‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 70 sur 256 · LE CHASTEAU DE BISSESTRE · texte numérisé non relu

LE CHASTEAU DE BISSESTRE

Hevcnons dans ce lieu champestre Qui nous rit en éloignement :

Yostre valet, sans compliment !

Auguste Ghasteau de Bissestre ; Les Lutins et les Loups-garous Heviennent-ils toujours chez vous 3.

Faire la nuict leurs diableries?

Et les Sorciers, de suif graissez, N'y traînent-ils plus les voiries Des pendus et des trépassez * ?

1 Cette strophe manque dans la réimpression de 17-13.

2 Ce nom de Bicêtre est corrompu de celui de Jean, évêque de Winchestre i □ \" I terre, à qui cette Maison appartenoit du tems que 1>js Anglois étoient maîtres de Paris et d'une grande partie de la France. Jean, duc de Berri, de la maison royale, y lit bâtir un Château que les Bouchers de Paris,

is contre lui par le duc de Bourgogne, pillèrent et ruinèrent en litt. On résolut, en ig.1l», d'en faire un lieu pour u' les soldats estropiés; on y bâtit une maison magnifique avec une très-belle façade, une très-belle Chapelle, etc. Louis Xlll y i . Aujourd'hui qu'on met

les estropiés aux invalides, on renferme les pauvres mendians dans Bicèlre. (De Bu.)

-1 Variante de la réimpression de 1713 : encor.

Ml faut voir, dans la Topogra de Chatillon,

'aspect sinistre et imposant que présent ti snl tes ruines de

Ils n'ont garde, les pauvres Diables.

D'y revenir fourrer leurs nez1, Depuis que vous emprisonnez Les caimands - et les misérables ; Depuis qu'on vous nomme Hospital :\ 11 n'en est point d'assez brutal Qui l'ait osé choisir pour giste4:

0! merveilleuse nouveauté!

Ce qu'on n'a peu par l'eau beniste 5, On l'a fait par la pauvret*''.

Tous vos gros Gueux en sont bien aises:

l'ancien château de Bicêtre en 1633 : ces ruine? servaient d'asile à une multitude de malfaiteurs, de gens sans aveu, qui avaient intérêt à faire croire que c'était un repaire de spectres et de démons. En 1632, le comte de - au Lou-

vre, en présence du roi, le « ballet du chasteau de Bissêtre et des personnes, animaux et esprits, auxquels il sert de rendez-vous la nuit. »

1 Variante de la réimpression de 1713 :

D'y venir remettre leurs nez.

- Mendiants.

3 L'abbé de Marolles, dans sa Description de Paris, a rimé ce quatrain sur l'Hôpital Général :

L'Hospital General est une œuvre naissante, Qui d livre Paris de pauvres infinis Dans des lie si bien munis.

Que cela pe te suite d'attente.

4 Variante delà réimpression de 1 7 1 3 :

Qui vous ait choisi pour son giste.

5 Les Catholiques Romains font des exorcismes ou conjurations, et arrosent d'eau bénite les lieux qu'on croit habités parlesDén follets, etc. (De Bl.)

Jamais ils n'ont eu si bon tems;

Ils vivent là gais et contins,

Comme des moines de Foutaises1.

Pour moy, dans ce Païs M

Je croy que tout est renvi

Qui vit jamais telles manières

Dans les autres Estats Royaux'.'

Les Rois sont-ils dans des chaumières -,

El les Gueux dedans des chasteaux3'?

Il MAIL4.

Mais quel caprice nous transporte A la campagne sans besoin?

Nous allons chercher Dieu bien loin, Et nous l'avons à nostie porte.

Ce Promenoir, qui sert de Jeu,

■ s, comme la réimpression de 1713, donne ici un vers faux qui se termine par nu non-sens Thèses. N • rectifié ce rès une ancienne

2 L'Auteur attaque ici le Gouvernement trop despotique, dont une des premières maximes est de ruiner la noblesse.

La France en sait plus <1" nouvelles qu'aucun autre royaume. D i taisons des Gentilshommes de cara-

- 'iit fort délabrées; aux environs de Paris, tout est beau et riant. De Bl.

inte île la n e n<3 :

Dans t"; I

Les n ibles sont dans des chaumières; Gueux dans des châteaux.

• i 1/ dont il est ici question, était établi à l'extrémité orient. île des bâtiments il" l'Arsenal, sur un bastion de pierre de forme mme s'exprime l'auteur), qui

fortifiait l'embouchure du i BastiUe. 'A. B.) — Il

y a plusieurs vues du Mail, dessinées et gravées par Israël Silvestre. ! \'<»j. \<- i m œuvre, p. no, 138 et 157.)

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