‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 83 sur 221 · Dans ioriginal on a imprimé par erreur : Saiîit-Giruutt · texte numérisé non relu

Dans ioriginal on a imprimé par erreur : Saiîit-Giruutt

opéra n'offre qu'une intrigue légère, déjà proiJuile sur plusieurs théâtres. Les auteurs ont été demandés et ont paru sur la scène. Ce sont pour les paroles M. Pixérécourt ; pour la musique, M. Gaveaux. Du reste, l'ouvrage n'a donné lieu à aucune espèce d'allusion. La tran- <|uillilé a régnépendant tout le spectacle. — On adonné hier au théâtre du Vaudeville la première représentation d'une pièce nouvelle ayant pour titre les Deux Jambes, vaudeville en un acte. Une jeune veuve vive et légère, a fait, il y a deux ans, dans un bal, la conquête de sir Richard, Anglais très opulent, qui, n'ayant pu vaincre son aversion pour le mariage, a pris le parti de s'éloigner. L'absence ne lui a pas fait oublier la dame, etil revient, après un voyage de long cours, dans l'espoir de la fléchir et de lui faire accepter l'offre de sa main et de sa fortune. La soubrette, pour débarrasser sa maîtresse des assiduités de sir Richard, imagine de lui persuader qu'un accident malheureux l'a privée d'une jambe, et qu'elle en porte une faite au tour. L'Anglais^ bien crédule et bien amoureux, ne voit d'autre moyen pour obtenir enfin l'aveu de sa belle veuve, que d'abandonner lui-même une de ses jambes au chirurgien, qui refuse d'en faire l'amputation. Il parvient, par cet acte de dévouement, au but de ses désirs. Des quiproquos, des jeux de mots, et quelques couplets ont soutenu cette mauvaise production, qui a été achevée au milieu des sifflets, et dont on n'a point demandé l'auteur. Elle ne renferme rien qui puisse prêter à aucune application.

Journaux. — Les feuilles de ce jour ne contiennent rien qui ait paru attirer particulièrement l'attention. Elles se composent en partie

des nouvelles de Londres, extraites du Moniteur

Journaux.

Moniteur du H brumaire : « Paris, le 10 brumairn. Les docteurs de rEcolo de médecine, reçus d'après la loi du 10 ventôse an XI, viennent de former une Société académique de médecine, dont le but est le perfectionnement de leurs études. Cette société, conformément à ses statuts, a nommé, dans sa séance du 5 brumaire, aux places d'iionneur, réservées pour des médecins reçus d'après les anciennes lois françaises ou dans les universités étrangères et résidants à Paris. VA\g a appelé, pour remplir la presque totalité de ces places, des docteurs régents de la ci-devant Faculté et des professeurs de l'École actuelle de Paris. »

349 PARIS SOUS L'EMPIRE [28 octobre 1804]

Ministère de la police générale. — Bulletin du 7 brumaire.

Paris. Revue. Spectacle. — II y a eu hier une affluence considérable h la revue. Les fenêtres se louaient o à 6 livres. On a marqué une vive émotion à Finstant où le cheval de l'Empereur s'est abattu; mais un sentiment de joie universelle s'est manifesté, lorsqu'on a vu que Sa Majesté continuait sa marche. C'est à l'Opéra que le public a exprimé avec le plus d'enthousiasme la satisfaction que lui cause la présence de Leurs Majestés. On a remarqué, de toute part, qu'on attendait avec impatience le vers : « Notre vengeur est un héros »,

pour le couvrir d'applaudissements

(Arch. nat., AF iv, 1491.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

Réunions. — Hier, dans le cours de l'après-midi, on s'est porté en foule aux promenades, et le soir dans les cafés. La tranquillité a constamment régné partout. On dit que M. de Lalande* a proposé au gouvernement de rectifier le calendrier actuel, et qu'on lui a fait dire que ce n'était point la peine, parce que l'ancien calendrier allait être remis en usage.

