‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 5 sur 256 · VIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VIII AVERTISSEMENT

ment, me répondit-il; vous savez bien que cette pièce est du temps de mes anciennes folies; mon nom d'ailleurs ne paroîtra point là. Et puis, que voulez-vous que je fasse? Je n'ai pas un sou, et voilà cent écus qui me sautent au collet. Qu'est-ce que mon cœur a à démêler avec ma bourse qui est plus plate qu'une punaise, et mes dents longues comme un jour sans pain, et sous lesquelles je n'ai pas à mettre une croule ' ? — N'importe, lui dis-je, cherchez votre soulagement par des moyens plus honnêtes et plus sûrs, autrement vous êtes un homme perdu, si vous allez plus loin. En un mot. rompez votre marché. — Mais cela est impossible, me dit-il. car j'en ai d'avance touché vingt écus et qui même son], déjà fricassés. — Eli bien, mon pauvre ami, lui dis-je encore une fois, vous e homme perdu, et j'ai grand'peur que vous n'ayez anticipé votre propre peinture, lorsque vous composâtes, il y a quelques mois, le sonnet de l'infâme Chausson. » « Voici, pour le dire en passant, el sans aller plus loin, quel étoit ce sonnet, et ce qui j donna lieu. Chausson étoit un malheureux sodomite qui l'ut brûlé eu Grève peu de mois avant que Le Petit, pour d'autres sujets, y subît le même sort. Ce dernier avoit assisté à ce supplice, et, trouvant et admirant comme une grandeur d'àme dans l'espèce d'intrépidité que témoigna ce malheureux, ce qui n'étoit qu'un effet de stupidité brutale, il composa le sonnet dont j'ai parlé et que voici :

SONNET 1>E PETIT BtJB LA MOUT DB CHAUSSON.

Amis, on a brûlé le malheureux Chausson, Ce coquin si fameux, à la tète frisée; Sa vertu par sa mort s'est Immortalisée: Jamais on n'expira de plus noble façon.

1 La vérité est, en effet, que le pauvre Petit ne vivoit que de livrets et d'éloges d'auteurs, à la douzaine, propres à être mis en

DE I KDITEl'1; .

Il chanta d'au air gai la lugubre chanson,

Et vctit sans pâlir la

Et du bûcher ardent de : .

Il regarda la mort sans craint

En vain son confesseur lui prechoit dans la flamme,

Le crucifix en main, de -

Couché sous le poteau , riuand le feu l'eut vaincu,

L'infâme vers le ciel tourna su crou]

ir mourir enfin connue il avoit vécu.

Il montra, le vilain, son cul

a jV viens présentement au dernier période de la vie du malheureux Petit. Un mois ue se passa pas, depuis cet avis trop tardif qu'il m'étoit venu denian- [uune brouillerie survenue entre le libraire avec qui il u\uil traité et l'imprimeur qui devoit travailler à l'ouvrage, porta ce dernier à décel r lou( le

.■nain en justice que éloit pleine d'impiété. Aussitôt on se saisit de la personne du libraire, qui, interrogé touchant l'auteur, ne

défendre de nommer Le Petit. 11 temps mis en prison - papiers enlevés. On

trouva là dedans des choses abominables, et il fut bientôt condamné au feu, dans lequel il périt, mais en affectant la prétendue constance qu'il avoil si mal à propos admirée dans le supplice de cet autre misérable qui l'avoit i ris cela au bout de huit jours dans la province où j'étois allé faire \ comme j'ai dit, pour le mariage de ma sœur, et je ne pus m'empêcher de déplorer le sort de ce insu eût été appuyé de la moindre recommandation, il auroit pu être sauvé, parce que plusieurs de ses juges, ,■1 principalement les jeunes, lesquels ont d'ordinaire assez de penchant à l'indulgence quand il s'agit d'ouvrages où il paroit de l'esprit, représentoient en sa

forme de soi l t0te dc leura

ouvrages tant bons que mauva

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