‹ Paris s'amuseChapitre 2 sur 2 · RETOUR D’UN FRUIT SEC DU CONCOURS DE POISSY · texte numérisé non relu

RETOUR D’UN FRUIT SEC DU CONCOURS DE POISSY

— Comment ! pas le moindre prix ! pas même un accessit! après tous les sacrifices qu’on a faits pour vous!...

— Tu le connais donc, le bœuf Solferino?

— Mais oui , j’ai eu des démêlés Tannée dernière avec son parrain !

— Mon chéri , je crains que tu ne sois peut-être pas assez couvert ?

— Je le suis suffisamment, je ne m’enrhume jamais que de la tête.

Il n’y a pas de plaisir sans peine.

— Mais allez donc, cocher! le bœuf gras me prie de vous dire d’avancer.

Le Temps se mettant cette année à la pluie.

— Dis donc, Bichette, comment trouves-tu la robe du bœuf gras?

— Mais je la trouve à la mode puisqu’il y a une queue par derrière.

— Tiens! c’est l’Amour... J’ai cru qu’il avait un carquois avec des flèches !

— Autrefois , c’est possible ; mais l’amour aujourd’hui, c’est changé.

— C’est Solferino, pas vrai, bourgeois? Eh bien, moi, qui s’y ai z’été, je vous dirai que ça vous donne z’une idée très-imparfaite de la chose.

— Marguerite, que signifie ceci? Votre cuisine [pleine de militaires!...

— Madame a voulu manger du Solferino , c’est ceux ui z’y' étaient qui s’entendent à accommoder c’te hose-là. J’y connais rien aux plats militaires.

— Ah ! mon Dieu ! qu’est-ce qu’il a donc mon mari depuis qu’il a mangé du Solferino?

— Chère amie , je vais faire un tour en ville ; le premier pékin qui a le malheur de me regarder de travers...

— Monsieur Pacot, voulez- vous manger un morceau de Solferino qu’ont eu mes maîtres pour leur lîner ? il est bien tendre.

— Bien tendre! c’est pas du Solferino alors... J’y [tais, et je sais que c’était joliment dur au contraire !

Le bœuf gras arrivé à sa dernière destination.

— Enfin! je danse ce soir. J’ai bien envie de lui faire un procès avec dommages et intérêts pour m’avoir occasionné une incapacité de travail pendant plus de vingt jours.

— Ah ! ma chère amie! rien n’a donc de l’influence sur vous ? Je vous rencontre à la mi-carême encore dans cet état-là !

— Comment! tu m’avais demandé de te payer un bâton de sucre de pommes?

— Oui, mais j’ai réfléchi que c’était le dernier bal!

— Hi ! hi ! je veux aller retrouver ma bonne !

— Eh bien, mon enfant, allons la chercher. Où estelle?

— Elle était au bal masqué de l’Opéra de la micarême, nous la trouverons, c’est sûr, au prochain bal ; si monsieur veut me donner son bras?

— Diable ! mon bras jusqu’à fin de décembre prochain... merci!

La ville de Paris se reculant jusqu’aux fossés des fortifications.

— Halte! sapristi! halte !

Ces pauvres douaniers s’ennuyant à la campagne où les a relégués l’emplacement du nouvel octroi de Paris.

— Aller se pocharder a la barrière ! j’ai pus le moyen à c’te heure.

— T’as donc pas pour une chopine?

— Si ; mais pour un fiacre.

— Je ne sais pas ce que leur z’y a fait c’te pauvre ville de Paris, qu’on y dresse partout des potences.

— Des potences ?

— Mais certainement; à preuve qu’on va lui faire l’opération de la strangulation.

Profitant du nouveau moyen anesthésique pour se débarrasser au jour de Van de son concierge, facteur, porteur d’eau, etc., en les plongeant en catalepsie au moyen du brillant d’une pièce de cinq francs neuve.

Nouveau moyen de se débarrasser d’un voleur : lui faire voir ses diamants.

— Couche-toi donc, ma chère amie, il est tard!

— C’est inutile, je ne peux pas fermer l'œil... Vaut absolument que tu m’achètes un gros diamant, il paraît que ça fait dormir rien qu’en le fixant.

— Mais c’est abominable, une découverte comme celle-là ! — Comment ! le brillant de mes yeux a suffi pour mettre ce monsieur en catalepsie rien qu’à le regarder ! — Mais , monsieur , vous ne pouvez pas rester chez moi !

— Madame, tous vos efforts seront inutiles; mettezmoi au lit, c’est la seule chose à faire.

MARGUERITE GAUTHIER. — Ail ÇA ! qu’est-œ qui 1 11 î

prend donc? lime place sur un piédestal et le voilà maintenant qui me démolit !

— Messieurs et mesdames! donnez-vous la peine d’entrer, M. Rarey va commencer !

— Merci! j’aime mieux qu’il ait fini pour entrer.

— Ma chère amie , vous n’avez aucune disposition pour le théâtre et vous voulez jouer la comédie !

— Je t’assure que je serai très-bonne dans la pièce de M. Labiche , les Petites mains ; je gante 5 3/4.

Le malheureux Orphée allant d’Offenbach à Carvalho pour ravoir son Eurydice.

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