AUTKE RAPPORT DE LA PRÉFECTURE DE POLICE DU MÊME JOUR
Les quatre individus qui, conformément aux ordres de S. M, l'Empereur, ont été exceptés de la mise en liberté ordonnée pour les autres citoyens arrêtés au Théâtre-Français, le mercredi 15 de ce mois, lors de la représentation d'/pAî^c'n«e en. 4 w/irfe, sont : 1° André Lecourt, âgé de dix-huit ans, natif de Barbezieux, département de la Charente, élève de l'École polytechnique, où il est entré au mois de frimaire dernier. Il était au spectacle, sans uniforme, et s'est excusé sur ce que, sa redingote étant déchirée, il l'avait envoyée chez son tailleur ; il n'avait pas de permission de s'absenter de la leçon du soir, mdJ\% il a dit qu'ayant depuis plusieurs jours des maux de tête, il n'allait point à l'École après diner. Ce jeune liomnie a été remarqué particulièrement comme un des plus acharnés, et il est monté sur la banquette en criant et en applaudissant. Il convient d'avoir applaudi, niais il nie d'avoir crié ; il fréquente babiluellemenl le Théâtre-Français, et il en est convenu. 2° Charles-Jean-Baptiste Papet, âgé de vingt-deux ans, natif de la Châtre, départementderindre,éludiantendroit(ie l'Université de jurisprudence, rue de Vendôme, au Marais, et suivant les cours de .MM. Agresti, Geoffroy et Bexon. 11 est de la conscription, mais n'est point tombé au sort. Papet était un des applaudisseurs à outrance j il a été parfaitement remarqué, mais il a constamment nié les faits qui lui sont imput<';!i.ll est réclamé par le sénateur Porcher. 3° Aloj^andre- André Le Breton, natif de Paris, âgé de trente^quatri ans, émigré
9< PARIS SOUS L'EMPIRE [6 juillet 1804]
amnistié, ayant servi deux ans dans l'armée de Condé, et, à présent employé à la manufacture des glaces, faubourg Saint-Antoine; il est fils du greffier de l'ancienne Tournelle au Parlement de Paris \ et il était avocat avant la Révolution. 11 a été signalé d'une manière toute particulière comme ayant applaudi et excité le bruit dans le parterre, où il a même fait rébellion. Il est réclamé par M. Maret, secrétaire d'État, M. de Nauroy -, législateur, et M. Frémyn, greffier en chef de la cour de justice criminelle; il est neveu de ces deux derniers, qui s'offrent pour ses cautions. 4° Henri-Guillaume Thomassu-Chàtillon, natif de Paris, âgé deyingt-quatre ans, conscrit réformé à cause de sa vue, et peintre en portraits. Châtillon était placé aux premières galeries; il a applaudi l'un des premiers, et, malgré les invitations d'un officier de paix qui se trouvait à côté de lui, il a redoublé avec une sorte de fureur ; et, monté sur la banquette, il se penchait vers le parterre, et, par ses gestes et ses battements de mains, il excitait au tumulte et au bruit, au moment ou l'on arrêtait les perturbateurs. Il est convenu avoir applaudi, s'être tenu debout, et avoir résisté aux invitations de l'officier de police ; mais il a dit qu'il n'avait applaudi que l'actrice ; que, s'il était resté debout, c'était pour mieux voir, et qu'il n'était pas monté sur la banquette. Malgré ses dénégations, les faits qui lui sont imputés n'en s'ont pas moins constants. Les interrogatoires de ces quatre individus sont joints au présent rapport '.
Dubois.
(Arch. nat., A F iv, 1490.)
Journaux.
Publlciste du 18 messidor: ft Paris, le 17 messidor. ...La Société d'encouragement pour l'industrie nationale, ayant été obligée de changer de local, n"a pu tenir, le 9 de ce mois, «on assemblée générale ; elle aura lieu le jeudi 23, à deux heures très précises, dans son nouveau local, rue du Bac, Hôtel de Bourgogne, n» 249. La séance sera présidée par S. E. le ministre de l'intérieur, président de la Société B
1. En effet, les deux grefQers de la Tournelle et du Dépùt .lu i^rand criuiinel s'appelaient Frémyn et Le Breton [Almanach nuUunal de ITJU. p. 295).