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Dois dechaufjaffe. — Le prix de ces bois conlinue d'incliner à la hait^se. . .
Bourse. — Les négocialions ont élé si languissantes que le premier cours des rentes n'a élé publié qu'une demi-heure après l'ouverture du parquet. Quelques achats des citoyens Havet et Merlin, agents, ont maintenu le cours jusqu'au moment de la clôture, où des offres multipliées lui ont fait éprouver une baisse assez sensible. La stagnation •lu commerce est toujours la même. — 5 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. -40, 30 c.
(Arch. nnt., F', 3832.)
1^2 PHAIKIAL AN XIF d»' JUIN 1804).
MiMSTÉRK DE LA JUSTICK. — TaBLEAU DE LA SITUATION DE PaRIS DU i'6 PRAIRIAL,
...Ouvrof/e politique. — Le capitaine Coupé, adjoint à l'étalmajor général, a adressé, de Nevers, au Grand-Juge, le 7 de ce mois, dt'ux imprimés sur la question de l'hérédité. Il expose qu'il a fait paraître le premier, il y a deux mois. Son but était alors de démontrer la nécessité d'établir l'hérédité pour affermir la tranquillité de la France. Par le second il a eu pour objet de prouver qu'il y a une différence essentielle entre la puissance royale, qui ne connaît d'autres lois que la volonté de celui qui l'exerce, et celle d'un empereur, qui ne règne que
par les lois constitutionnelles de l'État
(Arch. nat., F^ 3705.)
RvPnniT DE LA PRÉFECTURE DE POLICE DU MÊME JOUR.
On a dit hier, dans une petite réunion que l'on surveille île près et «ni l'on a un agent siV pour connaître tous les artidés, que l'on ne croyait point que les conspirateurs fussent condamnés à mort ; que, dans le cas où cela arriverait, il y aurait un coup de main au Palais de Justice; qu'au ris<|iie do périr, on sauverait les coupables, et qu'au pis aller, il valait mieux qu'ils mourussent dans une mêlée que sur un «•chafaud. On a remarqué aujourd'hui, dans les groupes qui se promènent It; malin autour du Palais de Justice, plus de gens de campagne qu'aux séances précédentes, — La tranquillité règne parmi le
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peuple; la seule chose qui l'agite, est la crainte d'une nouvelle guerre continentale; il croit que la descente n'aura pas lieu parce qu'il espère que Sa Majesté Impériale accueillera favorablement les premières propositions qui lui seront faites par l'Angleterre. — On rapporte que M. de Luccliesini à qui une dame demandait hier s'il était vrai qu'il fût sur le point de partir, lui a répondu : << Non, Madame, je serai le premier au contraire qui présenterai mes hommages à S. M. l'Empereur; j'en ai reçu l'ordre de mon maître, » On dit aussi que l'ambassadeur de l'empire d'Allemagne a reçu les mêmes ordres de sa cour, et ces nouvelles sont accueillies avec satisfaction. Le ci-devant comte de Dandleau \ ancien mestre de camp au régiment de Lorraine, demeurant rue du Faubourg-Saint-Honoré, dit que les Polignac dont il est parent, ne se tireront point d'affaire et que tous les étrangers reconnaissent la culpabilité de Moreau.
Pont du Jardin des Plantes. — Les travaux ont commencé hier à l'extérieur ; une des sonnettes est en activité depuis hier, et quelques pieux ont été battus. . .
Bourse. — Le cours des rentes ne s'est point amélioré, et la stagnalion des affaires est telle, que, d'après les remarques générales; il ne s'est soutenu que par quelques achats du citoyen Portau, agent de la caisse d'amortissement. Les conjectures et les réflexions relatives à cet état de choses ne varient point; on l'attribue au désir que l'on a de voir le procès terminé, et de recevoir des nouvelles officielles des puissances étrangères. — o 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. 23, iO, 20, 13, 20; actions de la Banque de France, 1.090 francs. (Arch. nat., F^ 3832.)
JOLRNALX.
Journal des Débats du 13 prairial : « Paris, 12 prairial . . .Le gouvernement vient d'accorder un traitement aux pasteurs de l'église protestante. Ceux de première classe recevront 2,000 francs par an ; ceux de seconde classe, 1,500 francs, et ceux de troisième classe, 1,000 francs. — On assure qu'il est également décidé que les desservants des succursales catholiques recevront du gouvernement un traitement de 500 francs »
1. Sic. Je ne trouve aucun officier de ce nom, ou d'un nom approctianl, dans VElal militaire de la France, année 1788, ni à l'article Lorraine (infanterie), ni à l'article Roijal-Lorraine, ni à l'article Lorraine (dragons). 11 faut probablement lire d'Andlau.
