LA PAROISSE SAINT-PIERRF-AUX-BOEUFS
Note i , Page i45.
L'église de Saint-Pierre-aux-Bœufs existe encore dans la rue de ce nom , un peu au-dessus de l'angle oriental formé par cette rue et la rue du Goitre- Notre-Dame; on en a fait un dépôt de mannes et de paniers. Les murailles du chœur se voient encore dans l'impasse Sainte-Marine ; mais les vitraux ont disparu des fenêtres. Le portail existe en entier dans la rue Saint-Pierreaux-Bœufs ; ses sculptures attestent une assez haute antiquité.
Je suppose que les contribuables nommés sous cette première rubrique , sans aucune indication de la rue qu'ils habitoient , appartiennent à la rue des Marmousets dont une partie, au témoignage de l'abbé Lebeuf (d), étoit comprise dans la paroisse Saint-Pierre-aux-Bœufs.
(a) Lebeuf, tome I , page 577. (c Voy. lome I, quartier de la Cité, p. ao5.
{/,) Page 4f. (d) Tome I, page 5 1 5.
Note 2, Page 146.
C est la court Ferri de Paris , du degré des Marmosez enlour Cocatrii
et devant.
Nous apprenons de Sauvai (a) que la rue des Trois-Canettes s'est nommée autrefois la rue de la Pomme ou la Court-Ferron , soit que la rue entière ait porté en même temps ou successivement les deux noms , soit que chacun d'eux ait été appliqué à une division particulière de la même rue. Je ne pense pas qu'on puisse alléguer la légère différence qui existe entre les deux dénominations Court-Ferron et Court-Ferri , comme une raison de croire que ces deux noms désignoient deux localités différentes. Voyons maintenant si les circonstances qui accompagnent l'indication de la Court-Ferri , dans notrq rubrique , sont applicables à la rue des Trois-Canettes.
Dans un recueil de transactions passées entre le Roi et le prévôt de Paris d'une part, le doyen et le chapitre de l'église de Paris de l'autre (£), je trouve, sous la date de i3oo, la mention suivante : Domus Coquatricis contigil domui Marmosetarum. Yavoit-il réellement deux maisons portant, l'une le nom de Cocatrix , l'autre celui des Marmousets? Le passage que je viens de citer, combiné avec notre rubrique, ne peut laisser le moindre doute à cet égard. Ces expressions: du dkgré des Marmosez f. n tour Cocatriz et devant, ne peuvent guère s'expliquer si on veut que, dans cette phrase, il soit question des rues Cocatrix et des Marmousets. On les comprend parfaitement, au contraire, si elles s'appliquent à deux maisons. Ces maisons dévoient donner dans les rues dont elles portoient le nom ; ainsi la Court- Fërri, qui partoit du degré des Marmousets, c'est-à-dire de l'entrée de la maison qu'on appeloit Domus Marmosetarum, devoit aboutir dans la rue des Marmousets. Or, les aboutissans de cette rue au midi (c) sont la rue de la Licorne , que nous avons déjà trouvée sous le nom de rue aus Oubloiers; la rue Saint-Pierre-aux-Bceufs, qui portoit le même nom en 1292; la rue des Deux-Hermitcs, qui s'est nommée tantôt rue Cocatrix, tantôt rue de la Confrairic Notre-Dame (d); et enfin la rue de Perpignan, dont je n'ai trouvé aucune mention ni dans notre manuscrit, ni dans le rôle de i3i3,
(a) Livre II , page 122.
(A) Sauvai, Preuves des Antiq., p. 78.
(c) Je ne parle pas des rues qui aboutissent, au nord, dans la rue des Marmousets , parce
que la court Ferri étoit au midi de cette rur. Voir la paroisse Saint-Christophe, note 2.
(d) Voir les anciens plans , et Guillot d« Paris dans Lebeuf, tome I, p. 595.
3o6 WOTES.
ni dans le poème de Guillot de Paris. Je ne vois donc que la rue de Perpignan qui puisse représenter la Court-Ferri. Jaillot (a) prétend , il est vrai, que c'est la rue des Deux-Hermites qu'on appeloil la Courte Ferri : mais je n'ai trouvé nulle part cette désignation énoncée de manière à pouvoir s'appliquer à la rue des Deux Hermi tes. Guillot de Paris appelle la rue des Deux-Hermites rue de la Confrairie Notre-Dame , et c'est sous le même nom qu'elle est mentionnée dans les plus anciens extraits des Comptes et Ordinaires de la prévôté de Paris (b). Plus tard elle prend le. nom de rue Coca tri x, et ce n'est qu'au xvi* siècle qu'elle commence à être désignée sous le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Sauvai a vu un titre de i5a5 où elle est ainsi nommée, rue des Ilermites, alias Coquatrix (c).
