SAINT-LOUIS
Voicy la Maison de la peste
• Montfaucon est un village près de Paris, hors la porte Saint-Martin; on y pend les criminels et malfaiteurs. Enguerrand de Marigni étoit d'une ancienne famille de Normandie, premier ministre du roi Philippe le Bel, et son lieutenant par tout le royaume de France. Après la mort de ce Prince, le comte de Valois son Irère, s'étant emparé de toute l'autorité, fit accuser Enguerrand de concussion, et le fit condamner par les Pairs du royaume à être pendu au Gibet qu'il avoit fait dresser lui-même à Montfaucon ; ce (pii fut exécuté. Cela arriva en 1315. (Dt: Bl.) — Le gibet de Montfaucon, vers ic60, ne conscnait plus que sept ou huit de ses seize piliers de pierre, comme le témoignent les anciens plans antérieurs à 1700. (A. B.)
2 Ce passage indique d'une manière certaine que les exécutions ne se faisaient plus là et que le gibet était alors abandonné. (Voy. la savante Dissertation de M, de La Villegille sur les Fourches patibulaires de Montfaucon.)
1 Israël Silvestre a publié, vers 1655, une vue de l'hôpital
iOO I.A CHRONIQUE SCANDALEUSE
Ou l'IIostel des pestiferez :
Destournons nos yeux égarez De dessus cet objet funeste ; Je ne puis pourtant en secret A ce superbe Lazaret M'empescher de donner le reste; Pourquoi faut-il, pays foutu, Donner un palais à la peste.
Et laisser pester la vertu *.
GV
Puisqu'il fait si mauvais sur terre, Cherchons fortune sur les eaux:
Où vont tous ces petits batteaux?
Font-ils voile pour l'Angleterre?
En veulent-ils aux Dunquerquois ?
Ou sur le Lac des Genevois Vont-ils à la chasse aux macreuses ?
Ou seroit-ce point (que sait-on) - La Flotte des Brebis galeuses Qui vont au presche à Charanton^?
Saint-Louis, a basti hors de la Porte du Temple par Henry quatriesme, pour la commodité et le soulagement de ceux qui sont attaquez de la maladie.» L'abbé de Marolles, dans sa Description de Paris en quatrains, consacre les quatre vers suivants à cet hôpital :
Quel bastiment plus beau que ce'.uy qu'on destine Aux frappez de la peste en ses maux inouïs. Où l'on voit somptueux celuy de Saint-Louys Dans un bout des faux-bourgs où le bon vent domine!
' Cette strophe manque dans la réimpression de 1713.
2 Variante de la réimpression de 1713 :
Vont-ils à la pèche aux macreuses?
Ou n'est-ce point (car que sait-on ?)...
3 Charenton est sur la Marne, qui entre dans la Seine au-
ou PARIS RIDICULE. 101
Nous avons trouvé la cachette ;
Elles sont en hal)it décent ;
Eh! de grâce, un mot, en passant
Comment va la boëte à Perrette?
Que dit-on du Seigneur Morus^?
N'evangelisera-t-il plus?
Le renvoyez-vous en Hollande?
Que l'adage est bien avéré,
Lors que l'on va trop à l'offrande,
Que l'on fait tomber le Curé !
En eiïect, belles Réformées, Vous l'auriez encor pour pasteur, S'il eust esté moins bon ,
dessous de ce bourg. Les Réformés de Paris y avoient un Temple, qui leur fut donné par Henri IV et rasé jusqu'aux fondemens par ordre de Louis XIV, son petit-fils. C'est à présent le jardin d'une communauté de Nouvelles-Converties. (De Bl.)
' Ceux qui voudront savoir les principaux événemens de la vie de Mr. Morus n'ont qu'à consulter le Dict. Cril. do Mr. Bayle, qui en a parlé assez au long. Je dirai seulement qu'il étoit Ministre à Charenton et très-éloquent. Ses prêches étoient si courus, qu'on l'ajjpeloit le Ministre à cinq broches parce que les Uotisseurs de Charenton en mcltoient autant le jour qu'il dcvoit prêcher, au lieu qu ils n'en mcttoient que deux ou trois quand quelqu'autre Ministre prêchoit. Il avoit été Ministre à Middelbourg en Zélande. Ses ennemis firent courir de mauviUses rumeurs de lui, et entr'autres un Distique latin sur ce qu'il fut accusé d'avoir engrossé la femme de chambre de madame de Saumaise. Voici ce Distique :
GalU ex roncubitu grnvidnm te Pontia Mori, Quis benè nior«tnm niorigcranique nt'gct? (Db Bl.)
Et s'il vous avoit moins aimées.
II a fait de si grands ciîorts Pour vos âmes et pour vos corps, Qu'il en court de rumeurs mauvaises, Mais, quoy qu'on touche ces débits, Il peut bien prcscher dans vos chaises, Puisqu'il a couché dans vos lits ^.