‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 104 sur 124 · AUS · texte numérisé non relu

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Une bannière blanche entre toutes les autres à frappé notre alt= à tention, Elle était portée par un arlilleur, et on y lisait en lettres rouges . « Aimons-nous les uns les autres! » |

Dès que la cour fut pleine, les cris : «Vive la Commune! vive lx franc-maçonnerie! vive la République universelle! » se font en tendre de tous les côtés. .

Le citoyen Félix PYAT, membre de la Commune, prononce d'une | voix forte et émue les paroles suivantes :

« Frères, citoyens de la grande patrie, de la datés universelle, : fidèles à nos principes communs : Liberté, Égalité, Fraternité, et plus logiques que la Ligue des droits de Puris, vous, francs-macons, vous faites suivre vos paroles de vos actions. ;

« Aujourd'hui les mots sont peu, les actes sont tout. Aussi, après avoir affiché votre manifeste — le manifeste du cœur — sur less murailles de Paris, vous allez maintenant planter votre drapeau d'humanité sur les remparts de notre ville assiégée et bombardée. 1

« Vous allez protester ainsi contre les balles homicides et les boulets fratricides, au nom du droit et de la paix universelle. (Bra= vos unanimes et cris de : Vive la République ! vive la Commune!)

« Aux hommes de Versailles vous allez tendre une main désar= mée, — désarmée, mais pour un moment, — et nous, les manda-. laires du peuple et les défenseurs de ses droits, nous les élus dun vote, nous voulons nous joindre tous à vous, les élus de l'épreuve, dans cet acte fraternel. (Nouveaux applaudissements. — Vive la Commune ! — Vive la République !)

« La Commune avait décidé qu’elle choisirait cinq de ses mem bres pour avoir l'honneur de vous accompagner, et il a été proposé, justement, que cet honneur fût tiré au sort; le Sort a désigné Ciiq noms favorisés pour vous suivre, pour vous accompagner dans cet: acte glorieux, victorieux. (Marques d'approbation.)

« Votre acte, citoyens, restera dans l’histoire de la France et de l tata

« Vive la République universelle ! » (Applaudissements. — Vive là Commune! — Vive Ja République!) |

Le citoyen BESLAY, membre de la Commune. « Citoyens, je me suis associé, comme vous, aux paroles que vous venez d'entendre, à ces paroles fraternelles qui rassemblent ici tous les franes-maçons:

« Le sort ne m'a pas favorisé, hier, lorsqu'on à tiré les noms des membres de la Commune qui devaient aller recevoir les frincs-macons. Nous avons voulu qu'il y eüt un tirage àu sort des noms, parce

de.

que toute là Commune de Paris voulait s'associer, dès le commen. cement, à cette grande manifestation; je n'ai pas eu le bonheur d'être désigné, mais j'ai demandé pourtant à aller au devant de vous, comme doyen de la Commune de Paris, et aussi de la francmaçonnerie de France, dont j'ai l'honneur de faire partie depuis cinquante-six ans.

« Que vous dirais-je, citoyens, après les paroles si éloquentes de Félix Pyat? Vous allez faire un grand acte de fraternité en posant votre drapeau sur les remparts de notre ville et en vous mélant dans nos rangs contre les ennemis de Versailles. (Oui! oui! — Bravo!)

« Citoyens, frères, permettez-moi de donner à l’un de vous l'accolade fraternelle. »

(Le citoyen Beslay embrasse l’un des francs-maçons placés près de lui. — Applaudissements. — Vive la Commnne ! — Vive la République !)

Un franc-macon, une bannière en main : « Je réclame l'honneur de planter la première bannière sur les remparts de Paris, la bannière de la Persévérance, qui existe depuis 1790. » (Bravos.)

La musique du bataillon joue la Marseillaise.

Le citoyen Léo MEILLET. « Vous venez d'entendre la seule musique que nous puissions écouter jusqu'à la paix définitive.

« Voici le drapeau rouge que la Commune de Paris offre aux députations maçonniques.

« Ce drapeau doit accompagner + vos bannières pacifiques : c'est le drapeau de la paix universelle, le drapeau de nos droits fédératifs, devant lequel nous devons tous nous grouper, afin d'éviter qu'à l'avenir une main, quelque puissante qu'elle soit, ne nous jette les uns sur les autres, autrement que pour nous embrasser. (Applaudissements prolongés.)

« C'est le drapeau de la Commune de Paris que la Commune va confier aux francs-maçons. Il sera placé au devant de vos bannicres et devant les balles homicides de Versailles.

« Quand vous les rapporterez, ces bannières de la franc-maconnerie, qu'elles reviennent déchirées ou intactes, le drapeau de la Commune n'aura pas faibli. Il les aura accompagnées au milieu du feu ; — ce sera la preuve de leur union inséparable. » (Nouveaux applaudissements.)

Le citoyen TÉRIFOCQ prend le drapeau rouge des mains du citoyen Léo Meillet et adresse ces paroles à l'assemblée :

Co a]

« Citoyens, frères,

Je suis du nombre de ceux qui ont pris Pinitiative d'aller planté ñ étendard de la paix sur nos remparts, €t j'ai le bonheur de voir à leur tôte la bannière blanche de la loge de Vincennes, sur laquelle M sont inscrits ces mots : « Aimons-nous les uns les autres ! » (Bravos.) ANT NEE « Nous irons présenter celte bannière la première devant les : rangs ennemis; nous leur tendrons la main, puisque Versailles n'a A Ré voulu nous ententes |

« Oui, citoyens, frères, nous allons nous adresser à ces ae et 4 Hous ei dirons : «Soldats de la même patrie, venez fraterniser avec M nous; nous n'aurons pas de balles pour vous avant que vous nous : avez envoyé les vôtres. Venez nous embrasser, et que la pare son faite ! » (Brav os prolongés. — Sensation.) | RUE

« Et si cette paix s'accomplit, nous rentrerons dans Paris, bien À convaincus que nous aurons remporté la plus belle victoire, celle : de l'humanité! si 3

« Si, au contraire, nous ne sommes pas entendus, et si l'on tire | sur nous, nous see à notre aide toutes les vengeances; nous | sommes certains que nous serons écoutés, et qué la maçonnerie de . toutes les provinces de France suivra notre exemple; nous sommes sûrs que sur chaque point du pays où nos frères verront des troupes ue se diriger sur Paris, ils iront au devant d'elles es les ae 4 - fraterniser. 4

« Si nous échouons dans notre tentative de paix, et si Versailles. à donne l’ordre de ne pas tirer sur nous pour ne tuer que nos frères A sur les remparts, alors nous nous mélerons à eux, nous qui n'avions pris jusqu'ici le service de la garde nationale que comme un service « d'ordre, ceux aussi qui n’en faisaient pas partie, comme ceux qui étaient déjà dans les rangs de la garde nationale, et tous ensemble nous nous joindrons aux compagnies de guerre pour prendre part, at 4 la bataille et encourager de notre exemple les courageux et glorieux | j soldats défenseurs de notre ville. » (Adhésion générale. —. Applaudissements prolongés. Vive la Commune! vive la MES | nerie !) + 0 Le citoyen Térifocq agite le drapeau de la Commune qu'il tien entre les mains, et il s’écrie : de

€ Maintenant, citoyens, plus de paroles; à l'action À »'

— ul — Les députations de la franc-maçonnerie, accompagnées des mem-

bres de la Commune, sortent de l'Hôtel-de-Ville. Pendant le défilé, l'orchestre joue la Marseillaise.

NOTE J (p. 220).

Votes motivés de la proposition Miot pour la nomination d'un comité de salut public,

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