LE PALAIS MAZARIN
La maison est assez jolie, Et la cage vaut bien l'oiseau;
1 La Fable raconte que les Titans entassèrent des montagnes pour escalader l'Olympe, et, comme le dit Yirgile [Georg. I) :
Ter sunt conati imponere Polio Ossa.
- Pendant les guerres de Paris, les Frondeurs et autres ennemis du Cardinal l'accusoient d'avoir envoyé en Italie plusieurs mulets chargés d'or et d'argent. (De Bl.
: Variante de la réimpression de 1713 : Porta.
Que le voisinage eu est beau !
11 me semble estre en Italie1 ; 11 me chagrine seulement Que derrière celle d'Armand2 Elle soit de cette manière ; Mais je m'estomaque de rien:
S'il est logé sur le derrière, N'est-il pas un Italien3?
XXIY
L ' H 0 S T E L DE BOUR G ONGNE k .
Célèbre Théâtre, où dix Garces
1 11 y a de très-belles maison- à l'entour de ce Palais, qui es.t bâti à l'italienne, soit pour ie dehors, soit pour le dedans, étant rempli d'un très-grand nombre de tableaux et statues d'Italie d'un très-grand prix. Le duc Ma/.arin, bigot furieux s'il en fut jamais, a fait gâter et mutiler quantité de ces tableaux et statues, pour en couvrir les nudités. (De Bl.) — Tout le monde sait que la Bibliothèque nationale est installée aujourd'hui dans les bâtiments du palais du cardinal Mazarin, dont la façade, sur la rue Vivienne, a été restaurée depuis quelques années, ainsi que celle qui regarde iarue des Petits- Champs. [Voy. l'admirable ouvrage de M. le comte Léon de Laborde, intitulé : le Palais Mazarin.)
'- C'est-à-dire : derrière le Palais Cardinal.
3 Un capitaine suisse, se promenant dans Vincennes et voyant le tombeau du cardinal de Mazarin, y écrivit :
Ci gît un Poucre d'Italie,
Qui mi cassi mon Compenie. (De Bl.)
* C'étoit autrefois l'hôtel des anciens ducs de Bourgogne. Us y logèrent ce qu'on appeloit anciennement des Jongleurs, et des Pèlerins revenant de visiter la Terre-Sainte, qui, par
un zèle mal entendu, j »ienl dévotement la Passion de
Notre-Seigneur Jésus-Christ, en style moitié grave, moitié burlesque. Les Comédiens y ont ensuite représenté leurs pièces de théâtre pendant fort longtemps ; et, en dernier lieu, les Italiens, qui fuient chassés pour des raisons irop longui a rapporter. (De Bu.) — Le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne,
ni PAR] S RIDICULE. i!l
D'intrigues, avec dix Cocus !, Donnent autant de coups de. . .
(Ju'elles représentent de farces - :
Vieil Jeu de paume déguisé3, Bordel public royalisé, Hostel, dans cette estrange terre.
Si de toy seul je dis du bien,
situé dans la rue Françoise, avait été ouvert sans intei depuis 1547, et la Confrérie de la Passion y avait donné des représentations, en vertu de ses anciens privilèges jusqu'au commencement du dix-septième siècle. Ce fut à la fin du de Louis XIII que la troupe de l'hôtel de Bourgogne se plaça sous la protection immédiate du roi et que les comédiens s'intitulèrent Comédiens de Sa Majesté. On a lieu de s'étonner que Claude Le Petit, en parlant de ce célèbre théâtre, ait passé sous silence les autres troupes alors établies à Paris, notamment celle des Comédiens de Monsieur, qui jouait à la salle du Petit-Bourbon sous la direction de Molière; celle des Comédiens du Marais, au théâtre de l'Hôtel d'Argent, rue de la Poterie; celle des Comédiens de Mademoiselle, etc.
1 A cette époque, la plupart des comédiens et des comédiennes se mariaient entre eux, sans mener pour cela une vie plus régulière. Ceux qui composaient la troupe de l'Hôtel de Bourgogne, en 1661, étaient Robert Guérin, dit Gro laume, Floridor, Hugues Guérin, dit Gautier Garguille, Pierre Le Messier, dit Bellerose, Beauchàteau, Jodelet, L'Espy, Lenoir, etc.
2 On représentait encore des farces aussi indécentes que celles qui, dans le siècle précédent, avaient provoqué des mesures répressives de la part du Parlement de Paris. Ces farces, très-joyeuses et tu — servaient d'accompagnement à la grande pièce, tragédie ou comédie; elles n'ont pas été recueillies ni même imprimées.
3 La plupart des théâtres, à cette é oque, avaient été des jeux de paume et pouvaient au besoin être rendus à leur ancien usage; au en ce temps-là, les jeux de paume étaient construits comme des théâtres, avec deux ou trois rangs de grandes loges, où les spectateurs s'entassaient, pour suivre des yeux avec intérêt les péripéties de ce jeu que tout le monde aimait, les gens du peuple comme les gens de coui ,
.'i<» LA CHRONIQUE SCANDALEUSE
C'est à la charge qu'au parterre J'entrerai désormais pour rien1.