‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 173 sur 221 · Kervélégan était membre du Corps législatif · texte numérisé non relu

Kervélégan était membre du Corps législatif

garni de rubans noirs et précédé de tambours drapés. Cette cérémonie a beaucoup amusé le peuple.

Journaux. — Les nouvelles les plus marquantes que publient les feuilles aujourd'hui sont celles que le Journal Officiel a données hier sur l'Angleterre. Seulement on y remarque de plus les suivantes : « On a été informé, au Cap de Bonne Kspérance, que les Anglais préparaient une expédition pour attaquer cette colonie, et toutes les dispositions de défense sont faites en conséquence. Sept mille hommes sont constamment sous les armes et des signau.x. ont été établis le long du rivage pour donner avis de l'approche de tous bâtiments ennemis. » [Gazette de France^ article Neiv- York.) — « Il paraît certain que le royaume de Naples continuera de jouir de la neutralité ; il n'est nullement question du départ du roi et de la famille royale pour Palerme; le roi va, dit-on, licencier sa milice provinciale, d'après les assurances satisfaisantes qui lui ont été données par le gouvernement français, relativement à la neutralité de ses États. » (Même Gazette., article Gênes). — « Le ministre russe à Berlin a déclaré confidentiellement à plusieurs envoyés, ainsi qu'à quelques personnages marquants de la Cour, qu'il n'existe aucune alliance ou.traité quelconque entre les cabinets de Pétersbourg et Londres et que l'empereur Alexandre n'a aucune intention de prendre part à la guerre actuelle. » (Même Gazette, article Francfort). — « Les Anglais se sont emparés d'une frégate de la Compagnie des Philippines, venant de cet endroit, ayant à bord 150.000 piastres. » {Bulletin politique). — « On travaille en ce moment, à la manufacture de porcelaine de Berlin, à deux vases d'un grand prix, sur lesquels sont peintes différentes perspectives delà iMalmaison ; on dit qu'ils doivent être offerts en présent à l'Impératrice des Français [Gazette de France). — Les nouvelles de l'intérieur n'ont rien de remarquable.

Bourse. — Les o 0/0 ont été constamment dans des dispositions de baisse, et l'on a remarqué la même disproportion que les jours précédents entre le cours du com{)lant et celui des marchés à terme. Les actions de la Banque se tiennent fermement. Le 20 du courant étant le terme de rigueur pour le transfert des rentes avec la jouissance de vendémiaire, la compagnie des agents a arrêté que les escomptes ne pourraient plus avoir lieu après le 10 ; l'on croit assez généralement que ce repos occasionnera un mouvement sensible sur le cours. Le calme extraordinaire des transactions commerciales ne varie pas. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire. 62 francs, 61 fr. 90, 55, 50, 40. Actions de la Banque de France, 1.285 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F^ 3833.)

633 PARIS SOUS L'EMPIRE [28 février 1805]

Journaux.

Gazette de France du 9 ventôse : « Paris, 8 ventôse. ...Les jours du carnaval se sont liasses à Paris sans tumulte et sans fracas. On a pu remarquer, dans cette occasion, ce que l'esprit de famille a gagné depuis Tannée dernière. On s'est, en général, peu livré aux réjouissances bruyantes et e.xtérieures; en revanche, les réunions particulières ont été plus nombreuses. Les plaisirs se sont répartis et concentrés, comme d'eux-mêmes, dans une multitude de petits comités, qui ont fait moins de bruit, mais offert plus d'agréments, de jouissances et de gaité, que les réjouissances des rues. »

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MlNISTÈRli DE LA POLICE GÉ.NKRALE BULLETIN DU 10 VENTOSE.