Garde municipale. — Hier, vers deux heures de l'après-midi, les soldats du 2" bataillon de la garde municipale, de service à Notre-Dame, ont tous abandonné le poste, et n'ont laissé qu'un jeune factionnaire, qui a été forcé par cinquante personnes, que les suisses de l'église ont eu ensuite beaucoup de peine à faire sortir. Le soir, le nommé Poincelin, soldat du même poste, a insulté et frappé un particulier sur le Parvis Notre-Dame. Il a tiré le sabre sur un ancien militaire qui lui reprochait sa conduite, et il l'aurait grièvement blessé, si l'on ne fût venu à son secours. Il était ivre, ainsi que plusieurs de ses camarades.

Journaux. — On ne trouve dans les feuilles de ce jour, rien qui soit de nalui-e à exciter particulièrement l'attention. Seulement, on lit

1. Dans l'oiiginal, le nom de cel asUonunie est écrit Dcldlunde, en un seul ni(»l. Voir ^tius liaul, [i. 33G.

[28 ocTOHRE 1804] PARIS SOIS L'EMPIUE 350

dans le Bullelin historique que les Anglais, fidèles à leur système de mauvaise foi et do piraterie, viennent, sans déclaration de guerre préalable, de s'em|)arer des quatre frégates espagnoles, la Fama, la Clara, Vlnfatigahle et la Médée. Ces frégates venaient de Rio de la Plata et étaient cliargées de plus de dix millions de piastres...

Bourse. — Il s'ost fait beaucoup d'affaires, mais leur résultat n'a pas été également satisfaisant pour tous les effets. Les rentes ont éprouvé une baisse assez sensible, que l'on attribue à des ventes considérables faites par M. Trudelle et Petit jeune, agents : quelques observateurs pensent que ces rentes vendues dépendent d'une grande opération dirigée par M. Ledhuy. Le cours des actions de la Banque est très ferme et paraît inclinera la hausse. — o 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 39 francs, 38 fr. 80, 83 ; 59 fr. 38, 80, 39 ; 58 fr.90. Actions de la Banque de France, 1 .i32 Ir. 50 ; 1.135 francs.

(Ai-ch. nat., F^ 3833.

Dubois.

Gazette de France du 7 brumaire : « Paris, 6 brumaire. . ,.M. Grimod de la Reynière prépare sa troisième année de VAlmanach des Gourmands. Il nous promet des morceaux choisis et d'un genre neuf, et surtout un chapitre ])hilosophique sur la partie morale de la gourmandise. Ce que M. Grimod recommande surtout aux auteurs des compositions alimentaires, c'est de lui adresser des échantillons, afin d'asseoir un jugement sain et éprouvé. M. Grimod appelle cela se légitimer auprès de lui. « — « Les deux Jambes, pièce nouvellement donnée au Vaudeville, n'ont pu se soutenir. Le public a tellement maltraité cet ouvrage qu'il y aurait de la cruauté à lui faire de nouveaux n^proches Une autre nouveauté qui a paru hier sur le théâtre de l'Opcra- Comique, et intitulée le Mari colère, a obtenu l)eaucoup de succès. Mais, de même qu'il y a des cabales montées, il y a des succès montés ; et celui-ci ne peut guère s'expliquer autrement. La Femme colère a réussi, il y aj quelques jours au théâtre de l'Impératrice ; le Mari colère a réussi hier àJ rOpéra-Comique. C'est la semaine de la colère, et, pour peu qu'elle continue un peu d'être en veine, d'autres auteurs vont se mettre en colère et nous faire! adopter une foule d'enfants en colère, qui, du reste, n'auront pas grande* peine à valoir leurs autres frères et sœurs. » — <( On prépare en ce moment,.' à l'Opéra, un ballet de grand genre, intitulé Achille à Scyros. Rien n'égale, dit-on, la pompe du spectacle, la richesse des habillements et la magnificence des décorations dans ce nouveau ballet, qu'on doit encore à M. Gardel. On annonce aussi, pour cet hiver, un ballet de la composition do M. Duport. On > apprend avec plaisir que l'administration de l'Opéra vient enfin de s'entendre et de s'arranger avec ce jeune artiste. Il recevra quinze mille francs d'appointements etcent francs de feux ; ce (pii signifie que, si M. Duport danse soixante fois dans le courant de l'année, il recevra, outre ses appointements, soixante

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fois 100 francs, à titre d'indemnité ou d'encouragement. On dit qu'un pareil arrangement a été fait par la même administration avec M'^' Duport, à cela près que les appointements de celle-ci sont fixés à 5.000 francs et qu'on ne lui accordera rien pour ses feux. On suppose apparemment qu'elle pourra se chauffer avec son frère. »

Rapport de la préfecture de pouce du 8 brumaire.

