CHEZ LA MARCHANDE DE DRAPS
LK JOUll UU MAIiCllÉ, A CONCARNEAU
RAYER aime la Bretagne, et clia(|uo année il fait un pèlerinage artistique dans les Côtes-du-Nord, le Morbihan ou le Finistère. Concarneau a, depuis quelque temps, l'honneur de ses préférences. Je le comprends, car je connais peu de villes plus aimables, plus charmantes et plus pittoresques que ce petit port de mer, si admirablement situé. La ville close, entourée de ses hautes et intactes murailles, et qui forme comme une petite cité dans la grande, mériterait à elle seule que l'on fît le voyage pour la voir, et, tout à l'entom*, quels sites vraiment déhcieux!
Les gTâces du paysage sout rehaussées par la pittoresque élégance du costume.
La coitfe blanche et Je grand col de mousseline du Finistère, avec les variantes de Quimperlé, de Rospordeu, de Pont-l'Abbé et de Concarneau, sont partii:uhèrcnient seyants aux visages réguliers des Bretonnes, à leurs traits d'une correction si pure, à leurs fronts où Ton peut reconnaître, à un égal degré, la candeur et Tubstination, à leur teint clair et à leurs yeux vifs.
M. Traycr a tiré de ces divers éléments le plus habile parti, et son joli tableau, C/ic 3 la marchande de draps, est plein de vie, de variété et de mouvement. Tous ces types, d'une parenté évidente, sont très heureusement diversifiés; l'étude des physionomies est serrée de très près, et la scène représentée, si simple en elle-même, ne laisse pas refroidir un seul instant l'intérêt. Je vais partir pour Concarneau !