...Rixe. Meurtre — Le 8, soir, une dispule s'est élevée près la barrière de Charonne entre îles militaii-es et des particuliers. L'un de ces particuliers, nommé Benoît, a été tué sur place, d'un coup de sabre. La garde de la barrière de Vincennes a arrêté quelques-uns de ces soldats, tous du régiment caserne à Popincourt. Ils ont été conduits devant le commissaire de Monlreuil qui les a relâchés, parce que

l'auteur du meurtre ne se trouvait pas parmi eux

(Arch. nat., AF iv, 1492.)

R.Al'POltT DE LA PKÉFECrCME DE PULICE DU MÈMIO JOUR.

Réunions. — Deux Français établis eu Russie depuis vingt ans, et nouvellement arrivés à Paris, rapportent que les Russes, en général, sont très partisans du gouvernement français, qu'il est peu de seigneurs russes qui n'aient chez eux le buste de S. M. l'Empereur des Français ; qu'on ne croit point dans le paj's à la guerre avec la France; que les Français accrédités y jouissent de la plus grande considération, mais que les émigrés y sont généralement détestés, et enfin que les Anglais sont trompés par le ministère russe, dont cependant on ne vante point le désintéressement. Les réunions publiques n'ont rien offert de remarquable. Les ouvriers ont prolongé le carnaval; hier encore les guinguettes et les cabarets des faubourgs ont été remplis jusqu'à onze heures du soir ; ce n'est qu'aujourd'hui qu'ils ont repris leurs travaux.

[l'"MARs 1805J PARIS SOLS L'EMPIRE 634

Journaux. — Les feuilles de ce jour n'offrent de remarquable que la nouvelle insérée hier dans le Journal Officiel sur Texpédilion de la flolle de Toulon ; cet article se trouve aujourd'hui dans tous les journaux...

Bourse. — Malgré que la Bourse de ce jour fùl le terme fatal pour les escomptes de rentes, il n'en avait été affiché que 27.250 francs, mais il s'en est fait beaucoup avant la cloche de retraite, et l'occupation qui en est résultée pour un grand nombre d'agents les a empêchés de se livrer à de nouvelles négociations. Le cours a éprouvé un mouvement de baisse assez prononcé, et l'on a peur que le changement de semestre occasionne plusieurs réactions. Dans le commerce, il s'est fait, les jours derniers, quelques spéculations sur les cafés, parce qu'ils ont éprouvé un peu de baisse. — 5 0/0 consolidés, jouissance de vendémiaire, 61 fr. 30, 40, 23, 61 francs, 60 fr. 90. Idem.,

jouissance de gei-minal an XIII, 58 fr. 23.

Dubois.

(Ai-ch. nat., F% 3833.)

Journaux.

Moniteur du 10 ventôse : « Société d'encouratiKment pour l'industrie NATIONALE. MM. Ics membres de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale résidant à Paris, ou qui s'y trouvent momentanément, sont prévenus que, conformémenl à rarlicle du titre 6 de son règlement, la Société se réunira en assemblée générale le mercredi 15 ventôse à sept heures précises du soir, dans son local, rue du Bac, n' 249, Hôtel de Roulogne, vis-à-vis le passage de Saint-Thomas-d'Aquin. L'objet de celte séance est d'arrêter les sujets de prix qui seront mis au concours pour celte année, et dont la liste est déposée au secrétariat de la Société. » — Journal des Dames du 10 ventôse : « Paris, ce 9 venlôse... Tout le monde jtortc un schall, mais tout le monde ne sait pas le porter. Le draper, avons-nous dit déjà, est un grand art. Le matin, il faut en faire tout bonnement un grand fichu ; mais le soir, déployé dans toute sa longueur, le schall doit figurer un manteau tragique, de sorte qu'une belle ainsi drapée avec sa robe à palmeltes, son diadème ou son bandeau, ses bras nus, ses bas chair et ses souliers en sandales, ressemble à Phèdre, à Ariane ou à Agrippine. »

Ministère de la police généhale. — Bulletin du 11 ventôse.

