SAINT-MARTIAL
L'histoire de la paroisse de Saint-Martial est tellement liée avec celle de
(a) Corrozrt, fol. g, recto.— Saurai, liv. II, p. 57. — Traité de la Police, tome II, p. 727. p. i45. (c) Jaillot, ibid., p. 160.
(b) Jaillot, tome I , quartier de la Cité, (</) Lebeuf, tome I, p. 353.
ET STATISTIQUE. 4i7
l'ancienne abbaye de Saint-Éloy, que j'ai dû réunir dans un même article le peu que j'ai à dire de l'une et de l'autre.
Saint Éloy, qui vivoit sous les rois Glotaire et Dagobert, bâtit ou plutôt rebâtit («), dans la Cité, une église sous le titre de Saint-Martial. Il en fit un monastère de filles sous la conduite d'une abbesse nommée Aure, qui, dans la suite, fut mise au nombre des saints. L'enceinte du monastère de Saintr-Martial, car tel est le nom qu'il portoit dans le principe , comprenoit tout l'espace borné aujourd'hui par les rues de la Barillerie , de la Calandre, de la Cité et de la Vieille-Draperie. Dans cette enceinte, on avoit construit, selon l'usage, plusieurs petits oratoires, qui plus tard devinrent des églises paroissiales,- telle fut l'origine des églises de Sainte-Croix et de Saint-Pierredes-Arcis.
Après la mort de saint Éloy, l'abbaye qu'il avoit fondée prit son nom , qu'elle porta d'abord conjointement avec celui de Saint-Martial. Dans la suite, le nom du fondateur prévalut, et l'abbaye, à la fin du ix" siècle, n'étoit plus connue que sous le nom de Saint-Éloy.
Vers l'an ! 107, le relâchement, qui s'étoit introduit parmi les religieuses, fut porté à un tel point que l'évêquedc Paris se vit obligé de les disperser. Le monastère avec toutes ses dépendances fut donné, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, à l'abbaye de Saint-Pierre-desFossés, dite depuis Saint- Maur-des-Fossés. En na5, l'abbé de Saint- Maur ne crut pas devoir le garder plus long- temps; il eu fit de nouveau l'abandon à l'évéque de Paris.
C'est après cet abandon que Jaillot (b) place la construction de l'église de Saint-Martial. La grande église du monastère de Saint-Éloy tomboit en ruines. Elle fut coupée en deux par une rue ou passage public, qu'on appela depuis la Çavaterie ou la Chavétrie , et qu'on nomme aujourd'hui rue Saint-Éloy. Sur l'emplacement de la nef et du choeur, on ouvrit l'impasse Saint-Martial, qui fut d'abord bien moins longue qu'elle ne l'est aujourd'hui , et l'on construisit l'église de Saint-Martial à l'extrémité orientale du cul-de-sac du même nom (c). C'est aussi vers la même époque qu'où dut ériger la nouvelle église en paroisse, en même temps que Saint-Paul, Sainte-Croix, et les autres églises dépendantes de Saint-Éloy.
En 1 134, l'abbaye de Saint-Éloy fut rendue aux moines de Saint-Maur, qui la conservèrent jusqu'en i53o, époque où l'abbaye de Saint-Maur avec
(a) Saint Ouen , qui a écrit la vie de saint (Â) Tome I, quartier de la Cité, p. i!\ ■ Éloy, son ami , se sert des mots otdificavil (c) Corrozet, fol. 38, verso.
toutes ses dépendances fut réunie à l'évéché de Paris. L'église de l'ancien couveut de Saint-ÉIoy fut desservie quelque temps par des prêtres séculiers. Mais, en 162g, l'archevêque de Paris la donna aux clercs réguliers de la congrégation de Saint-Paul, connus sous le nom de Barnabites. Sur l'emplacement de cet ancien couvent, s'élève aujourd'hui un bâtiment neuf, destiné à recevoir le dépôt des papiers inutiles de la Cour des Comptes et des greffes du Palais.
Quant à l'église paroissiale de Saint-Martial , elle a subsisté jusqu'en 1715. On avoit projeté de la rétablir, et des fonds avoient même été préparés pour cela; mais soit que ces fonds aient été dilapidés, soit qu'on attachât peu d'importance à cette paroisse à cause de son peu d'étendue , l'église fut démolie, et les paroissiens attribués à celle de Saint-Pierre-des-Arcis , en 1722.
Je ne trouve pas, dans notre manuscrit , que la paroisse de Saint-Martial ait eu des paroissiens ailleurs que dans la rue Saint-ÉIoy, la rue aux Fèves et celle de la Juiverie.