(2 jci.v JHOil l'AItlS SOLS LKMPIHE 28
i;{ l'ItAIIIIAL AN XII ('2 JUIN 1804).
ItArrOHT PK LA l'HÊFKCTL'RE DE l'OLICK DU 14 PlîAIRIAL.
Les défenseurs de Moreaii se sont réunis hier chez M. Bellart. L'assemhlée était composée de MM. Bonnet, Berryer, Pérignon et Vallon. On s'est heaucoup plaint des journalistes et on les a accusés d'infidélité dans les analyses qu'ils transmettent au public. Ces défensciirs ont dit qu'ils espéraient tirer Moreau d'affaire ; ils travaillent dans ce moment à un mémoire qui doit avoir 180 pages environ. M. Guichard, chargé de la défense de Rolland, lui a renvoyé le dossier; il a dit à ses collègues qu'il ne s'était jamais chargé d'une mauvaise cause; que, dans les premiers moments où il avait causé avec ce prévenu, il avait cru son affaire excellente, mais que la manii're dont il s'était conduit dans les débats, lui avait prouvé qu'il n'était qu'un homme apposé pour la perte de Moreau, Hier et aujourd'hui, le pidjlic parait moins prendre d'intérêt à Moreau, mais se plaint de ne point entrer facilement à l'audience. Les militaires se plaignent de leur côté du service forcé que le procès leur occasionne.
Etrangers. — On répand de nouveau que toute la légation russe va partir, et que tout est préparé à cet effet; on ajoute que l'ambassadeur de Hiissie.près Sa Sainteté a reçu l'ordre de se retirer en notifiant au pape que son maître ne le reconnaissait plus pour prince de l'Eglise, ni prince séculier, pour avoir livré M. Vergenet sur la demande du gouvernement français.
l'ont du Jardin des Plmiles. — Deux sonnettes sont en activité au Jardin des Plantes et occupent soixante hommes. Les travaux dans
l'intérieur des chantiers sont en grande activité
Aich. nat , F', 3832.)
Journaux.
Mntnlrnr du ii prairial ; « Sociktk galvanique. I-e professeur Léon, aiiU'ur (hi Mnnni-l du (ialvanisme, chargé par la Société galvanique, séante à roratoire, du cours général d'électricité, commencera l'examen des phénomènes galvaniques dans la séance du mardi 23 du courant à deux heures très précises, el continuera chaque mardi à la même heure. » — Journal des Dvimls du 14 prairial : .< Paris, 13 prairial. . . On croit que le gouvernemenl est dans l'inlenlion de rélahlir prochainement l'utile et respectable ins-
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litution des Missions étrangères; nous disons utile sous le rapport des relations commerciales, qu'elle peut éminemment favoriser, et respectable sous celui de la religion, dont elle répandra les bienfaits jusque dans les pays les plus sauvages et les plus éloignés. On se rappelle encore avec respect les services rendus à l'humanité par les Barthélémy de Las-Casas, les Xavier, les Vincent de Paul, les Lamy, les lachard, etc. . . — La lionne delà ménagerie du Jardin des Plantes, de plus en plus acclimatée, vient encore de mettre bas ; elle allaite des lionceaux. La reproduction de cette espèce en Europe n'est plus un phénomène «
RaPPOKT de la préfecture de police du 15 PRAIRIAL.
