Vnir i)liis haut, p
3îi9 PARTS SOUS L'EMPIRE [2 novembre 1804]
donner à S. M. l'Empereur, dans la grande circonstance du sacre et du couronnement, des témoignages de zèle et de dévouement. Tous ceux qui n'y sont pas spécialement appelés aspirent à y prendre part, dans un concours libre et volontaire. Les jeunes gens, heureux du privilège que leur âge leur assure, de recueillir la réalité de toutes les espérances qui s'ouvrent devant nous, sollicitent à l'envi l'honneur d'orner le triomphe et le bonheur de se presser autour du triomphateur. C'est de la réunion de ces sentiments que s'est formé en eux le désir d'offrir à l'Empereur une garde d'honneur à pied et à cheval sous le commandement d'un jeune général, M. de Beauharnais, dont le choix a dû, à des titres si légitimes et si naturels, s'offrir à eux spontanément. Ce sera, comme à Rome, le prince de la jeunesse célébrant dans le cirque, à la tête des jeunes Romains, les jeux troyens à l'honneur d'Enée, comme fondateur de leur empire. Déjà se forme cettre troupe d'élite, qui se fera non moins remarquer par sa bonne mine, la beauté de l'équipement, l'élégance des uniformes que par son généreux enipressement. » — « Une nouvelle voiture, qu'on dit appartenir au prince Louis, attire les regards des curieux et des amateurs. Les fonds de la caisse sont d'un bleu lapis, mais ce travail est si précieux, que nous ne pouvons nous faire une idée de la patience de l'artiste. Des demi-teintes et des veines d'un or foncé sont jetées çà et là ; d'autres, d'un or plus brillant, renforcent les premières et semblent les cacher sous des cailloux artisteraent groupés. Le lapis-lazzuli est toujours mélangé de veines blanches et vertes, ce qui donne un jaspe peu agréable. En n'imitant pas servilement cette bigarrure, on voit que l'artiste a tout sacrifié à l'effet et à l'harmonie... » — Journal des Débats du 11 brumaire : « Paris, 10 brumaire. ...On exécute en ce moment la gravure du couronnement. Voici le programme. Dans un temple de la plus belle ordonnance, Napoléon, revêtu de la pourpre impériale parsemée d'abeilles d'or et de diamants, est couronné par la Victoire empereur des Français ; la Justice et la Clémence sont à ses côtés. Sur un autel antique, orné d'un bas-relief représentant la Piété, la Bienfaisance et l'Humanité, la Religion tient l'évangile sur lequel Sa Majesté Impériale prête serment au peuple français en présence des grands dignitaires de l'Empire. La France, couverte d'un manteau d'azur semé d'étoiles d'or, offre à l'Empereur le sceptre et la couronne impériale. Les préfets des départements présentent les registres qui contiennent le vœu du peuple pour l'hérédité. La légion d'honneur, son drapeau déployé, préside toute l'armée, rangée en ordre de bataille »
GLXYI
H BRUMAIRE AN XIII '2 NOVEMBRE 1804j.
MlMSTKIU-: DE LA POLICE OÉNÉKALE. — BULLETLN DU 12 BRUMAIRE.
Surveillance de la librairie. — M. Fonvielle, auteur des £"55025 historiques, critiques, etc.. sur Vétat de la France, qu'il se propose de publier, ne paraît pas disposé à faire à son ouvrage les suppres-
[2 NOVK.MHBE 1804] PARIS SOUS L'EMPIRE 360
si(jns et chaiigeiuenls qui lui oui été indiqués. Prescrire à l'auteur de se soumettre à ces changements ou empêcher la publication de l'ouvrage • .
Surveillance des étrangers. — Le préfet de police rend compte qu'il fait surveiller soixante-neuf individus, venant de l'Ouest, et vingt amnistiés, venant des déparlemenls. 11 annonce aussi que la même mesure sera prise à l'égard de sepl aulics individus, qui lui ont été signalés comme exagérés par les conseillers d'F^lat des l»', 2" et 3« arrondissements, et qui doivent arriver incessamment a Paris. . .
Libelle. — On assure qu'il circule une satire en vers intitulée : Allons planter nos choux, laquelle paraît avoir pour but d'aigrir le mécontentement des officiers réformés. Vérifier si cet écrit existe, le
faire saisir et en rechercher l'auteur
(AiTh. nat., AFiv, 1491.)
Rapport de la préfecture de police du même jour.
Le nommé Charlier, arrêté comme prévenu d'être complice du V(d des antiques de la Bibliothèque impériale, a fait enfin des aveux positifs ; il a déclaré que, ruiné dans son commerce de toiles, il avait résolu de s'arracher à la misère par un grand coup, qu'il s'est enrôlé dans le 2* régiment de la garde municipale dans l'espérance de trouver un complice, qui pût l'aider dans le vol qu'il méditait de faire à la Bibliothèque, et qu'en effet, après s'être ouvert à un soldat du même corps, nommé Girault, celui-ci lui promit de le seconder ; que c'est Girault qui s'est introduit dans la Bibliothèque par la fenêtre à l'aide d'une perche et d'une échelle de corde, tandis que Charlier faisait le guet dans la rue ; que le vol a été partagé entre trois, savoir: ces deux-ci et un nommé Minet, leur associé. Charlier a eu pour sa part deux calices, l'un d'agate orientale et l'autre de jaspe, connu sous le nom du calice de l'abbé de Saint-Galles, et enfin, un va>e d'agate orientale du plus grand prix. 11 a mis les deux premiers objets en gage, en Angleterre, pour 1.000 francs ; (juant au troisième, il a dit l'avoir enterré à Saint-Gobain, son pays, et qu'il ne le livrerait point sans l'assurance de sa liberté et d'une réc(jmpense pécuniaire. 11 a ajouté enfin que c'était lui qui avait placé le baril de poudre trouvé dans la Bibliothèque six mois avant son vol; que son intention avait d'abonl été d'y mettre le feu et de profiter du tumulte pour faire son coup;