‹ Paris-Salon (volume 3)Chapitre 6 sur 59 · JEAN AUBERT · texte numérisé non relu

JEAN AUBERT

alouettes sans me rappeler ces jolies fleurs de l'Anthologie grecque, que le poète de Téos semait autour de lui d'une main si facile et si légère. Il en a souvent la grâce piquante, et la malice voilée sous un sourire.

V Amour transi, à qui cette jolie fille imprudente permet de se réchauffer à son brasero, me rappelle l'Amour mouillé, qu'un célibataire sans défiance accueille dans sa demeure, et qui lui décoche en plein cœur, comme remerciement, une de ses flèches barbelées et trempées dans l'absinthe. C'est ainsi que l'Amour, en ce temps-là, prenait part à la bonne œuvre de l'hospitalité de nuit!

Le céleste gamin auquel cette trop confiante créature donne part au feu et à la chandelle, et qui s'est délivré à lui-même son billet de logement, me parait capable de toutes les perfidies. Il est en ce moment défrisé et penaud, la plume collée au dos, Tare détendu... Mais que de malice dans cette âme perverse, et pour peu que vous lui donniez seulement un doigt de vin généreux, tremblez, ma belle enfant, d'apprendre des noirceurs!... Quoi qu'il en soit, voici un bien joli tableau de genre, et que rajeunit l'antiquité même du sujet.

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