Étranfjers. — M. Doshon, ambassadeur de Suède à Constantinople, qui est àParis depuis deux ans, et qui a épousé une Française, voit très fréquemment l'ambassadeur ottoman, que l'on assure qu'il conseille et dirige. M. Doshon vient de louer une maison de campagne à Bièvre, pour y passer l'hiver.

Ancien Guet à cheval. — On a été informé que le nommé Quilain, écrivain public, ancien secrétaire du Guet à cheval, de Paris, recherchait les anciens membres de ce corps, et en formait des listes. Il a déclaré qu'un nommé Ronot, ancien cavalier du Guet, et actuellement gendarme à pied, à la résidence de Paris, lui avait demandé ces listes et lui avait dit que l'on voulait faire de tous ces anciens militaires le noyau d'un nouveau corps, dont M. Dubois, ancien commandant du Guet, devait être le chef; et qu'en effet il avait déjà fourni à Ronot une liste de plusieurs cavaliers ; qu''il en avait une seconde toute prête, qu'il a déposée, et que les deux listes contiennent ensemble environ quarante individus. Le gendarme Ronot a déclaré qu'il était vrai qu'il avait demandé ces listes à Quilain ; qu'il en avait été chargé par un de ses camarades, nommé Forey, gendarme à cheval. Forey a déclaré à son tour que le sieur Roche, officier vétéran en résidence à Versailles et maintenant détaché à Saint-Denis, lui avait dit qu'il avait vu à Versailles M. Dubois, ancien commandant du Guet ; qu'il l'avait prié de rechercher les noms des anciens cavaliers encore existants et de lui en envoyer la liste ; qu'il n'était entré avec lui dans aucun autre détail. Forey a iijoulé que, le sieur Roche l'ayant prié de recherchcide son côté les anciens cavaliers, il l'avait fait ; que Ronot lui avait déjà remis une liste, mais qu'il ne l'avait point encore envoyée à M. Roche, parce qu'il n'en avait pas eu le temps.

Journaux. — La plupart des journaux font sur la parade du (> de ce mois, et sur le plaisir que le public a eu de revoir l'Empereur après

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une longue absence delà capitale, les rédexionsles plus inléressanles. Tous parlent, avec la même expression de sentiment, de l'alarme qui s'est répandue aussitôt qu'on eut appris l'accident survenu à Sa Majesté'. Jamais, dit le Publiciste, renlliousiasme public n'avait éclaté avec plus de force ; le peuple semblait vouloir se dédommager d'avoir été, pendant quelques mois, privé du plaisir de voir et d'admirer celui sur lequel reposent toutes les espérances publiques. La Gazette de France, le Journal des Débats^ le Journal du Commerce s'expriment à peu près de la même manière. Tous parlent également de la joie universelle qui s'est manifestée à l'Opéra, à la vue de S. M. l'Empereur. Ce qui mit le comble à la satisfaction du public, dit à ce sujet le Courrier des Spectacles, ce fui l'occasion que lui fournit le spectacle de contempler les traits du héros qui gouverne la France et qui étonne l'Europe. « L'Empereur a pu dire comme Lysimaque (dit le Bulletin politique d'après Montesquieu) : « Je suis le chef d'un peuple qui m'aime ; « les pères de famille espèrent la longueur de ma vie, comme celle de « leurs enfants; leurs enfants craignent de me perdre, comme ils crai- « gnent de perdre leur père ; mes sujets sont heureux, et je le suis. » — On remarque dans le Journal de Paris des réflexions très serrées et très énergiques sur la perfidie et l'atrocité du gouvernement anglais dans les ordres qu'il a donnés de s'emparer des bâtiments de commerce espagnols, et sur la prise qui a été faite de vaisseaux de cette nation richement chargés, sans qu'il y ait eu auparavant aucune déclaration de guerre. — ].e Journal du Cofnmerce^ annonce que les Anglais ont encore capturé et conduit à Gowes deux navires espagnols chargés de marchandises. Ces navires sont : le Saint-Joseph et VEspérance. Tous les journaux annoncent en outre que, persistant à violer le droit des gens, l6s Anglais se sont emparés d'un bâtiment hollandais, qui était mouillé dans un port danois^. . .

