‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 156 sur 221 · Ir · texte numérisé non relu

Ir

Dubois.

(Arch. nat., F', 3833.)

Autre raim'oht nu mkmi<: jour.

L'an XIII, le IG pluviôse, dix heures du soir, nous Pierre Dusser, commissaire de police de Paris, division du Temple, étant au spectacle de la Gaîté, pour veiller au maintien du bon ordre, avons entetxlu aux premières loges, à droite, des cris violents qui ont jeté l'alarme dans la chambrée. Nous nous y sommes aussitôt rendu, et y avons été précédé par le sieur Mariée, officier de paix. Là, on s'est saisi d'un particulier ivre, qui venait de donner un coup de poing sur la tète du sieur Gavaudan. Ce particulier ayant été conduit au corps de garde du spectacle de l'Ambigu-Comique, où nous l'avons suivi, nous Ijii avons dit avec douceur : Monsieur, calmez-vous; je, suis le comynissaire de police, expliquez-vous paisiblement. A ces mots, ce particulier a répondu : Ah! tu es commissaire de police, tiens; et nous a porté un violent coup de poing sur la poitrine, et ensuite, avec la rage d'un forcené, ce particulier est tombé à coups de pied et à coups <le poing sur ledit sieur Mariée et deux de ses agents ; et, c'est avec toute les peines possibles qu'on est parvenu à se rendre maîtres de lui. Nous nous sommes ensuite retiré à notre bureau pour y recevoir la déclaration du sieur Gavaudan. Ce citoyen, qui nous a dit se nommer Jean-Baptiste Gavaudan, comédien de l'Empereur, demeurant à Paris, rue de Grammont, n" 6, division Le Peletier, nous a déclaré que le particulier, qui vient d'être arrêté, était dans la loge où lui déclarant était avec son épouse, sa belle-mère et la dame Branchu, artiste de S. M. l'Empereur ; que ce particulier tenait les propos les plus indécents et à liante voix ; qu'avec douceur il lui a représenté de [tarler moins haut ; qu'il a fait silence un moment et ensuite est venu le provoquer et a fini par porter un coup de poing sur la tête de lui déclarant; que cette conduite étrange a nécessairement causé l'instant de trouble qui eut lieu jusqu'au moment de son arrestation; que, comme.il importe de réprimer de pareils excès, il nous requiert acte de sa déclaration, ce que nous lui avons octroyé et a signé avec nous. Signé : Gavaudan et Dusser. — Le particulier dont il est question

o85 PARIS SOUS L'EMPIRE [b février I805J

ayant été conduit à notre bureau, nous l'avons interpellé de ses nom, prénoms, âge, profession, pays et demeure. A répondu se nommer François- Louis Favey, capitaine d'habillement au 2^ 'égimenl de la garde de Paris, Agé de quarante-deux ans, natif de Sainte- Eugénie, département de l'Orne', demeurant à Paris, place des Vosges, hôtel Thiboudeau. — 1) . Pourquoi, Monsieur, vous êles-vous permis une conduite aussi violente envers le sieur Gavaudan au spectacle de la Gaîté, et, par suite, envers un officier de paix, deux agents de police et moi, qui vous ai décliné ma qualité ? — R. J'ai répondu par un bon soufflet à Gavaudan, qui m'a craché au nez, parce que j'applaudissais à une danseuse; à l'égard de la seconde partie de votre question, je n'ai exercé de violence qu'envers ceux qui s'en sont permis envers moi, en me liant les mains. Lecture à lui faite de ses réponses, a dit qu'elles contenaient vérité et a signé. Signé : Favey. Nous commissaire de police susdit disons que ledit sieur Favey sera conduit à la préfecture de police et avons signé. Signé : Dusser.

Dubois.

(Arch.nat, F' 3833.1

GGLXI

16 PLUVIOSE AN XIII (o FÉVRIEB i80o).

Rapport de la préfecture de police du 17 pluviôse.

Un sieur Lavaud, propriétaire à la Souterraine, département de la Creuse, qui a rempli honorablement les fonctions de maire de cette commune, pendant trois ans, et a fait au gouvei'nement des avances considérables lors de la disette des grains, a reçu, dans le courant du mois dernier, une lettre d'une écriture contrefaite, portant au bas pour signature le nom de S. M. l'Empereur, et dans laquelle on le persifle et on l'engage surtout à maintenir la République une et indivisible dans tous ses droits et dans IduLcs ses prérogatives. L'on est parvenu à décuuvrir que l'auteur de celle lettre était le nommé Ribière de Savignac, âgé de vingt-deux ans, natif de la Souterraine, étudiant en droit à l'Académie de Législation, quai Voltaire, il a été interrogé, il a reconnu la lettre, et a prétendu qu'il n'avait entendu faire qu'une plaisanterie ; que le sirur Lavaud ayant été tn-s républi-

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