CIMETIERE DE SAINT- IN N 0 C E NT
Kn passant par ce cimetière, Prions Dieu pour les Trespassez.
' Cette strophe manque dans la réimpression de 1713.
2 Variante de la réimpression de 1713 :
Ne leur donnons plus tant d'amorce.
3 Variante de la réimpression de 1713 :
Sans aller déclamer contre eux.
< Par l'ordonnance du pape Paul IV, les Juifs n'y ont aucun négoce que celui des vieilles hardes, comme les Fripiers à Paris. Les uns et les autres sont renfermés dans un certain quartier, qu'on appelle à Rome il Ghetto, et à Paris la Friperie. (De Bl.)
^ Variante de la réimpression de 1713 :
N'insultons personne en ce lieu.
^ Voy. la Vue de l'église et du cimetière des Sainls-Inno-
ou PARIS RIDICULE. S3
Que d'os Tun sur l'autre entassez ! Que de cendre et que de iioussiere!
Quatre mots de moralité Sur ce lieu de mortalité :
Hommes, pour une bagatelle Qui vous donnez tant de soucy, Toutes les testes sans cervelle Ne sont pas dans celieu-cyi.
Tous ces fameux traîueurs d'espées,
Tous ces illustres champions,
Ces Césars et ces Scipions,
Ces Alexandres, ces Pompées,
Ces grands Soldats et ces grands Rois
Bravèrent la mort autrefois
Par une valeur sans seconde;
Mais la mort enfin les brava :
Que de mal pour mourir au monde,
Kt ne sravoir pas où l'on va - !
cents, dessinée et gravée par Israël Silvestre vers l'année 1651. Ce cimetière qui avait reçu les corps delà plus grande partie des habitants de Paris pendant huit ou neuf siècles, ne fut supprimé qu'en 1786, à cause de l'infection qu'il répandait dans la ville. L'église et les charniers ayant été démolis, les ossements enlevés et transportés dans les catacombes, le cimetière se trouva converti en marché. ' Variante delà réimpression de 1713 :
>'e sont pas dans cet cndroit-cy.
2 Ces deux strophes rappellent les beaux vers du Testament dp Villon sur le môme sujet.
LES CHAKNIEUS S AIN ï- I N N 0 CENT *
C'est assez, Madame Moralle :
Dans le mal comme dans le bien, Tous les excez ne valent rien, Trop de vertu porte scandalle.
- Passons dedans ces vieux charniers, C'est-à-dire sous les greniers De ces reliques mortuaires ; Et, dans ces différons objects.
Nous trouverons les loix contraires Où tous les Mortels sont sujets 2
Les plaisantes Tapisseries ^
' Les Charniers, qu'un appelait aussi galetas, formaien une galerie voûtée, basse et humide; ces arcades gothiques ouvertes du côté du cimetière, avaient été construites successivement vers la fin du quatorzième siècle, aux frais de quelques personnes pieuses, entre autres le maréchal de Boucicaut et Nicolas Flaroel. Cette galerie, pavée de tombeaux, tapissée d'épitaphes, était encombrée d'échoppes de lingères de modistes, de marchands d'estampes et d'écrivains publics. Voy. dans le Tableau de Paris de Mercier une curieuse description dos Charniers, au-dessus desquels on entassait tous les ossements qu'on retirait du cimetière.
2 C'est une réminiscence des vieilles rimes de la Danse macabre qui était peinte sous les Charniers le long de la rue de la Ferronnerie.
L Dance macabre s'appelle.
Que chacun h dancer apprend.
A l'homme et femme est naturelle Mort n'cspargne petit ne grand.
^ L'auteur parle des tailles-douces et autres sortes de papier qu on y vend, surtout des Portraits de la famille royale et autres personnes de la première qualité. (De Bl.)
ou PARIS RIDICULE. y?
De carte et de papier noircy!
Que de choses en racourcy
Dessous ces sombres Galleries !
Que d'estampes et de dessins,
De grands Seigneurs, de petits Saints,
Et de Restes d'après nature!
Que je voy d'un œil satisfait
Là ces vanitez en peinture,
Qui sont vanitez en effecti!
Icy chaque homme a son image, Chaque femme a la sienne aussi, Chaque tout a son racourcy, Chaque Yille a sonpaïsage, Chaque Païs a son pinceau, Chaque Elément a son Tableau ; On y voit le Paradis même Et l'Enfer à la triste gent ; On y trouve enfin la Mort blême.
Et de tout, hormis de l'argent.