II AVERTISSEMENT
On ne sait pas même quelle est la première édition clandestine qui a été imprimée après la mort du poète. Il est probable que ce poème circula d'abord manuscrit, et passa de bouche en bouche dans la société des libertins de Paris : c'eût été jouer gros jeu que de faire imprimer, môme en cachette, un ouvrage aussi hardi, qui s'al laquait à tout, aux choses de la terre comme aux choses du ciel, sans avoir l'air de rien prendre au sérieux. Il y avait, dans cette satire en forme d'ode burlesque, de quoi faire fouetter le libraire, emprisonner l'imprimeur et brûler l'auteur.
Ce n'est que plus tard et sous un tout autre prétexte, que l'auteur fut brûlé. « Ce Le Petit avait seulement fait preuve d'un esprit original et gai, dit VioUet- Le-Duc, qui semblerait n'avoir pas lu ou compris le Paris ridicule qu'il a fait figurer dans sa Bibliothèque poétique; mais, jeté par la nature de son talent dans la société des jeunes Hbertins, tels que Saint-Amant, Linières, Saint-Pavin, Des Barreaux et autres, C. Le Petit ne s'avisa-t-il point de composer une chanson impie sur la sainte Vierge, et qui courut dans ces sortes de sociétés, alors beaucoup trop nombreuses! Un jour, en l'absence de Le Petit, qui avait négligé de fermer sa croisée, le vent enleva dans la rue des papiers, ramassés bientôt par un prêtre : il les porte au procureur du roi. Descente juridique est faite chez Le Petit, au moment qu'il rentrait chez lui, oïli l'on trouva le brouillon des chansons qui couraient manuscrites! Le malheureux fut condamné à être pendu, puis brûlé, et le jugement fut exécuté en place de Grève, malgré tout ce que purent faire des personnages du premier rang, que sa jeunesse et ees talents intéressaient pour lui. Ces détails nous sont donnés par Saint-Marc le commentateur, qui lui-même les tenait d'une personne qui avait connu Le Petit et sa famille, -o
AioUet-Le-Duc a tiré, en oUel, d'une note de l'édi-