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PR ee le peuple, inspiré par son instinct de justice et de
moralité, a toujours proclamé cette maxime : « Mort
aux voleurs! »
La Commune décrète :
ART. 1er. — Jusqu'à la fin de la guerre, tous les fonctionnaires ou fournisseurs accusés de concussion, déprédation, vol, seront traduits devant la cour martiale; la seule peine appliquée à ceux qui seront reconnus coupables sera la peine de mort.
ART. 2. — Aussitôt que les bandes versaillaises auront été vaincues, une enquéte sera faite sur tous ceux qui, de près ou de loin, auront eu le maniement des fonds publics.
30 Il sera fait application aux parents des victimes
de la cartoucherie de l'avenue Rapp du décret du.
10 avril 1871, concernant les veuves et les orphelins, 49 Un recueil hebdomadaire de tous les actes offi-
ciels de la Commune est fondé; 1l prendra le titre de .
Bulletin des Lors.
Henri IV à lerre. — Un échafaudage a été dressé hier matin devant la grande porte d’entrée de 'Hôtelde-Ville. Quatre ouvriers s’y sont installés et ont commencé à enlever, morceau par morceau, la statue d'Henri IV qui orne le fronton demi-circulaire. Ce matin, la statue était complétement enlevée.
Les brassards tricolores. — Les mesures de la Commune étaient tellement attentatoires à la religion, à la
liberté, à la famille et à la propriété, que l’on sonceait sérieusement, pratiquement, à une diversion à l'intérieur. Pour se reconnaitre, on devait avoir un brassard tricolore au bras gauche. Un officier d’étatmajor, qui était du complot, éventa la mèche, et l'affaire n’eut pas lieu. |
Mais quand l’armée de l’ordre entra, les brassards revinrent, et l’on peut dire que les fédérés ne furent pas les derniers à se déguiser avec ce signe distinctif des bons gardes nationaux, qui était comme la carte de eivisme de Versailles.
Mont-de-Paété. — Y est procédé à un second tirage au sort de quatre nouvelles séries d'objets engagés et devant être délivrés gratuitement.
Ce tirage a donné les résultats suivants :
40 Du 16 au 31 janvier 1870; 20 Du 16 au 31 novembre 1869:
9° Du 16 au 31 mai 1870;
4° Du 4er au 15 février 1871.
Seuls, les habitants de la Commune de Paris pouvaient bénéficier du droit du 6 mai, à la condition que chaque reconnaissance porte le cachet de la mairie, du commissaire de police, du juge de paix ou du conseil de famille du bataillon de l’arrondissement de lemprunteur.
L'art lyrique. — M. Auber ayant été remplacé par M. Daniel Salvador qui, sous l’Empire, faisait la cri-
tique musicale à la Marseilluise, ce dernier voulut »
parler à ses... sujets de la danse et du chant:
Les citoyens et citoyennes artistes, attachés aux théâtres w
ci-après : Opéra, Opéra-Comique et Théâtre-Lyrique, et comptant à un titre quelconque dans le personnel du chant,
de l'orchestre, des chœurs, de la danse ou de la régie, sont M invités à se réunir dans la salle du Conservatoire, mardi" 93, à deux heures, à l'effet de s’entendre avec le citoyen Sal=
vador Daniel, délégué par la délégation :à l’enseignement, «
sur les mesures à prendre pour substituer au régime de «
l'exploitation, par un directeur ou une société, le régime
de l’association.
Le jury d'accusation. — Cette intervention des souvernants parisiens, destinée à couvrir d’un masque
de légalité les journées de septembre que préparait
Raoul Rigault, fonctionne aujourd’hui pour la premiére fois.
La séance est ouverte à onze heures, et l’on passe
à l’interrogatoire de quelques sergents de ville. Pour l’histoire, qui refusera de croire à tout ce
qui se passe à Paris, nous reproduisons aux docu-
ments l’interrogatoire d’un des accusés (4).
L’audience a compris plusieurs séries d'accusés,
et presque tous furent retenus comme otages; c'était
une menace de mort que d’être otage, et lon meurt
(1) Voir aux documents la note P, qui rapporte les paroles du président el du substitut du procureur de la Commune.
ses de Sa qe | vingt fois quand lappréhension de la fusillade ne vous laisse aucun répit.
À cette séance, on donnait comme probable, pour le commencement de la semaine prochaine, mardi ou mercredi, la comparution de l'archevêque de Paris devant le jury d'accusation.
Journée du 21 mai.
Le dernier jour d'un condamné. —- Lorsque les faits sont passés, on ne peut s'empêcher de rechercher et d'analyser la philosophie du hasard.
Qui de nous, des internés de Paris, aurait cru la délivrance si proche ? Qui de nous aurait pensé qu’au cadran de l'éternité la dernière minute de la Commune venait dé sonner ?
