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LA RIVIERE DES GOBKLINS

Item, ce canal de rivière,

Que tu vois passer par derrière,

>~'est qu'un ruisseau, mais fort malin,

Qui prend son nom de Gobclin-;

Ses eaux sont de telle nature,

Qu'elles servent à la teinture,

Et tout le monde, en vérité,

En connoist assez la bonté.

Mais quand ce ruisseau se déborde,

Il n'a point de miséricorde,

Il bouleverse les maisons,

Il renverse murs et cloisons,

Innonde toute la campagne,

Mine rocber, cave, montagne;

Ensevelit, dedans son corps,

Des vivans, dont il fait des morts :

Ainsi qu'on a vu, ces années,

Des maisons toutes ruinées,

Et tant de gens qui sont péris

Qui furent veus de tout Paris 3.

1 Voy. ci-dessus, dans Paris ridicule, les strophes cxvin et cxix avec les notes.

2 Farfadet, lutin malicieux, esprit follet. On peut supposer que les gaz lumineux qui s'exhalaient la nuit des marécages de la Bièvre avaient fait croire à la présence des gobelins

. sur les désastres causés par les débordements de la

Bièvre, le savant ouvrage de M. Maurice Champion : les

Inondations en France depuis le sixième siècle jusqu'à nos

;^58, in-8 . F. Colletet veut pailer sans doute ici de la

terrible inondation qui eut lieu en 1665.

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