‹ Paris sous le premier empire: recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 96 sur 221 · Ces [luiiils suspensif!; se Irouvfnl ilaus lori^rinal · texte numérisé non relu

Ces [luiiils suspensif!; se Irouvfnl ilaus lori^rinal

401 PARIS SOUS L'EMPIRE [22 novembre 1804]

— On fait courir le bruit que le Mont-de-Piété a fait un prêt de 800.000 francs au gouvernement.

Journaux. — On trouve, à quelques modifications près, dans les journaux d'aujourd'hui les mêmes nouvelles que celles données par les journaux de la veille, fi-es articles /Tamôour^ et Londres sont les seuls qui présentent une sorte de nouveauté, mais on n'y remarque d'intéressant que le paragraphe suivant : « On écrit de Pétersbourg qu'on y a la plus grande espérance que le différend qui s'est élevé n'aura pas de suite sérieuse, et que les deux cabinets feront réciproquement tout ce qui sera en leur pouvoir pour le maintien de la paix du continent. » On lit ensuite que le secrétaire de légation espagnole est sur le point de quitter la Russie. Suivant une autre partie du même article, le nombre des malheureux privés d'habitation à Gothembourg est de sept à huit mille. On trouve dans le Journal des Débats un extrait des papiers anglais jusqu'au 7 novembre. On y distingue les passages suivants pris dans le Moraing Chronicle : « On assure, nous ne savons sur quel fondement, que les frégates espagnoles, si maltraitées à Sainte-Marie, vont être réparées et rendues à l'Espagne (et le Moryiing annonce ne pas concevoir comment cet arrangement pourrait avoir lieu). 11 est probable, dit-il ensuite, que les ministres aperçoivent aujourd'hui les fatales conséquences de leur conduite envers l'Espagne, et qu'ils sentent enfin qu'ils ne pouvaient pas faire, dans les conjectures actuelles, une diversion plus favorable à Bonaparte qu'en violant ainsi, avec scandale, les lois les plus sacrées des nations. Le même journal anglais annonce, d'après des lettres reçues de la Chine, que l'Empereur a failli être assassiné, qu'un coup de poignard lui fut porté au milieu de ses courtisans, et qu'il aurait été tué, si un mandarin n'eût arrêté le bras du meurtrier. On ne trouve, dans les feuilles, aucune nouvelle de l'intérieur qui ait paru susceptible d'attirer particulièrement l'attention. . .

Bourse. — On s'est occupé de la liquidation plus que de nouvelles afl'aires, et le cours des rentes a été constamment en baisse. Soit prétexte ou raison, on a employé, pour justifier cet état de choses, les moyens usités ordinairement en liquidation. On a prétendu que l'on n'avait donné que des noms de dépôt, et qu'en conséquence les rentes levées reparaîtraient incessamment sur la place et feraient la baisse. — 5 0/0, jouissance de vendémiaire, 59 fr. 20, 10, 20, lo, 05 ; 59 francs, 58 fr. 90, 59 francs.

Dubois.

(Arch. nul., F', 3833.)

TuME I. '2b

[22 .NOVEMBRE 1804] PAUIS sous L'EMPIRE 402

Journaux.