On rapporte que M. Bexon, vice-président de 1 Université de jurisprudence, s'est formellement opposé à ce que les membres de cette association fissent une adresse à S. M. l'Empereur; qu'il a ajouté que, si l'on s'y déterminait et que le bureau fût de la députation, il demandait qu'on le renouvelât, parce qu'il ne voulait pas s'y trouver. L'esprit de cet établissement est absolument contraire à l'ordre de choses actuel ; on ne s'occupe point de politique pendant les séances ; mais, avant et après, on se répand dans les salles, et là, chacun cause à son gré avec ses amis et ses connaissances. Moreau a un grand nombre de partisans dans cette réunion, qui est dirigée par les avocats, dont le caractère est toujours turbulent et insubordonné, quoiqu'ils ne soient pas encore en corporation comme dans l'ancien régime. En général, cette classe de citoyens, qui se disent indépendants, ne négligent aucun des moyens propres à aigrir les esprits contre le gouvernement. M. Gaillard-Laferrière, défenseur officieux, disait, hier, au café près la Conciergerie, que Moreau avait beaucoup d'amis, mais que cela n'empêchait pas que ce ne fût un homme sacrifié : « Car, comment voulez-vous, ajoutait-il, qu'on le justifie quand on coupe la parole aux défenseurs, qu'on les borne dans leurs moyens et qu'ils ne peuvent parler? » Il ajouta que cela n'empêcherait pas que le public ne sût la vérité. M. Ville, peintre, fils du célèbre graveur, demeurant quai de la Vallée, s'exprime à peu près dans le même sens. Il dit que les consignes sévères données aux troupes qui environnent le Palais de Justice font présumer le sort de Moreau, qu'on reproche au gouvernement de ne point laisser imprimer les réponses précises faites par Moreau, et que tout ce qu'on insère dans les journaux cl ce
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que l'on fait crier par les colporleiirs ne tend qu'à prévenir l'opinion publique contre lui. Hier, pendant que S. A. S. l'archichancelier se promenait aux Tuileries, on a entendu plusieurs personnes dire assez haut que Son Altesse devrait employer tous les moyens auprès de l'Empereur pour sauver Moreau. En général, le procès des conspirateurs agite toutes les têtes, et il est à désirer qu'il se termine promptement. Celui de Louis XV! n'a pas plus occupé que celtd de Moreau, qui parait avoir un friand nombre de coteries de salon qui travaillent chaudement pour lui. Quant ;V la masse du peuple, elle trouve Moreau coupable et ne se mêle de rien.
exclusifs. — Des exclusifs se sont réunis hier dans différents endroits, notamment chez Baudouin, marchand de vin, rue de la Calandre. L'arrestation de Brun-LaCond, dont il a été question dans le rapport particuher du 13 de ce mois ', leur a fourni l'occasion de crier contre le gouvernement. Ils annoncent de grands changements sous quinze jours dans diverses autorités; ils se flattent qu'ils leur seront favorables et qu'ils en auront connaissance deux jours à l'avance, tant ils sont bien servis, disent-ils, par leurs anciens amis.
/iéunions. - Les promenades et les spectacles ont été peu fréquentés hier. La foule s'était portée à Versailles pour voir jouer les eaux. On rapporte qu'on a trouvé, à Trianon, un quatrain à la mémoire de la ci-devant reine, crayonné sur un parquet de glace...
Rivière. — Bulletin de la crue ou diminution de la rivière, suivant la mesure prise au pont de la Tournelle, le 15 prairial an XIl. La rivière esta 67 centimètres au-dessus des plus basses eaux de l'année 1719. Elle était hier à 7â centimètres...
Bourse. — Il ne s'est pas fait aujourd'hui de fortes opérations; mais, néanmoins, les 5 0/0 pour lesquels on avait craint une nouvelle défaveur, se sont soutenus au point de faire regarder la baisse comme arrêtée. Les partisans de la hausse sont même persuadés qu'elle pourra reprendre dès demain. — o 0/0, jouissance de germinal, 57 Ir. 15, 10, 15, 20; actions de la Banque de France, i.0H7 fr. 50, 1.090 francs.
(Arcli. nat., V\ 3832.)
JOUHNAUX.
Juuniidiles iJébals du lii priiirial : « Paris, ta prairial. ...Le liibunal de l'c inslaiice, seconde section, a rendu jeudi dernier, un jugement remarquable
