‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 43 sur 256 · XL Y · texte numérisé non relu

XL Y

LA SAMARITAINE l.

Donnons à la Samaritaine

Le bon jour, en chemin faisant ;

Son phantôme est assez plaisant,

Accoudé sur cette fontaine;

Que cette eau sous ce pavillon,

Qui danse au son du carillon2.

Fait un agréable spectacle !

Mais Dieu qui luy tend son vaisseau3,

Ferait bien un plus beau miracle,

S'il changeoit en bon vin son eau ''.

1 La Samaritaine, qui a subsisté jusqu'en 1816, était une machine hydraulique construite sous le règne de Henri III et attachée à la seconde arche du pont Neuf, du côté du Louvre ; la façade de ce petit édifice, surmonté d'un carillon, avait pour décoration un groupe de deux figures représentant Jésus-Christ et la Samaritaine auprès du puits de Jacob, d'où jaillissait une fontaine. Les Parisiens du dix-septième siècle axaient donné une telle importance à leur Samaritaine, qu'on la fait sans cesse intervenir dans les écrits satiriques et burlesques de l'époque de la Fronde.

2 Dans la réimpression de -1713. il y a : violon.

3 Variantes de la réimpression de 1713 :

Mais '■elle qui tend son vaisseau

Devroit demander p ■ mi

Dieu changeât en vin son eau.

1 La Seine fait tourner des roues, qui par le moyen d'une pompe font monter L'eau de la rivière dans le bassin. (DE Ki.,)

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