‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 112 sur 124 · PREUVE NP · texte numérisé non relu

PREUVE NP

AS

pas approuvé le décret rédigé dans ces termes, et voici sur ce point mon opinion : .

J'estime qu'il est temps d'introduire dans le monde Re le principe de la responsabilité, qui est la base de la morale; etque nous trouvons comme sanction dans notre existence privée. Le mandat politique ne doit plus être le but des visées vaniteuses et intéressées des ambitieux, mais l'accomplissement d’an devoir rigoureux, sur lequel doit peser une responsabilité sérieuse. Je ne comprends pas que la guerre dont le pays est victime ne retombe pas sur ceux qui l'ont déchainée sur nous.

Done, à ce point de vue, je puis approuver la saisie, le céauestie et la confiscation, après jugement, des biens des hommes criminels qui nous ont précipités au fond de l’abime où nous sommes, et les deux décrets de la Commune, en date des 3 et 13 avril, relatifs à la saisie des papiers et des biens des hommes du gouvernement du 4septembre, et de MM. Thiers, Favre, Picard, Dufaure, Simon et Pothuau, ont pu recevoir mon approlation.

Mais entre la saisie et l’expropriation après jugemeitet la démolition immédiate d’un immeuble, ily a pour moi un abime. Ne démolissons pas les maisons. C’est un capital que nous amortissons, et nous en avons besoin pour nous libérer des lourdes charges qui pèsenteur nous. ;

Tel est le motif qui m'aurait fait voter contre la démolition de l'hôtel de M. Thiers, malgré la pluie d'obus qu'il fait tomber sur nous:

Salut et fraternité. Ch. BESLAY.

NoTE O (p. 500).

Déclaration de la minorité de la Commune.

Par un vote spécial et précis, la Commune de Paris a abdiqué son pouvoir entre les mains d’une dictature à laquelle elle a donné le nom de Comité de salut public.

La majorité de la Commune s'est déclarée irresponsable par son

vote, et a abandonné à ce Comité toutes les responsabilités demotre situation.

La minorité à laquelle nous appartenons affirme, au contraire;

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cette idée, que la Commune doit au mouvement révolutionnaire po-

litique et social d'accepter toutes les responsabilités et de n’en dé-

cliner aucune, quelque dignes que soient les mains à qui on vou-

drait les abandonner.

Quant à nous, nous voulons, comme la majorité, l’accomplissement de la rénovation politique et sociale; mais, contrairement à sa pensée, nous revendiquons, au nom des suffrages que nous représentons, le droit de répondre seuls de nos actes devant nos électeurs, sans nous abriter derrière une suprême dictature que notre

mandat ne nous permet pas de reconnaitre.

Nous ne nous présenterons donc plus à l'assemblée que le jour où elle se constituerait en cour de justice pour juger un de ses mem-

-bres.

Dévoués à notre grande cause communale, pour laquelle tant de citoyens meurent tous les jours, nous nous retirons dans nos arrondissements, trop négligés peut-être.

Convaincus, d’ailleurs, que la question de ia guerre prime en ce moment toutes les autres, le temps que nos fonctions municipales

nous laisseront, nous irons le passer au milieu de nos frères de la

garde nationale, et nous prendrons notre part de cette lutte décisive, soutenue au nom des droits du peuple.

Là encore, nous servirons utilement nos convictions, et nous éviterons de créer dans la Commune des déchirements que nous réprouvons tous, Car nous sommes persuadés que, majorité ou minorité, maleré nos divergences politiques, nous poursuivons tous le

même but :

La liberté politique ;

L'émancipation des travailleurs.

Vive la République sociale !-

- Vive la Commune!

Signé : Ch. BESLAY, JOURDE, THEISZ, LEFRANÇAIS , Eugène GÉRARDIN, VERMOREL, CLÉMENCE, ANDRIEU, SERRAILLIER, Ch. LONGUET, Arthur ARNOULT, Victor CLÉMENT, AVRIAL, OSTYN, FRANCKEL, Pixpy. ARNOLD, Jules VALLÈS, TRIDON, VARLIN, Gustave COURBET.

NOTE P (p. 334).

Tribunaux de la Commune,

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