Par une sorte de fatalité, c'était une belle journée de mai, pendant laquelle on a chanté, ri, décrété, ter-. rorisé comme si, de longtemps, rien ne devait changer dans Paris. |
C'est comme un fait exprès ! La mort vous saisit quand on y pense le moins, et l’on dirait que l’horrible fiancée s'arrange pour vous surprendre du côté où l’on ne regarde pas, car on fuirait de dégoût à Vapproche de cette carcasse d'os blancs recouverts d'un suaire.
— 990 — | Mesures communales. — Dans le 14° arrondisse ment, on fait à la Commune des défenseurs par force. Qui ne marche pus est arrêté, et l’on arrête dans less rues.
L'intendance communale aura un nouveau costume.
Le corps des marins est dissous.
En présence des tentatives de corruption qui lui sont signalées de toutes parts, le Comité de salut public rappelle que tout individu prévenu d’avoir offert ou accepté de l’argent pour faits d’embauchage se rend coupable du crime de haute trahison et sera déféré à la cour martale. |
La Commune de Paris,
Conformément aux principes établis par la première République, et déterminés par la loi du 11 germinal an IT,
Décrète :
Les théâtres relèvent de la délégation à l’enseignement
Toute subvention et monopole des théâtres sont supprimés.
La délégation est chargée de faire cesser, pour les théà= tres, le régime de l'exploitation par un directeur ou une société, et d’y substituer, dans le plus bref délai, le régime de l’association.
Les écoliers de la Commune. — Ge jour-là nous avons rencontré, rue des Martyrs, une bande d'environ deux cents bambins marchant en rang, précédés par un enfant qui battait du tambour et un autre qui por=
Der
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tait un petit drapeau rouge. Ils chantaient à tue-tête la Marseillaise. Cette promenade grotesque fêtait l’ouverture d'une école laïque organisée par les soins de la Commune.
Encore une brebis qaleuse. — Après avoir pris connaissance des pièces contenues dans le dossier du citoyen Clément et après ses déclarations, les membres de la Commune, Dupont et Chalain, firent un rapport qui concluait à ce que l’on maintint l'arrestation de Clément, jusqu’à ce que de l'étude de’quelques pièces résulte si oui ou non il a été agent de police secrète sous Napoléon II.
La Commune, qui ne peut pas laver son linge sale en famille, le fait en publie, ce qui est loin d'attirer la confiance générale à des gens qui, dit-on, si on les épluchait tous, auraient probablement bien ee peccadilles sur la conscience.
Le Comité central. — Cette note, qui parut à l’'Officel, souleva à la séance de la Commune un folle général :
Les habitants de Paris sont invités de se rendre à leur domicile sous quarante-huit heures ; passé ce délai, leurs titres de rente et grand livre seront brûlés.
Pour le Comité centrai :
GRÊLIER.
f LEUR NE / Lefrançais alla jusqu’à demander l'arrestation du | signataire de cette note.
Un peu de musique. — I y avait grand concert à deux heures et demie, dans le jardin des Tuileries. Quinze cents musiciens de la garde nationale ont exc- . cuté six morceaux. Il y avait bien six mille auditeurs.
Dernière séance de la Commune. — On se réumt à trois heures et demie de l'après-midi. Vallès présidait, ayant G. Courbet pour assesseur. :
Cluseret, jugé, fut acquitté, et avant la fin de cette séance Paris échappait à la tyrannie de la Commune, qui est morte en mentant aux Parisiens, comme elle avait vécu en mentant aux principes qu’elle invoquait.
A cinq heures du soir, l'enceinte était forcée, el lundi matin le Cri du peuple pyhiies ces rapports militaires :
Montrouge, 21 mai.
Deux attaques sur Moulin-Saquet, barricade Villejuif, dix heures du soir et trois heures matin, repoussées sans pertes.
Moulin-Saquet.
A poussé une reconnaissance jusqu'a Choisy et n’a rencontré que des patrouilles de cavalerie.
Hautes-Bruyères et Cachan, calme.
fvry tire sur Choisy vers onze heures.
Petit-Vanves.
Rien de nouveau.
Midi, 21.
Parc Béranger ouvre son feu sur Bécon.
ne
Neuilly.
Tout va très-bien.
Oui, tout va très-bien, mais ni pour Neuilly, ni pour
vous ; pour la liberté et la France !
L’insurrection était vaineue.
Pyat et Grousset disparaissent.
Delescluze déménage au plus vite du ministère de la guerre et se réfugie à l'Hôtel-de-Ville, d’où il lance cette affiche qui ne trompa personne :
8 heures du soir.
On avait, dans la soirée, parlé de l’entrée de Versaillais
dans la ligne des remparts. | L'observatoire de l’Arc-de-Triomphe nie l'entrée des Versaillais ; du moins il n’y voit rien qui y ressemble. Le commandant Renard, de la section, vient de quitter mon cabinet et affirme qu’il n’y a eu qu’une panique, et que la porte d'Auteuil n’a pas été forcée ; que si quelques Versaillais se sont présentés, ils ont été repoussés. J’ai envoyé chercher onze bataillons de renfort par autant d'officiers d'état-major, qui ne doivent les quitter qu'après les avoir conduits au poste qu’ils doivent occuper.