Ces points suspensifs sont dans l'original
[9 AOUT 1804] PARIS SOUS L'EMPIRE ilî.
Pichegru, écrivain aux gages de ce parti, signalé dans le mémoire ' de Monlgaillard, etc. Les autorités du Rhône attestent que, depuis sa rentrée en France au 18 brumaire, on n'a rien remarqué en lui qui pût le rendre suspect. Elles le présentent comme livré tout entier au barreau, se reprochant ses torts politiques, et capable de remplir strictement l'engagement qu'il a contracté en recevant son acte d'amnistie. Mis en liberté pour être gardé en surveillance par le préfet de police jusqu'à ce qu'il ail donné tous leri renseigtiemenls qui sont à sa connaissance, sur les faits consignés dans les mémoires de Monlgaillar.l. Il sera ensuite envoyé en surveillance, soit dans le déi)artement du Doubs, où il était autrefois avocat, S(»it à Lyon, où il avait fixé son domicile.
(Arch. nat., AFiv, 1490.)
Rapport de la pkéfectuke de police du même jour.
Réunions. — M. de Langle, ancien ollicier, demeurant rue du Petit- Bourbon, dit qu'il est certain que l'empereur d'Allemagne ne retarde l'envoi des nouvelles lettres de créance à son ambassadeur que, pour tâcher de faire de nouvelles réunions à ses États et que ce n'est qu'à ce prix qu'il reconnaîtra l'empereur des Français. Ce même particulier ajoute que la cour de Vienne s'occupe de moyens de médiation avec la Russie, dans la crainte d'être entraînée dans une guerre qu'elle redoute. Les Bourboniens répandent que les puissances du Nord viennent de reconnaître le comte de Lille - pour roi de France et de Navarre. Ils disent encore que l'empereur de Russie a cent quarante mille hommes en mouvement contre la France et l'Italie, et que déjà quarante mille sont à Gorfou ; et enfin que l'ambassadeur de Vienne se dispose à partir. On faisait courir le bruit hier, qu'une ou deux divisions, parties des ports de la Hollande, s'étaient rendues aux Anglais sans beaucoup de résistance...
Bourse. — Il ne s'est pas fait plus d'affaires qu'hier en rentes, et le cours a éprouvé une baisse assez sensible ; l'on croit généralement que cette défaveur n'a d'autre cause que la crainte d'une guerre continentale, et dont l'effet est modifié par l'espérance de voir la descente tentée très prochainement. Plusieurs personnes ont dit qu'une division de douze vaisseaux, faisant partie de l'escadre de Brest, était
1. Sic. Plus loin, comme on va le voir, l'auteur du rapport écrit « les mémoires ". Il s'agit sans doute des Mémoires concernant la trahison de Pichegru dans les années II l à IV, Paris, 1804, in-8.