‹ Paris sous la commune--18 mars au 28 mai--Chapitre 78 sur 124 · AUX ARMES · texte numérisé non relu

AUX ARMES

Donc, AUX ARMES!

Que Paris se hérisse de barricades et que, derrière ces remparts improvisés, il jette encore à ses ennemis son cri de guerre, cri d’orgueil, cri de défi, mais aussi cri de victoire; car Paris, avec ses barricades, est inexpugnable.

Que les rues soient toutes dépavées : d’abord, parce que les projectiles ennemis, tombant sur la terre, sont moins dangereux ; ensuite, parce que ces pavés, nouveaux moyens de défense, devront être accumulés, de distance en distance, sur les balcons des élages supérieurs des maisons.

Que le Paris révolutionnaire, le Paris des grands jours fasse son devoir ; la Commune et le Comité de salut public

feront le leur.

Le Comité de salut public :

Ant. ARNAUD, E. EUDES, F. GAMBON, G. RANVIER.

Le jeu des gouvernants de Paris était d’une duplicité redoutable. Tandis qu’ils exaltaient outre mesure la population contre l’armée, ils tendaient à celle-ci une main soi-disant fraternelle.

— Tuez tout! Aux armes! au feu! Parisiens!

Tel était le langage des hommes de l'Hôtel-de-Ville qui, se retournant vers l’armée, disaient d’un air ETACIEUX :

— Entrez chez nous; on vous y recevra bien.

Les affiches suivantes et les extraits des journaux de la Commune rendront plus saisissant encore ce machiavélisme banal qui ne devait pas donner un

soldat de plus à la Commune ni diminuer d'un seul homme l’armée de Versailles.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Liberté, Égalité, Fraternité.

COMMUNE DE PARIS

Fédération de la garde nationale.

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