DESCRIPTION DE LA FOIRE SAI>CT-L\URENT
Tu vois que, de propos en autres, Enfilez comme patenostres, Nous voilà justement dedans dette Foire de Sainct-Laurent :
N'as-tu point déjà les oreilles Aussi pleines que des bouteilles.
Du bruit que font tant de chifflets ?
Donne une paire de soufflets A ces fripons qui t'étourdissent !
Il semble que tes mains languissent ; Romps leurs flustes et leurs tambours, Qui nous vont rendre presque sourds.
Et puis tourne deçà ta veuë?
* On ne peut se faire idée de la topographie de cette localité, au temps de Colletet. Elle ne figure pas sur le pian de J. Gomhoust, et celui de Bullet ne s'étend pas jusque-là. Ceux de Jouvin de Rochefort (vers 1G90) et de La Caille (1714 ont représenté le groupe des bâtiments. On voit quelques-unes de ces baraques sur une petite estampe du dix-huitième siècle. Le catalogue des Archives indique trois plans détailles de cette foire, de 1702 à 1743 (III» classe, n" 271, 291, 581^. (A. B.) — On sait seulement que le Champ de foire, après avoir été transporté en différents endroits, fut enfin établi d'une manière fixe, en 16t»2, sur le terrain où nous avons encore vu les vestiges de cette foire célèbre. L'hôpital de Saint-Lazare, auquel appartenait le privilège de la foire Saint-Laurent, lui avait consacré cinq arpents entourés de nuirs, plantés d'arbres et remplis de maisons ou plutôt de baraques, qui n'eurent plus rien à craindre ni des attaques des voleurs ni des prétentions arbitraires des sergents du Chàtelet. Cette foire a subsisté jusqu'à la Révolution.