Bourse. — Les négociations ont été nombreuses, mais malheureusement les rentes ont été constamment offertes et ont éprouvé une baisse plus forte que celle d'hier. L'on ne varie pas sur la cause à laquelle on peut attribuer ce changement : on l'attribue uniquement à

1. Sur cet accident, voir, plus loin, Tarticle du Journal des Débals du !S brumaire.

2. Je n'ai pas pu me luocurer d'exemplaire du Juunial du Commerce pour cette époque. Celui de la Biblioliièque nationale otïre de jurandes lacunes.

:j. Napoléon avait écrit à Fouché, le 7 brumaire an Xlll : 4 Vous verrez dans le Moiiilrur de demain la relation d'un attentat inouï des Anglais contre quatre frégates espagnoles. Faites insérer dans les journaux plusieurs articles, dans le but d'inciter l'Espagne à la guerre et d'indisposer le plus possible les puissances de l'Europe contre l'.Vngleterre. » (Correspondance, l. X, n" sln).

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la nouvelle de la prise faite par les Anglais sur l'Espagne. On remarque dès aujourd'hui, dans le commerce, que l'indigo et la cochenille sont très demandés. — o 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, o8 fr. 25.

Actions de la Banque de France, 1.132 fr. oO.

(Arch. nat., F", 3833.)

Journaux.

Journal des Débais du 8 brumaire : « Paris, 7 brumaire. S. M. l'Empereur est venu à Paris, hier, pour la parade annoncée. Il est arrivé sur les dix heures du matin, et a traversé, au milieu des acclamations, la foule nombreuse qui l'attendait sur les quais et sur les places voisines des Tuileries. Le ciel était, toute la matinée, sombre et couvert de brouillard ; mais on est accoutumé à voir le temps se prêter, pour ainsi dire, à la magnificence des parades ; aussi les nuages étaient-ils dissipés vers les onze heures, et l'éclat du soleil a annoncé une des plus belles journées de l'automne. Une immense réunion d'habitants de Paris, de députés déjà arrivés des déparlements et d'étrangers, couvraient les Tuileries, la place du Carrousel et les environs, tous dans l'impatience de voir celui dont la renommée et la gloire remplissent l'univers. L'Empereur a été facilement reconnu à la simplicité même qui le distingue, et k l'instant les applaudissements, les cris de Vive V Empereur .'se sont prolongés au loin, et ont porté à Sa Majesté le témoignage non équivoque des sentiments de la capitale, organe de l'affection de la France entière. Cette parade offrait, comme les précédentes, le spectacle des troupes les mieux tenues de l'Europe et de tant de braves dont les noms sont honorablement consignés dans nos fastes. Mais ce qui y donnait un nouvel intérêt, c'était la joie de revoir Sa Majesté Impériale après une longue absence, et de lui montrer l'amour, la reconnaissance dont tous les cœurs vraiment français sont pénétrés ; c'était la présence des élèves do l'Ecole militaire de Fontainebleau, récompensés de leurs travaux, de leurs succès, par des grades de sous-lieutenant; c'était ce corps de vélites, où les enfants de beaucoup de fonctionnaires publics, de grands propriétaires, d'hommes distingués dans toutes les classes de la société viennent apprendre, en obéissant, à commander un jour. Un accident a été à peine aperçu par ceux qui n'entouraient pas de très près S. M. l'Empereur. Le cheval (ju'il montait s'est un moment abattu, mais l'Empereur l'a aussitôt relevé sans avoir éprouvé le moindre mal, et a continué à parcourir les rangs avec une gaité qui a rassuré tout le monde. Après la parade, le corps diplomatique a été reçu par l'Empereur, suivant le cérémonial établi, et a eu l'honneur de présenter à Sa Majesté plusieurs étrangers de distinction, parmi ceux que les approches du couronnement appellent en si grand nombre ;'i Paris. Le soir, l'Empereur est allé à l'Opéra où Fou donnait les Bardes. I>a salle a retenti pendant plusieurs minutes des acclamations et des transports du plus vif enthousiasme, dès qu'on l'a remarqué dans sa loge avec S. M. l'Impératrice, qui a aussi partagé, à diverses reprises, les hommages unanimes de la plus brillante réunion. » — « M. Tallien est nommé comndssaire des relations commerciales à Alicanle » — Courrier français du 8 brumaire;

