‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 103 sur 256 · T H E A T R E DE .MAKI 0 N N E T TES · texte numérisé non relu

T H E A T R E DE .MAKI 0 N N E T TES

Remarque un peu dans cette rue, Sur ce tbeatre, deux coquins, Vestus comme des baiiequins -,

de cette foire, de 1702 à 1743 (IIIe classe, nos 271, 291, 381). (A. B.) — On sait seulement que le Champ de foire, après avoir été transporté en différents endroits, fut enfin établi d'une manière fixe, en 1662, sur le terrain où nous avons

h 1rs vestiges de cette foi:

Saint-Lazare, auquel appartenait le privilégi de la foire Saint- Laurent, lui avait consacré cinq arpents entoures de murs, plantes d'arbres el remplis de maisons ou plutôt de baraques, qui n'eurenl plus rien à craindre ni des attaques des voleurs

m des prétentions arbitn - des sergents du Châtelet. Cette

foire a subsiste jusqu'à ta Révolution.

1 M. Charles Magnin, dans sa curieuse et savante Histoire des Marionnette*, a réuni tout ce qu'il a pu recueillir de particularités et de documents sur ces théâtres d'automates : il n'a pas oublié celui de la foire Sainl Laurent et ses comédiehs de bois, qui exisl lient encore, il j a une quarantaine d'années, enfermés dans des eusses au tond du grenier de leur ancienne salle de spectacle. Nous ne savons pas ce que sont devenues ces marionnettes.

- On vit paraître pour la première fois l'Arlequin ou plutôt Harlequin il. dieu dan- les ballets de cour danses sous

LE Kl ICA S DE PARIS.

Avec trois guenilles de linge, Qui font sauter un pauvre singe, Et grimper dessus un baston, Afin de gaigner le teston l ?

On entre dedans leurs logettes Pour y voir des Marionnettes, Et cependant que l'on est là, Longtemps droit comme un quinola, Attendant que le jeu commence, Empressé de l'un qui s'avance, D'un autre qui pousse et veut voir, Sans pour aucuu respect avoir.

VOLS QUI SE COMMETTENT AUX ASSEM BL] i \ R ION NETTES.

Des gens qui portent la rapière.

Qui marchent d'une mine fi

Meslez parmi les spectateurs,

Et qui font les admirateurs,

Glissent les doigts, sans vous le dire,

Au fond de vostre tirelire,

Autrement dite le gousset.

Si bien que vous le trouvez net :

Là souvent des colliers de perles

Y sont pris, comme on prend des merles ;

TJes mouchoirs, manchons, monstres d'or,

Henri III. Cet Arlequin, vêtu de toile blanche, avec pantalon ample et casaque flottai i' par-devant, coiffé d'un

serre-tête de linge et masqué d'un demi-masque noir à grand nez recourbé, n'était pi \ pain de Bergame au

costun uleurs. Voy. ci-dessus, p. m.

1 On dit maintenant : la pièce ronde. Le teston représentait toute pièce de monnaie portant i seigneuriale.

Des claviers1 et manteaux encor,

Des chapeaux, à de gens paisibles,

Deviennent parfois invisibles :

Tel le cherche et fait le surpris,

Qui peut-estre vous l'aura pris;

C'est un si plaisant stratagesme,

One jamais on n'en vit de mesme.

Si vous dites de bonne foy:

« Monsieur, vous estiez près de moy ? »

Ce Monsieur-là tempeste et crie.

Se met aussi -tost en furie,

Et, le visage tout en feu,

Jure une Mort et Ventrebleu,

Se fait, menaçant de vous battre,

De ses pareils tenir à quatre

Les voilà l'cspée à la main :

On vous l'ait esquiver soudain.

Et vous gagnez la porte ouverte,

Sans songer mesme à vostre perte ;

Car la crainte d'estre battu

Vous met bien- tost le feu au eu.

Telles sont les friponneries Qui suivent ces bouffonneries.

C'est pourqnoy, changeant de propos, A ces bouffons tournons le dos.

11 vaut mieux entrer dans la Foire .

On n'y casse point la mâchoire, Et, pourveu qu'on soit diligent, On y garde mieux son argent.

1 Trousseaux de clefs

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