Gazette de France du 2 frimaire : « Paris, /" friinaire. .. .Les travaux de Notre-Dame se poussent avec une grande activité. La charpente elles menuiseries sont entièrement achevées, et l'on peut dès à présent juger l'ensemble des distributions. Chacune des quatre galeries qui forment les bas côtés du rez-de-chaussée de la nef est occupée par deux étages de gradins, qui forment entre chaque entrecolonncment de la nef un amphithéâtre de quatre étages : chaque étage se compose de quatre rangs de banquettes et d'un espace vide à peu près égal à celui occupé par les banquettes. Au pourtour du chœur dont la clôture est conservée, et je crois même élevée de quelques pieds, deux étages de gradins occupent aussi les entrecolonncments à partir du haut de la cloison de clôture jusqu'au sommet de la voùle de la galerie attenant au chœur, l'autre galerie étant entièrement vide. Les galeries d'en haut sont également occupées par deux étages de gradins formant amphithéâtre, comme au rez-de chaussée. De larges couloirs pratiqués en tout sens dans l'intérieur de cette vaste charpente faciliteront la circulation et donneront tous les moyens d'établir et de maintenir l'ordre convenable dans une aussi auguste cérémonie. Dans la nef, à peu de distance de la porte, s'élève un massif haut de plusieurs pieds, un arc de triomphe que l'on traverse au moyen d'une rampe de degrés placée à chacune de ses faces ; c'est là que sera le trône en regard avec l'autel : sur chacune des faces de cet arc de triomphe, qui est entièrement achevé, on lit ces mots : Napoléon empereur. Honneur et Pairie. Au dessus sont placées les armes de l'Empereur, composées, telles qu'on les voit au sceau de l'État, d'un aigle d'or sur un champ d'azur, entouré d'une chaîne à laquelle est attachée la grande étoile do la Légion d'honneur ; derrière l'écu et sur le manteau d'hermine qui lui sert de fond sont placés, en croix, la main de justice et le sceptre, dont l'extrémité est ornée d'une figure en pied de l'empereur Charlemagne. En haut de l'écu, un casque d'or ouvert, et par dessus la couronne impériale, formée de plusieurs branches, qui forment, en se réunissant, une espèce de tiare, terminée par une croix. Cet arc de triomphe est encore orné d'un grand nombre de trophées, de figures, de génies et de victoires... » — « La représentation donnée hier à l'Opéra au bénéfice de Mademoiselle Coulon a été très brillante, et ce n'a été qu'en partant du spectacle qu'on s'est aperçu qu'il avait duré longtemps II était plus de minuit. Si Duport n'avait pas dansé dans les deux ballets (|ui ont précédé et suivi la tragédie de JJajuzel, on aurait peut être trouvé de trop le Retour de Zéphir. Mais cet artiste danserait quarante-huit heures de suite, que tous les spectateurs oublieraient de regarder à leurs montres. L'Empereur est arrivé au commencement du quatrième acte de Bajazet. Il était accompagné de trois de ses officiers généraux et vêtu de son uniforme favori : celui d'officier de la garde nationale. Lors([u'il est entré dans sa logo une acclamation générale nitMéo d'apiilaudissements, s'est fait entendre. Sa Majesté a répondu à ces témoignages de la satisfaction du public, par un salut gracieux. Pendant les quinze ou vingt minutes qu'a duré le changement des décorations entre la tragédie et le ballet de la ûansomanie, les loges qui sont en face de celle de l'Empereur ont été comme assiégées par une foule de personnes qui avaient quitté leurs places, du côté opposé de la salle, pour chercher à voir Sa Majesté. Parmi elles on

403 PARIS SOUS L'EMPIUE [23 novembre 1804]

remarquait beaucoup d'étrangers. L'Empereur s'est retiré à plus de onze heures, après le premier acte de la Dansomanie. Sa sortie a été marquée par les mêmes applaudissements que son entrée... » — Courrier français du 2 frimaire : ((Paris, Z^"" frimaire. ...La Comédie française ne donne aucune communication des travaux auxquels elle se livre dans ce moment pour attirer le public; mais l'on peut assurer que les mémoires des tragédiens et des comédiens sont mises en réquisition, que les congés sont suspendus et que les répétitions commenceront à être fréquentes. L'on voit aussi que les querelles intérieures se disposent à s'éteindre. Ainsi, à ce théâtre, comme partout, la paix ramènera V abondance. ■» — Publiciste du 2 frimaire : « Paris, yer frimaire. . . .Ce n'est qu'aujourd'hui que S. M. l'Empereur est parti pour Fontainebleau. On écrit que Sa Sainteté pourra y être rendue demain vendredi. Voici du moins ce qu'on lit à ce sujet dans une lettre de celte ville, écrite hier matin : « On espère que Sa Sainteté, apprenant que S. M. l'Empe- « reur est à Fontainebleau, ne couchera point à Nemours, comme il est réglé « par son ordre de marche, et qu'elle accélérera ainsi le moment de son « entrevue avec Sa Majesté »

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Ministère dk la police générale. — Bulletln du 3 frimaihe.

...Ordre public. — Les cabarets de Vaugirard sont désignés comme le rendez-vous habiluel d'une troupe de filles publiques et de mauvais sujets, et comme le théâtre d'une foule de rixes entre les militaires et les autres personnes qui s'y trouvent. Surveiller avec soin ces maisons.

(Arch. nat., AF iv, 1491.)

Rapport de la préfecture de police du même jour.

La situation de Paris est extrêmement satisfaisante. L'approche du sacre et du couronnement de S. M. l'Empereur électrise tous les cœurs. Les députés sont enchantés de tout ce qu'ils vitient ici. Ils sont animés du meilleur esprit, et ils ne parlent de Sa Majesté qu'avec enthousiasme. Les obsci'vations faites dans les réunions publiques, et surtout dans celles fréquentées par les ouvriers et par le peuple, présentent les meilleurs résultats.

Journaux. — On remarque à peine, dans les feuilles de ce jour, quelques articles qui portent le caractère de la nouveauté. On mande de Strasbourg que le résultat d'un arrangement entre la France et la

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