1. Nous n'avons pas ci; rapporl. Sur Hiim-Lafond, y o\v Paris sous le Consulat, 1 IV. p|>, (il« et (Al.
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dans les circonstances actuelles. Un débiteur fut arrêté, le 5 de ce mois, en vertu du jugement du tribunal de commerce, et conduit à Sainte-Pélagie. Il se pourvoit contre cette arrestation, se fondant sur la loi du 15 germinal an VI, qui défend toute contrainte par corps pendant la durée des assemblées primaires, et considérant cette époque-ci, oîi tous les citoyens sont appelés àvoter l'hérédité, comme un temps d'assemblée primaire. Le tribunal, faisant droit à la demande et attendu que l'objet de la loi du 15 germinal, en défendant les arrestations et incarcérations pendant la durée des assemblées primaires, était que tous les citoyens fussent libres d'émettre leur vœu ; attendu que l'importance de la question soumise au vœu de la nation exige la même liberté ; attendu enfin que l'arrestation dont il s'agit a été faite depuis la promulgation du décret impérial ; déclare nul l'emprisonnement, et ordonne que le demandeur soit remis en liberté. « — Journal de Paris du 15 prairial : « Nouvelles de Paris... Les prévenus de conspiration sont placés sur les quatre gradins qu'ils occupent, dans le même ordre où les présente l'acte d'accusation. Georges occupe la première place du gradin le plus élevé. Tous sont proprement et quelques-uns élégamment vêtus. Ils ont constamment les yeux fixés sur les juges^ et prêtent la plus grande attention aux débats. » — Citoyen français du 17 prairial: •.'■Paris, 1i 'prairial. ...Par un règlement du 8 de ce mois, le conseiller d'État, préfet du département de la Seine, a défendu à tout instituteur ou institutrice établis à Paris, soit comme chef de pensionnat, soit comme tenant école d'externes, d'admettre des enfants des deux sexes. Dans la quinzaine qui suivra l'envoi de ce règlement, les instituteurs ou institutrices dont les pensions ou les écoles sont organisées dans la forme prohibée seront tenus d'eu faire la déclaration à la mairie, et, dans le mois qui suivra cette déclaration, de se soumettre à la prohibition. Le règlement explique le mode d'exécution de cette mesure En supposant que les instituteurs ou institutrices dont il s'agit aient obtenu l'autorisation prescrite par le règlement du 25 pluviôse an XII, s'ils sont mariés, ils seront libres de conserver, soit une pension ou une école de garçons, soit une pension ou une école de filles. S'ils sont célibataires ou veufs, ils ne pourront plus admettre que des élèves de leur sexe. Les maires de Paris joindront aux déclarations l'énoncé du choix que feront les instituteurs ou institutrices mariés, et du genre de pension ou d'école qui sera devenu obligatoire pour les instituteurs et institutrices célibataires ou veufs : le tout sera envoyé au préfet. L'exécution du règlement est assurée par la disposition suivante : « Après l'expiration du « délai, il sera fait des visites dans les maisons des instituteurs et institu- « Irices, à l'effet de vérifier s'ils se sont conformés aux articles qui les con- « cernent. En cas de contravention, ils seront rayés du registre établi par le « règlement du 25 pluviôse an XII, et leurs écoles seront interdites »... » — Journal des Dames et des Modes du 15 prairial : « Paris, ce /4 prairial... La mode régnante n'admet que les deux extrêmes. Ainsi, elle veut que le matin une femme porte un chapeau trois fois grand comme sa tête, et, le soir, un petit chapeau qui la couvre à peine. Le matin on est à la mode avec du rouge ; mais, aux bougies, il est de bon ton d'être pâle. En négligé, on peut porter une robe très courte ; en grande tenue, une femme doit avoir une queue aussi longue à elle seule que tout le reste de sa robe. A la promenade une élégante, malgré la chaleur, porte, outre sa robe, une pèlerine qui la couvre jus(ju'au menton ; les bras, les épaules, la [)oitrine, tout doit être
(4 Jii.N 1804, l'AUIS SOL'S LEMPllŒ 32
ôlouffti dans des |.lis miiUipliés de mousseline ; en cercle au contraire, une pelilc inailresse, pour ùtre à la mode, ne saurait jamais être assez nue, v[ les danseuses par excellence, à l'exemple de Vénus, Terpsichore, etc. relèvent d'un côté leur robe jusqu'au genou. Enfin, dans le même jour, une belle de Paris se met comme une I-apone et comme une Grecque, comme une recluse de couvent et comme une déesse de l'Olympe. » — « Le matin, dans ses promenades, la bonne compagnie jette un coup d'œil sur le pont du Louvre et va voir le Panorama ; le soir, au retour d'un des spectacles ou du spectacle des Tuileries, seule promenade à la mode depuis huit jours, on s'arriHe un moment au Palais-Moyal pour y prendre des glaces du café de Foy, qui redevient le calé par excellence »
15 IMtÂlKlAL AN XII (4 JUIN 1804).
.MlMSTÈRK DE LA JUSTICE. — T.VBLEAU DE LA SITUATION DR PaRIS DU 16 PRAIKIAL.