« Paris, 7 brumaire. ...M. Luce de Lancival, professeur de belles-lettres Tome I. 23

[30 OCTOBRE 1804] l'AUlS SUUS L'IiMlMlU': 354

au ci-devanl Prytanée de Paris, va faire paraître incossammcnt un poème épique on six cliaiils sous le litre d'Achille a Scyros. Ouelciues fragments de ce poème ont été vivement applaudis dans diffôrontos sociétés littéraires. Attendons! — « On annonce que la traduction du Paradis perdu, de M. Delille, va paraître. » — « Le poème de la Navigation de M. Esmenard va prendre aussi sa place jtarmi les poèmes didactiques. Il n'est pas encore né, et déj.î la critique s'égaie à ses dépens. » — « M. Verne, de (lenève, parait aussi avoir terminé son poème de la Création. » — « Enfin on annonce, d'un auteur dont le nom ne s'est point encore fait connaître dans nos fastes poétiques, un poème intitulé Supho. Que de richesses ! » — « On imprime actuellement les Mémoires poslliunics et autOQraphes de Marmontel. >>

GLXIII

H BKUMAIRE AN XllI (30 OCTOBRE 1804).

liAI'l'OKT DE LA PRÉFECTURE DE l'OLICE DU 9 BRUMAIRE.

Réunions. — La classe inférieure du peuple ne s'occupe que de ses travaux et des préparatifs du couronnement; elle exerce néanmoins sa critique sur tout ce qui aura lieu à l'extérieur des édifices, lors de cette cérémonie, et se plaint d'avance de ce qu'elle ne pourra rien voir de tout cela.

Franc-maçonnerie. — Les francs-maçons disent que Su Alteste Impériale le prince Louis doit être reçu incessamment grand-maître de la Loge Écossaise, que l'on fait déjà les préparatifs pour celte réception ; ils ajoutent que beaucoup de dignitaires de l'Empire et de grands fonctionnaires publics se disposent à se faire recevoir, et qn'fetifiri cet ordre va recevoir un nouveau lustre et un nouvel éclat.

Journaux. — Le Journal du Soir donne, mais comme non authentique, l'aperçu du plan de la nouvelle Constitution batave tel qu'on le dit arrêté avant le départ de 31. Schimmelpenninck pour Paris. Le gouvernement serait composé d'un président en chef, qui resterait en place un certain nombre d'années, d'un Conseil d'Etat de six ou huit personnes, d'un Corps législatif de vingt-quatre, de préfectures clconseils de préfecture. — Les nouvelles d'Allemagne, données par le Pufjliciste, portent que le comte de Lodron Luterano, ministre pléni[>otentiaire de l'Empereur d'Allemagne en Suède, a reçu ordre de revenir à Vienne, sans délai, sur le refus formel du roi de Suède de rf'coiinaîlre l'empereur d'Allemagne, comme empereur héréditaire d'Aulrielie. Elles portent encnre que IM. de Stahrendjerg,and)assadGur dAiilrielie a l.(tMdres,a reçu ordre de se relirei', s'il ne reçoit pas du

