‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 67 sur 256 · L A BASTILLE · texte numérisé non relu

L A BASTILLE

Que voy-je, dans ce marescage,

Digne de curiosité,

Se tenir sur sa gravité

En citadelle de village ?

A quoy sert ce vieux mur dans l'eau?

Est-ce un aqueduc, un caveau 1

Est-ce un réservoir de grenouilles?

Si l'on ne me dit ce que c'est,

Je m'en vais tant chanter de pouilles,

Que l'on m'en payera l'interest 2.

C'est la Bastille3, ce nie semble;

i voy. la Pastille dans les estampes d'Israël Silvestre; igue raisonné de son œuvre, p. 72, 91, 92, 100 et 139.

2 Variante «le la réimpression de 1713 :

Je m'en vais chanter tant de pouilles, Que l'Echo m'en payera l'intérêt.

3 Vieux Château près de la porte S. Antoine. Il sert de prison aux criminels d'Etat et de qualité. Pour les autres, e'est le Châtelet ou la Conciergerie. Le Roi entretient et paie dans la Bastille un Gouverneur, i >nte hommes commandés par un Capitaine et un Lieutenant. (De Bi..l

C'est elle-même, par ma foy !

Ventre-bleu, voilà bien de quoy Faire que tout le monde tremble !

Qu'a donc de si particulier Ce massonnage irregulicr ?

Est-ce une tour'? En est-ce quatre1'.' Et qui seroit le Ciel foireux. - 1 Qui n'eust la force de l'abatre D'une pétarade ou de deux'.'

Mais, ma .Muse, admirons l'adresse De ce ebasteau sans garnison ; Il tasche à servir de prison, S'il ne sert pas de forteresse :

Sous ce règne et dedans ce jour, Tour se mettre bien à la cour, Faut jouer bien son personnage; N'en parlons donc plus d'aujourd'huy :

S'il est sot, ceux qu'il tient en cage Sont encore plus sots que lui3.

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