Goyenval. Propos à l'Athénée. — Par une lettre au Grand-Juge du 8 de ce mois, M. de Montmirel, ancien maréchal de camp, a donné avis qu'un ancien juge de paix nommé Goyenval, sollicitant une magistrature, s'était permis de dire publiquement, dans'le salon de l'Athénée, que le gouvernement ne payait ni les rentes, ni les pensions, et n'amortissait pas la dette publique. Pour donner plus de poids à sa déclaration, xM. de Montmirel y a joint celles de trois membres de l'Athénée, Courréjoles père, ancien maréchal général des
logis ; Gomteval, ancien capitaine de cavalerie ; Say, père du tribun
(Arch. nal., F', 370ii.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
On rapporte que, dans un dîner qui a eu lieu ces jours derniers chez M. Gaudin, tribun, et où se trouvait M. le maréchal Bernadotte, il a été beaucoup question du procès ; que M. le maréchal a dit fort peu de choses, mais a paru très affecté de la position de Aloreau. On a ajouté que les troupes étaient mécontentes de ce qui se passait^depuis quelque temps, que déjà il y avait eu de légers mouvements insurrectionnels dans l'armée de Boulogne et dans celle d'Hanovre, que, dans cette derni«'re surtout, la désertion était très forte. — Il y a eu, hi.-r soir, un |)eu |>lus de curieux autour du Palais de Justice, les groupes ont été plus nombreux, mais ils ont été promptement
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dissipés. Un croit dans le [uiblic que le jugement des conspirateurs sera, à peu de chose près, dans le sens des conclusions du procureur général impérial. On dit pourtant que S. M. l'Empereur accordera la grâce de Moreau, et on en exprime le vœu. On rapporte que tous les Bretons ont cessé de se voir et qu'ils sont convenus de suspendre leurs liaisons jusqu'à la fin du procès, dans la crainte d'appeler sur eux le soupçon. On dit que des lettres arrivées de Nantes portent que, dans la nuit du 10 au 11 de ce mois, des placards incendiaires ont été apposés dans cette ville. . .
Bourse. — Les négociations de rentes ont été très nombreuses, et le pressentiment favorable que l'on avait s'est réalisé de la manière la plus satisfaisante ; le cours s'est élevé avec rapidité, et l'on assure que des achats considérables faits par le citoyen Martinet, agent, y ont
beaucoup contribué. — 5 0/0, jouissance de germinal, 57 l'r. 60, 75
(Arch. liai., F', ;{S32.)
Journal des Débals du 16 prairial : " Paris, 13 prairial... Les processions de la Fête-Dieu se sont faites hier dans les églises de Paris, avec toute la pompe convenable et les céréiaonies accoutumées. Les églises étaient pleines de fidèles »
Rapport de la pitÉFKcruRE de police ou 17 prairial.
Les avocats continuent leurs intrigues et leurs menées. Il n'est sorte de nouvelles et de bruits qu'ils ne fassent courir. Hier, ils répandaient que S. A. le Grand-Électeur était arrivée en poste pour demander à S. M. l'Empereur, non pas seulement la grâce de Moreau, mais encore que la procédure ne fût pas continuée; que Son Altesse devait venir prendre Moreau au Palais de Justice et l'emmener en triomphe dans sa voiture. Les grands parleurs poussent en avant les avocats de seconde classe, et c'est dans leurs cabinets, devant leurs clients, qu'ils brassent toutes les nouvelles qu'ils veulent -faire circuler ilans leurs coteries et dans les salons en faveur des accusés. Enlin ils ne négligent rien pour souffler partout le feu de la discorde. Les partisans de Moreau répandent qu'au camp de To>iK I. 3
«i jii> 1804 l'Alll"- ^l'I V |.F:Mf|MI{F 34
lioiilofîMf les sol. lais se lialleiil Joiirrullemenl enlre eux, cinq contre cinq, cl sniivcnl dix conlrc <lix. les uns pour S. M. l'Kmpereur, les anlres pour Moreau...