Paris, liajiport du préfet de police. — Les ouvriers ont prolongé le carnaval. Le jeudi 9, les cabarets des faubourgs ont été remplis jusqu'à onze heures du soir. Le vendredi ils ont repris leurs travaux...

635 PARIS SOUS L'EMPIRE [I^^ mars 1803

La demoiselle Polly. — Désignée comme recevant de S. M. l'Impéralrice une pension de 3.000 francs, et dénigrant, malgré celte faveur, la famille impériale. On prétend que cette femme répand partout que le gouvernement ne paye pas ses créanciers et se plaint elle-même de ce que sa pension ne lui est pas payée depuis quelque temps. — A'érifier.

'Arch. nat., AF iv, 1492.)

Rapport de la PKÉrECTUiŒ de police du même jour.

Béunions. — Le sort de la flotte de Rochefort occupe beaucoup les esprits. On répand, d'une part, qu'elle a éprouvé une violente tempête dans sa route pour l'Inde, et qu'elle a été obligée de se réfugier dans les ports de l'Espagne. M. Forestier, employé à la marine, assure, d'un autre côté, qu'elle est allée porter des secours au général français qui se soutient dans la partie espagnole de Saint-Domingue, et qu'elle pourrait être arrivée dans ce moment à sa destination.

Journaux. — Les journaux ne sont presque uniquement remplis que des nouvelles publiées parle Moniteur. On en remarque toutefois, dans le Journal des Débats et dans le Publiciste, une en date de Madrid le 8 février, et qui donne quelques détails sur la manière barbare, dont les corsaires de Dessalines traitent les équipages des bâtiments espagnols tombés en leur pouvoir. Les nègres de Saint-Domingue ont cinquante chaloupes canonnières, une goélette et un brigantin de quatorze canons. Les équipages de cinq bâtiments espagnols pris par ces noirs ont été massacrés sans pitié. Le gouvernement espagnol a fait donner avis au commerce de s'éloigner autant que possible de cette île ou de faire usage dans les circonstances du pavillon anglais, très respecté par les nègres de Dessalines. . .

Bourse. — Les négociations de rentes ont été plus nombreuses qu'hier, et le cours, après avoir été constamment faible, s'est fermé dans des dispositions assez favorables. Des offres multipliées ont fait éprouver aux actions de la Banque une baisse assez sensible. L'on assure qu'il s'est fait hors de la Bourse des actions des ponts à 1.200 francs. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 60 fr. 80, 85, 90, 80,70. 7(/e/72, jouissance de germinal an XIII, 58 fr. 25. Actions de la Banque de France, 1.282 fr. oO, 1.280 francs, 1.277 fr. 50, 1.275 francs, 1.270 francs.

Dubois.

(Arch. nat., F ', 3833.)

Journaux.

liullelin polilùiue du 11 ventôse : « Paru, Le 10 venlôse. .. .Le Pape, en honorant d'une audience particulière M. Hondonneau, libraire, qui lui a présenté un exemplaire de l'Annuaire de la Légion d'honneur pour l'an XIH, a accueilli avec le plus vif intérêt l'hommage de ce recueil intéressant, et à témoigné do la manière la plus distinguée ses sentiments sur une institution qui honore le règne de Napoléon l'"", et qui, par une heureuse conception, offre la récompense la plus tlatteuse et la plus honorable des services rendus à la patrie, ainsi que celle des vertus et des talents. »

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Rapport de la préfecture de police du 12 ventôse.

Réunions.— On rapporte que rannbassadeur d'Allemagne, auquel on

demandait hier. « Aurons-nous la paix? aurons-nous la guerre? » a

répondu que l'Empereur, son maître, était épuisé d'hommes, d'argent

et de crédit, qu'il ne ferait point la guerre, et que, quoique blessé dans

ses intérêts, il n'aspirait qu'à une paix durable. Parmi les ci-devant

nobles qui osent se permettre d'indécentes plaisanteries sur la cour,

on cite particulièrement le jeune Decourchamp. Ce particulier joue

la dév(jtion et n'en a pas moins le sarcasme à la bouche. 11 est reçu

chez M^"^ Fanny Beauharnais ; mais, là, il n'ose s'évertuer. M. de

Bouille, demeurant rue d'Anjou-Saint-IIonoré, n° 927, dit, qu'à la

cour on montre de la défiance aux ci-devant nobles qui y ont obtenu

des places

Dubois,

(Arch. nat., F ', 38:^.)

