‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 39 sur 256 · XXX VII · texte numérisé non relu

XXX VII

Les plaisantes Tapisseries :;

1 Les Charniers, qu'on appelait aussi galetas, formaien une

galerie voûtée, basse et humide; ces arcades gothiques ouvertes du côté du cimetière, avaient été construites successivement vers la fin du quatorzième siècle, aux frais de quelques personnes pieuses, entre autres le maréchal de Boucicaut et Nicolas Flamel. Cette galerie, pavée de tombeaux, tapissée d'épitaphes, était encombrée d éi hoppes de lingères de modistes, de marchands d'estampes et d'écrivains publics. Voy. tlans le Tableau de Paris di Weri ter une curieuse description des Charniers, au-dessus desquels on entassait tous les ossements qu'on retirait du cimetière.

2 C'est une réminiscence des vieilles rimes de la Danse macabre qui était peinte sous les Charniers le long de la rue de la Ferronnerie.

L Dance macabre s'appelle, Que chacun à dancer apprend.

A l'homme et femme est naturelle Mort n'espargne pria ne grand.

■'< L'auteur parle des tailles-douces et autres sortes de papiei qu on y vend, surtout di'< Portraits de la famille royale et autres personnes de la première qualité. [De Bl.)

OU PARIS RIDICULE. ,'w

lie carte et de papier noircy!

Que de choses en racourcy

Dessous ces sombres Galleries!

Que d'estampes et de dessins,

De grands Seigneurs, de petits Saints,

Et de Restes d'après nature!

Que je voy d'un œil satisfait

Là ces vanitez en peinture,

Qui sont vanitez en effect ' !

Icy chaque homme a son image," Chaque femme a la sienne aussi, Chaque tout a son racourcy, Chaque Ville a sonpaïsage, Chaque Païs a son pinceau, Chaque Elément a son Tableau ; On y voit le Paradis même Et l'Enfer à la triste gent ; On y trouve enfin la Mort blême, Et de tout, hormis de l'argent.

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