LE TOUR DE LA VILLE DE PARIS
Pour sçavoir le long de Paris, Par où j'ay maintes fois esté,
* Celte pièce de vers et la suivante sont des réimpre>sions modernisées et altérées, d'après l'opuscule gothique publié vers 1520 sous le titre des Rues de Paris, etc. Nous les donnons telles qu'elles be trouvent dans l'édition do Troyes, en corrigeant seulement (juclques mots cl quelque- rinic;, mai; sans les accomi»a- ^iier de notCï.
Je VOUS en diray mon avis, Pendant que je suis en santé ; Je Tay fait par joyéuseté, Par manière de passetemps, Comme après sera recité, Au vrai, ainsi que je Tentens.
Je partis un jour après Pasques, En esté, qu'il estoit matin, Dessous la porte Sainct-Jacques, Après que j'eus bu un rantin ' :
Jusques à la porte Sainct-Martin, A y par moy conté, en un tas, Quatre mille cinq cens pour fin, Avec douze de mes pas.
Puis m'en allay à Sainct-Germain, Où est assise la Tour de Nesle, Uii rencontray en mon chemin Une très belle Damoiselle :
Je crois bien qu'elle estoit puceîle, J'avois de la voir grand plaisir, Et là trouvay, pas ne le celé, Quatre mille neuf cens, sans faillir.
Ce jour devant j'ay devisé Plus jusqu'à la Tour Sainct-Bernard Quand j'eus bien autour avisé, Le lendemain pris l'autre part, Où je courus sus tost ou tard.
Seulement puis la Tour du Bois, Tirant à la Tour de Billv,
* >ous propoîons de lire : un Uitin, c'est-à-dire : un peu, quoique le vieux mol ralin, qui sij;iiiûait fouffére, puisse être synonyme de verre.
LES CRIS DE PAFxlS. 56b
Où je tiouvay por.r une fois
Six mille neuf cens, point ne failly.
Le lendemain en voye me mis.
Et m'en allay faire le tour Du bois de Vincennes, et [mis, Je mis Lien la moitié d'un jour, Car courus là, sans nul séjour, Les pas huit mille neuf cens; L'on eut tandis bien fait un four, Témoins ceux qui estoient prcsens.
Puis m'en allay certainement Au Donjon prendre TEpitaphe* :
Nonobstant que la fausse vrayement, J'enescrivis cet Epitaplie.