‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 56 sur 159 · EMBARRAS DE LA CONFUSION DE PARIS · texte numérisé non relu

EMBARRAS DE LA CONFUSION DE PARIS

Mais que d'animaux domestiques.

Que d'hommes, de chiens et de chats !

' Variante de la réimpression de 1713 :

Sans même trop taxer de crime Et la N'ayade et ses Bayards, Que c'est le seul fils It'gitime Qu'ils ont fait entre cent bâtards.

- Le Marais était, à cette époque, le quartier de l'aristocratie et de la belle compagnie. Voy. les intéressants ouvrages de M. Cousin sur la société française au dix-septième siècle.

3 Cette strophe manque dans la réimpression de 1713.

< Voy. ci-après la Satire des Embarras do Paris, par Boileau, avec les notes de Brossettc.

OIT PARIS niDICr LE. 8")

Qu'ils font d'aimables entre-chats i Au milieu des places publiques !

Qui seroit le Saint à fester, Qui s'empescheroit de pester Contre ces ridicules guises'-?

Pour moy, je veux en dire un mot :

Qui ne reprend pas les sottises Fait cognoistrc qu'il n'est qu'un sot 3.

Jamais, dedans une assemblée De deux cent mille combatans *, On ne peut voir en même tems '^ Tant d'attirail et de meslée :

Que d'Insensez et que de Foux !

Tout est-il sans dessus dessous ?

De tous costez, on me dit Gare ^' !

Et je ne sçay duquel tourner :

' Variante de la réimpression de 1713 : Que ron voit courir au pourphas.

2 Façons, manières de faire.

3 Cette strophe, et quelques-unes des suivantes (81, 82, 85, 87 et 88) sont transposées dans ki réimpression de 1713 et s'y trouvent placées au commencement du poëme.

* On fait monter le nombre des habitans de Paris à huit cent mille. Autrefois on parloit d'un million; mais on compte que, pendant la dernière guerre et la grande famine, il en est sorti ou péri la quatrième partie (De Bl.) — Paris, agrandi par l'annexion (1860), compte aujourd'hui environ deux milMons d'habitants.

^ Variante de la réimpression de 1713 : On n'aperçut en niC-nic temps...

6 Les Porteurs de Chaises et les Cochers crient ainsi, pour avertir les passans de se retirer, afin de n'être point renversés ou foulés aux pieds des chevaux ; ce qui ne laisse pas néanmoins d'arriver assez souvent dans cette grande Ville. (De Bl.)

Dans cet horrible tintamare, On n'entendroit pas Dieu tonner.

Que d'embarras et que de crottes !

e suis pris comme en un clapied ^ 0 ! que de Cavaliers à pied 2, Faute de chevaux et de bottes !

Que ce vieux Chartier embourbé ^ Et ce Cocher masqué au bé*, Parlent de Dieu souvent et viste !

Prennent-ils plaisir à cela ?

Pour faire un tonneau d'eau-beniste, Il faudroit bien de ces mots-là.

Quel plaisir de voir dans la rue Ces porteurs aux goussets puants, Et ces lacquais aux pieds suants, Se promener à pas de grue !

Tout est dans l'excez en ce lieu; Personne n'y tient le milieu,

' Traquenard, piège. Clapier signifiait aussi : mauvais lieu.

2 Variante de la réimpression de i713 :

0 ! que de fanfarons à pied !

3 11 est passé en proverbe de dire : Il jure comme un Charlie embourbé. (De Bl.)

* Ce vers nous rappelle celui de Vertvert, par Gresset :

Les F et les B voltigeaient sur son bec. Variante de la réimpression de 1713 :

Et re jeune cocher garbé.

ou PARIS RIDICULE. 87

Non pas la pauvre vertu même, Qui, pour y vivre en seureté, Est contraincte par stratagème D'estre dedans l'extrémité ^.

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