‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 31 sur 221 · Voir plus haut, p. 107, note · texte numérisé non relu

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m PARÎS sous L'EMPIRE (16 juillet 1804]

qnu ce n'était pas pour l'acteur, mais pour rapplicalioti. On a pensé que ce n'était qu'une cabale d'écoliers, qui peuvent cepenilant être les instruments d'une faction. Trois fois la majorité du parterre a marqué son improbation.

(Arch. nat., AF iv, 1490.]

Journaux.

Moniteur du 28 messidor : « Musée Napoléon. L'exposition des ouvrages des peintres, sculpteurs, architectes et graveurs ne commencera cette année que le le"" complémentaire an XII, afin de laisser aux artistes quelcjues jours de plus de la belle saison, et se terminera le 30 brumaire suivant. Le Musée Napoléon sera fermé le 15 fructidor, pour les préparatifs de celle exposition. Les ouvrages destinés a être exposés devront être remis au bureau de la direction le 20 fructidor, les dix jours suivants étant rigoureusement nécessaires pour l'arrangement du Salon. Les artistes sont invités à faire parvenir leurs notices avant l'envoi de leurs ouvrages, afin qu'elles puissent être imprimées dans le livret. Passé le 20 fructidor, ils ne doivent plus espérer que l'explication de leurs productions y soit insérée. La notice envoyée par les artistes réunira : 1° le sujet et les dimensions de l'ouvrage ; 2° les nom, prénoms, demeure et lieu de naissance de l'auteur, le nom de son maître; il est nécessaire que les noms soient lisiblement écrits, et que la notice soit signée ; 2'^ il ne sera admis à l'Exposition que des ouvrages originaux ayant un rapport direct et spécial aux arts du dessin ; aucune copie ne sera reçue ; 4° tous les artistes qui n'ont point encore exposé, et qui, n'ayant point encore obtenu de prix dans le concours sont soumis à un examen, sont invités à envoyer leurs ouvrages avant le 15 fructidor, passé lequel terme aucuns ne seront reçus... » — Gazelle de France du 28 messidor : « Paris, 27 messidor. . . .Une affluence considérable de spectateurs se porta, hier, de bonne heure dans le jardin des Tuileries pour y entendre exécuter le concert qui fut donné sur la terrasse, et jouir du spectacle d'une riche illumination. Sur les neuf heures le concert commença. Mais l'attention du public fut naturellement distraite par la présence de Leurs Majestés Impériales, qui parurent et restèrent assez longtemps à l'entrée du vestibule de la salle des gardes, de manière à être vues de tous les spectateurs. S. M. l'Impératrice était en grande parure, et l'Empereur était vêtu du même uniforme qu'il avait porté à la cérémonie du matin. Lorsque le concert fut terminé, Leurs Majestés se tenant parla main, s'approchèrent au bord de la terrasse où elles s'inclinèrent vers le public, comme pour lui témoigner combien cUesétaient sensiblesaux acclamations et aux témoignages d'affection flont elles avaient été l'objet dans le cours de la journée. Sortie du jardin, la foule se répandit sur les quais pour y jouir du coup d'œil qu'offrait l'illumination des ponts et des édifices voisins, ainsi que du spectacle du feu d'artifice qui fut tiré à dix heures sur le Pont-Neuf. Partout l'ordre avait été établi par la police avec tant de précision et de régularité, les accidents avaient été prévus et prévenus avec tant d'intelligence et de sagesse qu'il n'en a pas été causé un seul par une pluie fort épaisse de bombes et de fusées et par l'espèce d'end)rasement général que produisit, dans l'air et sur les maisons, l'explosion du bouquet le plus copieux qui ait jamais été tiré. Une brillanlc illumination succéda,

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sur le Pont-Neuf, au feu d'arlifice. La principale pièce, montée sur l'emplacement de l'ancienne statue d'Henri IV, offrait deux transparents, dont l'un formait la lettre N, surmontée d'une couronne, et l'autre les principaux attributs de la Légion d'honneur...» — Pfiblicistc du 28 messidor: « Paris, le 2,1 messidor. . . .La fête du 14 juillet s'est terminé hier dans la soirée par un concert au Tuileries, dont ont joui en commun, et Leurs Majestés Impériales, dans l'intérieur des appartements, dont les croisées ouvertes permettaient de les voir, et la foule immense rassemblée sur la terrasse du château, qui mêlait ses acclamations aux symphonies de l'orchestre. L'illumination du jardin et du château était de la plus i;rande magnificence et d'un cITet ravissant. Le feu d'artifice tiré sur le Pont-Neuf a été très brillant et parfaitement réussi. On peut croire que tout Paris en a joui, tant les quais étaient encombrés ; et néanmoins, grâce aux sages précautions et à la vigilance de la police, la joie publique n'a été troublée par aucun accident. Nous n'avons été témoins ni en connaissance d'aucun événement fâcheux. Parmi un grand nombre de belles illuminations qui se faisaient remarquer, on distingait surtout celle de la farade do l'hôtel de Salm, sur le quai Bonaparte, mis à la disposition de la Légion d'honneur, et qui, tout resplendissant de lumières, orné d'emblèmes et de devises en feux coloriés, surmonté de l'étoile brillante de Xapoléou, annonçait avec la plus grande pompe son inauguration et s'était magnifiquement (Mnbelli pour sa fête »

