‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 42 sur 159 · LE CHEVAL DE BRONZE · texte numérisé non relu

LE CHEVAL DE BRONZE

Moimmeiit d'argile et de piastre,

Ridicule amusoir de sots,

Cube cantonné de Magots

Rechignez en matous qu'on chastre ;

Baye de tous les environs,

Epouventail de moucherons,

Où gisent des estrons plus d'onze,

Simulachre de Carnaval,

Clieval, quoy que lu sois de bronze-,

Tu n'es pourtant rien qu'un cheval !

' L'ancienne statue équestre de Henri IV, qui fut renversée et fondue pendant la Révolution, était connue dans le peu; le sous le nom du Cheval de bronze, parce que le clieval, travail de Jean de Bologne, passait alors, malgré sa lourdeur et ses proportions exagérées, pour un ouvrage d'art, bien supérieur à la ligure de Henri IV, exécutée par un sculpteur français nommé Dupré. Aux quatre coins du piédestal de marbre blanc, on voyait quatre statues de bronze, de la plus grande beauté, représentant des esclaves enchaînés. La bizarre qualilicalion de Clieval de bronze avait été critiquée dans les vers suivants :

Que sert-il quo Paris, au bord de son canal.

Expose de nos rois ce grand original,

Qui sut si bien rogner, qui sut si bien combattre?

On ne parle point d'Henri quatre;

On ne parle que du Chevul.

' Cette Statue équestre do Henri IV l'ut faite à Florence par ordre do Ferdinand et Cosrac II, grands-ducs de Toscane, et érigée à Paris en 1635 par ordre de Loiiis XIII, avec cette orgueilleuse inscription pour le cardinal de Richelieu : Richelius C. Vir supra (itulos et consilia omuiuin rétro Princij>um opus absolvenduin cemuit. (DbBl.)

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