PARIS
Si Tona en vouli
• • Prem Qu'Us fonl
bien qui ' ;
belle, tchepl
Slir II:
Ne la faut Vous
I ntrez un
mouillez \ lion,
prenez un eschantillon h cette belle marcban Demai
r van te du gros Flamant,
— Hé bii \1Iiiiil:''/ un | ■
II m'en faudra de tous
. de petite fevrolle :
Il faut qu'elle soit un peu molle, Car, l'autre jour, le Medi En regardant d Du petit qui fut à la selle,
v .i ! l'Ai! IS BI IlLESQUE.
Reconnut bien que la mamelle De la nourrice n'alloit pas ; 11 ordonna qu'à ses repas On en feroit de la purée, Disant comme chose avéré»1, Que la fevrolle asseurement Fait venir le lait doublement.
C'est pourtant chose bien certaine Mue la purée eu est vilaine, .Mais n'importe ! Çà, cà, donnez, Allons donc, despeschez, venez, Parce qu'il faut que je m'en aille; Prenez contre celte muraille, Et puis descendez promptement, Car faut que je sois vistement Au logis, où Monsieur le Maistre Est desja devant moy peut-estre :
11 revient tous les Samedis, \vant quatre heures, au logis.
— Vertu chou ! Madame Michelle, Me faut monter sur une eschclle; Je n'y vay pas si rudement :
Faut aller un peu doucement.
Si je tombois à la renverse !...
Voulez-vous que je me boulverse, Et que je me rompe le coù, Comme un navet, ou comme un chou '?
— Ilo, ho, vraiment, Dame Christine, Vous estes un peu bien mutine :
Si vous traitez le monde ainsi, Je pense bien que (Dieu mercy ! i
Vous pouvez fermer la boutique.
Quoy ! la moindre chose vous pique !
Tout autre part, on ne voit point De marchande prompte à ce poinct.
Ha, lia, pour une revendeuse, Vous faites trop la dédaigneuse'?
Adieu, adieu, gardez vos pois.
Vos fèves et toutes vos noix!
Je ne veux pas qu'on me barguine, Ny qu'une femme me recbine :
Alors que je viens achepter, Vous ne faites que marmoter.
— Tredame, Madame Michel le, Vous faites bien la Damoiselle !
lié, là, là, je vous connoissons, Il ne faut point tant de façons.
11 semble à voir, à vous entendre.
Que vous vouliez icy m'apprendre Comme il faut faire mon mestier ?
Allez-vous-en au Savetier Faire des contes de la sorte ; Allons, sortez, gaignez la porte !
Autrement, je vous cbasseray, Pcut-estre je vous frotteray.
— Toy, me frotter, Dame Christ m.
Par ma foy, t'en as bien la mine !
Tu me battras ? Peste ! la gueuse !
Voyez cette double cagneuse, Cette marchande de trois pois, Avec son escuelle de bois, Comme elle fait de l'entendue !
Semble qu'on ne Tait jamais veuë '.
Helas, que l'on te connoist bien !
Je scay beaucoup et ne dy rien.
— Tu ne dis rien ? Hé, boute, boute ! Voila le monde qui t'escoute :
Ne feins point, parle seulement 1 Allons donc, boute hardi mont, Degoise, chante ton ramage, Comme un perroquel dans sa cage!
Tu sçais beacoup? Hé, que sçais-tu, Michelle avec ton nez pointu?
Parle-donc, dis, que veux-tu dire?
Ouoy ! tu viens icy pour médire De moy, jusques à mon logis 1 Qu'est-ce que j'ay l'ait? l'aide? dis?
Suis-je garce ? suis-je carongne ?
Ay-je la taigne ? ay-je la rongne ?
Ay-jc la galle, ou le farcin?
Suis-je macquerelle ou putain?
Ou, si je suis quelque autre chose, Allons, dis-le donc, si tu l'ose ?
— Si je l'ose ! Guy, je l'ose bien ; T'es une qui ne valut rien, Estant fdle comme estant femme.
— Mercy-guieu ! Hé, belle Madame, Je ne vaux rien ! T'en as menty !
Jeanne, appelle-moi l'Apprenty, Qu'il frotte un peu cette carongne ?
Jarny ! qu'il fatut que je te congneî Quoy, jusques dedans ma maison,
PARIS Bl R.LESQUE. 203
Tu veux faire comparaison ?
Dans ma boutique tu m'harcelle !