Ministère de la police générale. — Bulletin du 29 messidor.

Opinion... Légion d'honneur. — La décoration nouvelle sera pendant quelque temps le sujet des sarcasmes et des querelles. On rapporte que M. de Lalande a dit : « Des douze mille étoiles nouvellement découvertes, il n'en est pas une fixe. » Au boulevard, dit Coblentz, des jeunes gens portent à la place de la croix un a'illet ponceau. Dans les sociétés au style familier et amical, les décorés sont qualifiés de chevaliers. Un grenadier qui a reçu la croix dimanche a été provoqué et tué en duel le même jour, par un de ses camarades, qui n'avait pas reçu celte décoration. Un voyageur, arrivant de Lyon, assure (ju'il y aura aussi des rixes dans celte ville pour le même sujet. Les anciens chevaliers de Saint- Louis demandent s'ils ne sont pas autorisés, de droit, à reprendre celte décoration militaire. On leur répomi que, s'ils l'ont méritée, ils obtiendront, sur les preuves de service réel, celle (jui vient d'clre adoptée. On a remarqué, près le bureau de la recette du pont dos Arts, un militaire décoré de la croix emplijyé à demander aux passants le payement du droit établi. Celle

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fonction a paru contraire au but de rinstilution. On a vu quelques militaires décorés ivres dans les rues et accompagnant des prostituées.

Evénement. — Trente-quatre arrestations, suivant le rapport de ce jour de la préfecture de police. On y remarque l'acteur d'Herbouviile, théâtre de la Porte-Saint-Martin, accusé d'avoir distribué des vers contre le gouvernement. Le cri: Vivenl les Bourbons! entendu, samedi, dans la rue de la Loi, était celui d'un raccommodeur de faïence, dont l'ivresse excessive avait anéanti les facultés intellectuelles.

Le ministre de la police,

FOUGHÉ.

(Arch. nat., AF iv, 1490.)

Rapport de la prékectukë de police du même jour.

Réunions publiques. — L'opinion publique, comme on l'a dit dans les précédents rapports, s'améliore chaque jour, et l'on manifeste partout un vif attachement a la personne de S. M. l'Empereur. On répand qu'un ordre, dit de Napoléon, doit être bientôt institué, que les grands dignitaires de l'Empire, lesprincipau.K chefs des armées et les grands officiers du Palais, en feront seuls partie. Hier, au palais de Justice, on a entendu les hommes de loi dire ; « Je plaide, ce matin, à la cour étoilée », en parlant de la Cour de cassation. Le public a vu avec peine des légionnaires, décorés de leur marque distinctive, dans des guinguettes des Champs-Elysées, et où l'on ne rencontre guère que de très mauvais sujets ou des femmes publiques.

Spectacles. — La troisième représentation des Bardes, donnée hier à l'Académie impériale de musique, a attiré un grand concours de monde. La recette s'est élevée à 9.300 francs. L'ordre a été maintenu au dedans et au dehors.

Événements. — M. d'Agoult' a été mis aujourd'hui en liberté et renvoyé à Apt, département de Vaucluse, conformément aux ordres de Sa Majesté, transmis aujourd'hui par la secrétairerie d'État. Le sieur Duflault, arrêté après la représentation de Tancrède, a été mis en liberté et renvoyé à Cognac, son domicile ordinaire...

Bourse. — Le cours des 5 0/0 a été porté hier soir jusqu'à 59 fr. (JO pour la fin du mois courant; il a été un peu plus faible aujourd'hui, surtout en fin de Bourse, mais néanmoins, on croit toujours à la hausse. On a parlé avec beaucoup d'assurance du départ de l'Empereur, comme devant s'efTectuer aujourd'hui même. — 5 0/0, jouissance de

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