ALBERT MAIGNAN
rain; il étudie leurs mœurs; il pénètre leurs pensées, et c'est seulement quand il se sent animé de leur souffle qu'il entreprend de les restituer devant nous.
N'est-ce point une page vraiment exquise, celle que nous offrons ici à nos lecteurs?
Nous sommes en plein moyen âge, au moment ou l'Italie, pleine de jeunesse, de sève et de foi, ne vit que pour la religion et pour l'art, sous l'œil même de Dieu. M. Maignan vient de nous transporter dans l'atelier de cet adorable primitif qui s'appelait Fra Beato Angelico de Fiesole, et qui fut le plus pieux des artistes de son temps.
Le doux moine s'est endormi en esquissant les traits de la Vierge divine. Le pinceau est tombé de sa main vaincue par la fatigue. Il dort, bercé par un songe heureux. Voici, cependant, qu'un ange descend du ciel, prend sa brosse et active le tableau commencé.
M. Albert Maignan a traité ce motif, bien fait pour le séduire, avec une grâce, une naïveté, une candeur, un charme de détails, une élégance de lignes et une suavité de coloration vraiment aimables dans cette œuvre délicate, que nous croyons appelée au plus vif succès.