‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 5 sur 159 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

temps avant que je vinsse à le connoître de la manière quo jai dit. Dans ces voyages et ce long séjour tant à Rome qu'à Madrid, lieux où sans doute ne se contractent pas les plus fréquentes habitudes de lumière intelligente et de sainteté, il se plongea dans toute sorte de débauche, et particulièrement contracta un malheureux penchant à l'impiété. Toutes ses poésies, qui n'étoient pas en petit nombre, ne rouloient que sur ces infâmes matières, et de tous ceux qui ont pu voir son Paris ridicule^ fait à Timitation de la Rome ridicule de Saint-Amant, à cette différence près que le poërae de Saint-Amant n'est pas impie comme celui de l'autre, et qui aussi fut enfin cause de son infâme supplice, tous ces gens, dis-je, demeureront d'accord de ce que j'avance.

a Je ne savois point toutes ces particularités, quand je m'attachai à Petit, ou, pour parler plus juste, quand il s'attacha à moi ; car, quoique j'eusse le premier commencé notre liaison, il s'en fît lui-même, dans la suite, la plus grande afi*aire, à cause d'une certaine candeur, si je l'ose dire, qu'il crut trouver en moi, et de quelques leçons de probité et de crainte de Dieu, que je prenois occasion de lui faire assez fréquemment'. Jusque-là je n'avois vu de ses poésies que celles où l'esprit de libertinage ne dominoit point; mais comme il vit que je goùtois son esprit et tout ce qui en sortoit, la confidence qui se fortifioit de plus en plus entre lui et moi le porta comme à me vouloir initier tout à fait dans ses plus secrets mystères d'impiété, mais sur lesquels il me fît bientôt frémir

1 II croyoit que ma religion me faisoit approuver toutes les railleries mal entendues qu'il faisoit de la Vierge et des saints, de quoi j'étois bien éloigné, avant toujoiu^ tenu pour principe que, quelque reUgiou qu'on professe, il en faut de bonne foi remplir tous les devoirs ; car, quant au reste, j'ai toujours été fort éloigné d'approuver toutes les superstitions romaines. (Note de Jean Bou . )

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