SAINTE-MADELEINE
En i 1 83 , Philippe-Auguste chassa les Juifs du royaume, confisqua leurs biens, annula leurs créances , et fit convertir le» synagogues en églises (b). L'église de la Madeleine fut une de celles qui s'élevèrent sur les ruines d'un temple du culte israélite. Pierre le Chantre (c), contemporain de cet événement , le dit d'une manière formelle dans sa Somme de théologie : « Sept « clercs veulent constituer, sous l'autorilé de l'évëque, une communauté spi- « rituelle dans l'église de la bienheureuse Marie Madeleine, oit fut la syna- « gogue des Juifs. » L'église de la Madeleine ne remontoit donc pas au-delà de l'année 11 83. Elle dut être érigée en paroisse presque immédiatement après sa fondation, s'il faut en croire l'abbé Lebeuf, qui dit avoir vu un pouillé de Paris, écrit au commencement du xui* siècle, où l'église de la . Madeleine est mise au nombre de celles dont l'évëque conféroit les cures de plein droit (d). Elle étoit certainement paroissiale en 123a, époque où le curé qui la desservoit étoit qualifié d'archi-prétre dans les archives de Saint- Magloire («?).
J'ai déjà dit que la paroisse de Saint-Denys-de-la-Chartre, transportée d'abord à Saint-Symphorien , fut ensuite attribuée à celle de la Madeleine; on y adjoignit aussi, en 1747» les deux paroisses de Saint-Christophe et de Sainte-Geneviève-des-Ardents, et cette nouvelle adjonction nécessita des agrandissemens assez considérables dans l'édifice de la Madeleine. On y travail-
la) Jaillot, t. I , quartier de !a Cité , p. 63.
(b) Guill. le Breton, Philippide, chant I, trad. de M. Guizot,p. 20.
(c) Histoire du diocèse de Paris, 1. 1, p. 344-
(d) Lebeuf, tome I, p. 345.
(e) Ibid., p. 346. — Jaillot, tome I, quartier de la Cité, p. 5t).
loit en 174g. Il reste à peine aujourd'hui quelques vestiges de cette ancienne église qui a été détruite au commencement de la révolution de 1789.
En 1 292 , la Madeleine n'avoit des paroissiens que dans les rues des Marmousets , de la Licorne et de la Juiverie.
Halle de Beauce. — 11 y avoit encore en i552 , dans la rue de la Juiverie , une halle composée de dix-neuf maisons , appelée Halle de Beausse (a). Une rubrique du rôle de i3i3, que j'ai citée ailleurs, la Jurie emprèsla Haie, prouve qu'elle existoit déjà au commencement du xiv° siècle. Elle étoit encore bien plus ancienne s'il faut s'en rapporter à .Ta i I lot et au commissaire Lamare (b) ; car, d'après ce dernier, Philippe-Auguste en auroit fait don à son échanson qui l'auroit échangée avec un chanoine de Notre- Dame : elle devint, en i3 16, la propriété du chapitre.