.louUNAUX.

Moniteur du 13 venlôse : n 1 1 ventôse. . .Par un acte de ce jour défense est faite à tous les officiers de l'état civil de l'Empire de recevoir sur leurs registres la transcription de l'acte de célébration dun prétendu mariage que M. Jérôme Bonaparte aurait contracté en pays étranger, en âge do minorité, sans le consentement de sa mère et sans publication préalable dans le lieu de son domicile. » — Moniteur du 12 ventôse : « Paris, le 11 ventôse. L'Académie de médecine de Paris, société libre récemment formée sous ce litre, dans le dessein de travailler en communauté au progrès de l'art de guérir et de resserrer l'union qui doit exister entre les personnes cultivant la même

637 PARIS SOUS L'EMPIRE [3 mars 1805]

science, a renouvelé son administration dans la séance générale du 30 pluviôse. Elle a nommé pour son président M. Bourru, doyen de l'ancienne faculté de médecine de Paris, et pour directeur M. Guiilotin, docteur-régent et professeur de la même faculté. Les autres administrateurs sont MM. les docteurs Descemet, vice-président; Menuret, vice-directeur; K. Chamseru, secrétaire; Ledru, trésorier; Bonnet, archiviste. M. le docteur Dosessartz, de l'Institut, a été nommé président delà commission annuelle chargée des travaux académiques. Les autres commissaires sont MM. Delaporte, Legallois, Pages etLéveillé. Cette Académie est composée de membres titulaires-honoraires, tous docteurs-médecins, et de correspondants pris parmi les savants nationaux ou étrangers qui s'occupent de la médecine ou de quelqu'une des sciences accessoires. Elle est divisée en différentes sections, dont chacune a ses travaux particuliers. Une d'elles donne des consultations publiques. Les académiciens se réunissent les deuxième et quatrième mardis de chaque mois en assemblée générale pour entendre la correspondance, les rapports des sections, et s'occuper en commun de tout ce qui peut intéresser la médecine pratique. » — Journal des Débats du 12 ventôse : « Paris, H ventôse. ...Les directeurs et administrateurs d'un établissement connu, dans la rue Vendôme et au ci-devant hôtel de l'Intendance, sous le nom d'Université de Jurisprudence, ont fermé leur porte et cessé leurs fonctions. »

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Ministère de la police génékale. — Bulletin du 13 ventôse.

...Fauche. — Frère de Fauche-Borel, demande une prolongation de séjour provisoire à Paris, jusqu'à ce qu'il puisse obtenir la permission définitive d'y fixer son domicile ; annonce le projet d'y fonder une maison de commerce dans la librairie. li paraît que cet établissesement pourra être très utile sous le rapport de la police. Le sieur Fauche est d'ailleurs cautionné par plusieurs libraires et imprimeurs connus. — Accordé.

Affaire de l'abbé Delaneuville* . Libelles. — Il résulte du rapport du préfet de police qu'il existe une coalition d'individus tendant à rappeler les Bourbons en France et à renverser le gouvernement en l'avilissant dans l'opinicm ; que les principaux chefs connus et arrêtés sont ; l'abbé Delaneuville, Bournissac, Desfour de Jeunetières, Guerbart, Caviliers, Roulhac, Poupart, Alary, Baissac de Leyrolles, Hinaux, femme Dancourl, feuiuie Lemailre, femme Salliet; quL- leurs affidés partiriilicrs sont : Denis, Balel Maer, Monney, Riches

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