

LE ROY QUI PASSE AVEC SES GARDES

Mais regardons auparavant

Ce que tu n'as pas veu souvent :

Je voy le monde qui s'amasse

Pour voir nostre grand Roy qui passée

C'est un monarque si parfait 1

Admire comme il est bien l'ait :

C'est un prince de bonne teste,

Qui se mocquc do la tempeste,

Et qui plus généreux que Mars,

Feroit la barbe aux vieux Césars,

• Depuis les barricades de iG'iR, lu cour avait complètement abandonné Paris; elle résidait tantôt à Saint-Gcrmainen-Layc, tantôt à Versailles, tantôt à Fontainebleau. Le roi ne faisait que traverser la capitale, et, qUand il y touchait, il s'arrêtait au château des Tuileries.

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Aux Scipions, aux Alexandres,

S'ils n'esloiciit point réduits en cendres.

Que ces Gardes, à son costé,

Donnent encor de majesté ;

Et ces deux rangs de Mousquetaires

A sa garde si nécessaires,

Ses cent Suisses qui bravement

Marchent vestus superbement,

La halebardc sur l'cspaule

(Que Ton respecte dans la Claule);

Ces pages et valets de pié,

Dont pas un n'est estropié,

Car il faut avoir bonnes jambes

(Je n'a y point de rimes en ambes}^

Pour courir après le beau char

De Louis, plus grand que César !

Regarde encore son caresse,

Ces riches figures en bosse.

Ces chevaux lestes et fringans,

Qu'on voit prendre le frein aux dents;

Sa suite nombreuse et charmante,

En pompeux habits éclatante,

Et ce cortège des plus beaux

De carosses et de chevaux ?

Voilà comme le Roy de France

Marche dans la magnificence :

Mais c'est encor bien autrement.

Quand c'est cérémonieusement ;

Un jour il adviendra, peut-estre,

Qu'ainsi tu le verras paroistre :

Lors tu seras ravy, je croy,

De voir triompher ce grand Roy.

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