Bourse. — Les négociations des 5 0/0 ont élé aussi nombreuses qiriiier, cl la hausse n'a pas élé mieux sensible. L'inquiélude que pouvait donner le proccs des prévenus de conspiration était le motif, ou au moins, le prétexte de la baisse, qui s'est trop prolongée ; des spcculatturs ont remarqué qu'elle avait déterminé un assez grand nombre tie joueurs à se mettre à découvert, et c'est de la position embarrassante dans laquelle ceux-ci se trouvent que l'on attend im nouvi'l élan favorable, qu'ils seront forcés de provoquei-. — 5 0/0, jouissance de geiminal, 57 fr. (15, 60, (iS, 75, 70, 75, SO; actions de la Banque de France, 1.090 francs. Aich. nril.. !•', :»S32.j
.loi HNAIX.
Munitcur du 17 prairial : « École polytechnique. Proyramvie des connaissances exigées pour l'admission à l'Ecole polytechnique, dans le roncnurs qui sera ouvert le I '' jour complémentaire an XI f. Les connaissances exij^ées pour l'admission à l'École polytechnique sont : 1° L'arithmétique et l'exposition du nouveau système métrique; 2' l'algèbre, comprenant la résolution des équations des deux premiers degrés, celle des équations indéterminées du premier degré, la composition générale des équations, la démonstration de la formule du binôme de Newton, dans le cas seulement des exposants entiers positifs ; la méthode des diviseurs commensurables, la résolution des équations numériques par approximation, et l'élimination des inconnues ; 3° la théorie des proportions, des progressions, celle des logarithmes et l'usage des tables; 4° la géométrie élémentaire, la trigonométrie recliligne, et l'usage des tables de sinus ; 5** les propriétés principales des sections coniques, 6° la statique appliquée principalement à l'équilibre des machines simples; 7« les candidats seront tenus de com[)Oser et d'écrire, sur un sujet donné jiar l'examinateur, plusieurs jthrases françaises pour constater qu'ils savent écrire lisiblement, et qu'ils possèdent les principes de leur laniTue. Tous ces articles sont également obligatoires.
17 l'ItAlItlAL AN .\II (t; JUIN W
H.M'POUT hK LA l'HÉKECTUHI-: DE l'OLlCK DU 18 l'HAUUAL.
L'fx-lribun (iaudin est de retour à Paris, et il arrive de Russie. Il était au diiMM «pii a en lieu mercredi 10 de ce mois et dont il a été
35 PARIS SOUS L'EMPIRE [7 juin 1804]
question dans le rapport du 16 '. M. Gandin demeure avec sa fenime chez M'"= Pose, sa sœur, hôtel des Arts, près l'Abbaye. Il est dans ce moment et jusqu'à demain dans une campagne à Yvoire, dont sa femme vient de faire l'acquisition.
Les observations faites en général dans les réunions publiques et particulières présentent toujours le même résultat. On ne s'occupe que du procès, et principalement de Moreau. Les bruits semés à son égard par les avocats, et dont il a déjà été rendu compte, se propagent dans les sociétés, où nombre de gens feignent de les croire pour leur donner plus de consistance. On disait partout hier que Moreau serait condamné, mais qu'il était sûr qu'il obtiendrait sa grâce. Aujourd'hui on dit qu'il sera acquitté, que telle est l'intention du gouvernement, et c'est toujours des hommes du Palais qui colportent tous ces bruits, qui tourmentent et échauffent l'opinion publique. Les gens sages et les amis du gouvernement gémissent de ce que la procédure traîne tant en longueur par la ruse et la tactique des défenseurs.
Exclusifs. — Quelques exclusifs de la basse classe se sont réunis ces jours-ci dans le cabaret du Chapeau-Rouge et chez Desnoyers, marchand de vin, rue des Marmousets. On y a chanté quelques couplets de l'ancien hymne de Goujon, mais un des frères a imposé silence au chanteur en lui disant qu'il y avait du danger à s'expliquer ainsi...
Bourse. — La hausse des rentes s'était maintenue pendant tout le jour d'hier, et le cours était à 58 fr. 50. Aujourd'hui, sur le parquet, les premières négociations n'ont pas été favorables, et, après des variations assez nombreuses, le cours est resté faible et au-dessous de 58 francs. — 5 0/0, jouissance de germinal, 57 fr. 70, 75, 70 75, 90, 85 c. ; jouissance de vendémiaire an XII, 55 fr. :25; actions de la Banque de France, 1.095 francs.
(Arch. nat., F^ 3832.)
RaPI'OKT Db; LA PKÉKliCTUUb; DK POLICE DU 19 PHAIHIAL.
Parmi les avocats et hommes de loi qui se font remarquer au Palais par leurs menées, leurs indiscrétions et leurs clabaudages, on dis-