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roi d'Angleterre une réponse satisfaisante touchant la même reconnaissance. On prétend, suivant les mêmes nouvelles, que la cour de Russie a reconnu l'empereur François II en sa qualité d'empereur héréditaire d'Autriche. Elles annoncent enfin que le cardinal Maury sera envoyé à Pétersbourg en qualité de nonce extraordinaire du Pape, pour arranger quelques difFérends survenus entre les deux cours. — Tous les journaux publient, d'après les nouvelles d'Angleterre, qu'une nouvelle conspiration a été découverte en Irlande; que, suivant des révélations, le nombre des personnes engagées dans cette conspiration, était de plus de trente mille; qu'une Commission de soixante-dix juges était formée à Dublin pour juger les coupables. On assure, suivant presque toutes les feuilles, que les princes de Nassau et les princes électoraux de Bade et de Bavière doivent se rendre à Paris pour assister à la cérémonie du couronnement de l'Empereur. — La correspondance de Hambourg donne un extrait du rapport du lord Keith à l'amirauté sur l'expédition des brûlots qui ont été employés contre la tlottille à Boulogne. Cet extrait est ainsi conçu : « Ces coffres ont été faits à Londres ; il y en a encore par centaines dans les magasins, qui peuvent être envoyés au premier signal dans les ports; ils sont d'une invention française, mais qui a été beaucoup perfectionnée ici. » « On parle, dit le Bulletin politique, de quelques changements dans l'organisation des recettes générales de départements. On dit que la recette des arrondissements de chefs-lieux, qui est maintenant réunie à la recette générale, en sera séparée, et qu'il y aura, pour les arrondissements chefs-lieux de départements, un receveur particulier comme pour les autres arrondissements. On dit aussi qu'il y aura quelques changements dans le uiontant des remises et dans la manière de prêter les cautionnements. » Le même Bullelin politique annonce qu'on imprime, dans ce moment, les mémoires posthumes et autographes de Marmontel. Dans les Petites Affiches de ce jour se lit l'impromptu suivant, censé adressé à Monseigneur le prince Louis par les enfants nés des deux cents mères auxquelles des secours doivent être distribués à l'Iiospice de la Maternité, par ordre de Son Altesse Impériale :

Illustre rejeton d'une race adorée,

Soutien d'un trône éblouissant,

Permets à notre âme enivrée

Un juste et doux épanchcment.

Avec ton premier jour, ta bonne et tendre mère

Fit pour nous briller les bienfaits.

Pourrons-nous oublier jamais

(Ju'en naissant tu fus notre père ?

[31 OCTOBRE 18041 l'A lus SOIS I.EMPIIŒ 3îi6

On remarque, dan-s U: Journal du département de riUe-el-Vilaine, un article plein du meilleur esprit, à l'occasion de la revue qui a été faite, à Rennes, du détachement de ganies nationales qui doit se rendre à la fête du couronnement. On distingue surtout cette phrase : « Le 18 brumaire an Ylll fut pour le peuple français le jour de l'espérance : le jour du couronnement sera celui des espérances réalisées ; ce sera le grand jour d'un pacte social éternel, celui où la grande famille des Français célébrera sa réunion sous un chef qui a cicatrisé toutes les blessures et rétabli l'ordre social sur ses véi'ilables bases. » LcCoiirricr des Spectacles publie une lettre très virulente de .M. Etienne, auteur dramatiijue, contre M, Geoiïroy, rédacteur du feuilleton du Journal des Débats : il reproche à la l'ois au journaliste vénalité, partialité, bassesse, gourmandise, etc. . . .

Bourse. — L'inquiétude que la nouvelle d'hier avait jetée sur la

place n'a pas produit reflet que l'on craignait. Dès l'ouverture du

parquet, la baisse des rentes a paru ariêlée, les demandes se sont

multipliées et le cours s'est un peu rétabli. Les actions de la Banque se

maintiennent parfaitement. Les deux articles de marchandises qui

étaient très demandés' hier ont éprouvé un peu de baisse; les autres

ne varient point. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire an XIII, 58 fr. 15,

58 francs, 57 fr. 90, 58 francs, 57 fr. 90, 58 francs. Actions de la

Banque de France, 1.135 francs.

Dubois.

(Arch. nat.. F', 3833.)

RaFTOBT de la l'RÉFliCTUHK Dli POLICE DU 10 BKUMAUŒ.

licunions. — On r;i))porte que M. de flravina el MM. Michel disent avoir reçu d'Espagne des nouvelles portant que la prise, l'aile par les .\nglais est beaucoup plus considérable qu'on ne l'avait cru d'abord el qu'elle s'élève à près de 240 millions, dont une parlie était, disentils, destinée pour la France. Cette nouvelle perliMie du gouvernement anglais a fait monter l'indignation à son co.nblc.

Commerce. — La faillite et la disparition de l'agoni de change Johannot* produisent i)eaucoup d'effet parmi les gens d'affaires et

1. I,'inili;i;(t et l/i luilicnillc. N'oir plus iiuiil, p. 3;J3.

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