Tu me viens faire une querelle, Cuisinière de trois deniers !
Compagne de palfreniers, Torchon de pot, frotte-marmitte.
Tu faisois tant la chatte-mitte.
Et le Diable ne dit jamais Les injures comme tu fais.
— Oùy da, j'en dis, si j'en veux dire. Quoy'? tu me penses contredire '.' Encor que tu sois sur ton ban,
Je querellerois tout un an,
Toy, ta Mère, et toute ta race;
Mais, si j'estois dedans la place,
Je parlerois bien autrement :
Je chauterois tout hautement
De ta vie une Kyrielle,
Si tu n'estois point sur ta selle,
Et que tu fusses là dehors.
Je te frotterois bien le corps ;
Mais je m'en vais! .. Un jour, j'espère,
Et peut-estre avant qu'il soit guère,
Par ma foy, tu le payeras,
Hé, bien, bien, là, là, tu verras !
— Je verray? Quoy ! que veux-tu dire 1 Helas ! j'en on bien veu de pire,
Qui ne me font pas mal au cœur.
Et si je n'en avons pas peur.
Vraman, vraman, j'en on dans l'aisle, J'avons peur de dame Michelle!
Au guieble-zo si j'en aurons !
Et bien, bien, là, là, je vairons, .le ne craignons pas les servantes.
J'en on bien veu de pu méchantes. »
Hé bien ! as-tu pris du plaisir De les entendre discourir '?
Les servantes de ton village Ont-elles un si beau Langage?
Allons-nous-en, il se fait tart, Je te veux mener autre part...
LA RUE LIE LA Il L GUETTE J.
Vers la rue de la Iluchette ; Mais prens bien garde à ta pochette?
Autrement, Ton t'attrapera, Et sans doute on te duppera, Car. en ce lieu-là, c'est la source D'où sortent les coupeurs de bourse.
Viens donc par icy, viens, suy-moy, Mais sur tout prens bien garde à toy.
Toutefois, allons vers la Grève, Car je voy le jour qui s'achève. Aussi bien, est-ce ton quartier:
.N'est ce pas proche un pastissier,
1 Elle existe em ie du moins) derrière le quai
Saint-Michel, et paraît bien ébahie du voisinage du boulevard
itopol. sur le plan de Math. Mérian ,ioio), chacune
i iennes maisons de cette rue porte une enseigne en saillie,
indiquant sans doute ecs hôtelleries de lias étage d'où sortaient
I ours de bourses en question. Les maisons qu on y voit
i tirent un aspect sale et peu pittoresque. Elles ont été, pour
la plupart, d rebâties ou transformées. A. B.)
P VRIS BURLESQUE.
Au bout tic la Coutellerie1, Tout devant une hostelleric, Attenant un maistre Horloger, Que ton père t'a l'ait loger?
— Parbleu ! je eroy que tu devine :
Je suis avecque ma cousine
Dans cette maison justement.
— Ho bien, bien, allons vistement.
Passons dedans la Lingerie -,
El puis dans la Ferronnerie \ Et de là nous nous en irons Vers Sainct-Jacques *, et gaignerons Un carrefour, où l'on rencontre Justement devant soy la Montre5; Nous verrons là quelle heure il est.
Je sçay que, pour ton interest, Il faut que tu sois de bonne heure Dans la maison où tu demeure.
Cà, marche, gaigne le devant; Mais je voudrois auparavant
1 La rue de la Coutellerie, qui commençait rue Jeau-Pain- Mollet et Baissait rue de la Vannerie (deux rues aujourd'hui disparues), doit son nom aux couteliers qui l'habitaient depuis le quinzième siècle.
3 La rue de la Lingerie porte ce nom depuis le treizième siècle, où Louis l\ autorisa les pauvres lingères à étaler leur marchandise le long du cimetière des Innocents; elle avait d'un côté le vieux mur des Charniers.
3 La rue delà Ferronnerie, ainsi nommée dès le treizième siècle, s'étendait le Long des Charniers, depuis la rue Saint- Denis jusqu'à la rue de la Ling
* L'église paroissiale de Saint-Jacques-la-Boucherie.
s C'était sans doute une horloge publique ou bien un cadran solaire, qui dépendait de l'église.
Tasser aux Recommandaresses i :
Tu verrois là bien des souplesses, Et d'excellens tours qui s'y font, Lors que les Servantes y sont.