Mais pour passer entour et devant une maison qui donnoit dans la rue Cocatrix , la rue de Perpignan ou la Court-Ferri devoit nécessairement se prolonger vers le sud, en changeant de direction et inclinant un peu à l'orient, c'est-à-dire que la rue des Trois-Cauettes , dans laquelle aboutit au midi la rue de Perpignan, et, un peu plus bas, la rue Cocatrix, portoit ainsi le nom de Court-Ferri.
En résumé, je suis fondé à croire que la rue de Perpignan et la partie inférieure de la rue des Trois-Canettes ne faisoient anciennement qu'une seule et même rue qu'on appeloit la Court-Ferri. Dans celte hypothèse, le uora de rue de la Pomme pouvoit s'appliquer au bout occidental de la rue des Trois-Canettes, qui débouche dans la rue de la Licorne.
Note 3, Page 146.
Ci commence Sainte-Marine.
Cette paroisse étoit si peu étendue que le recensement en a été compris dans celui de la paroisse de Saint-Pierre-aux- Bœufs. Le rôle de 1 3 1 3 (d) contient pour Sainte-Marine un chapitre particulier ; toutefois il n'attribue à cette paroisse que trois contribuables, payant ensemble quatre livres treize sols et huit deniers d'impôts. L'église de Sainte-Marine étoit située un peu au nordest de celle de Saint-Pierre-aux-Bocufs, au fond du cul-de-sac qu'on nomme encore aujourd'hui impasse Sainte-Marine. L'entrée en est actuellement murée jusqu'à hauteur d'homme, le reste est fermé avec des barreaux de fer h travers lesquels on aperçoit encore les arceaux de la voûte. On a conservé dans son entier cette petite église dont le local est occupé par un teinturier.
(a) Tome I , quartier de la Cîte\ p. » 55. (c) Preuves , p. 79.
(A) Sauvai , «orne III , p. 259 et stiiv. (J) Page i45.
NOTES. 3o7 LA PAROISSE SAINT-CHRISTOPHE.
Note i , Page 146.
L'église Saint-Christophe étoit bâtie à l'angle de la rue Saint-Christophe et de la place du Parvis Notre-Dame.
Note 2, Page 146.
La rue de Charrori.
Ni Sauvai, ni l'abbé Lebeuf, n'ont essayé de fixer la position de cette rue. Dans le rôle de i3i 3, la première rubrique de la paroisse de Saint-Pierreaux-Bœufs est ainsi conçue (a) : Commance de la porte du Cloîstre jusques au coing de Charrori; et dans les transactions entre le Roi et l'église de Paris, que j'ai déjà citées, je lis la mention suivante, sous la date de l'an 1 ao3 (h): Domus in vico Charroci{c),faciens cuneumvici vocati laCour-Ferri. Voilà donc deux limites de la rue de Charrori fixées d'une manière précise : d'un côté, le coin de la rue Saint-Pierre-aux-Bceufs, vers le cloître de Notre-Dame ; de l'autre le coin de la rue des Trois-Canettes. Ainsi la rue de Charrori est aujourd'hui représentée par l'extrémité orientale de la rue Saint-Christophe.
Jaillot !>/) attribue la désignation de Charrori, ou Charauri, à la rue de Perpignan; mais il seroit impossible de concilier cette opinion avec la rubrique du rôle de i3i3 que je viens de citer, et avec cette mention si précise, que m'a fournie Sauvai : Domus in vico Charrori , faciens cuneum vici vocati la Cour-Ferri, surtout si l'on vouloit admettre, avec Jaillot lui-même, que la Cour-Ferri fût aujourd'hui représentée par la rue des Deux-Hermites.
Note 3, Page J47.
La rue a us Oës, au chevez Saint-Christofle.
Cette rue n'est désignée ni dans le poème de Guillot de Paris, ni dans le rôle de 1 3 1 3! Je crois cependant que ce rôle l'a comprise implicitement
(a) Page 146. ment ressemUans. Dans Corrozet, fol. 190,
(6) Sauvai , Preuves , page 78. verso , la même rue est nommée rue des
(c) C'est évidemment le même nom que Champs-Rouziers.
Charrori. Il n'y avoit pas dans la Cité deux [d) Tome I , quartier de la Cité, p. 1 55.
rues qui portassent des noms aussi parfaite-
sous la rubrique suivante (a) : Devant le parvis , en ce renc et la ruelle darrières. Cette rue aux Oies devoit se trouver h l'orient de l'église et, par conséquent, sur l'emplacement actuel de la place du Parvis Notre-Dame.
Note 4, Page 147.
La rue du Sablon.
La rue du Sablon est renfermée aujourd'hui dans les hâtimens de l'Hôtel- Dieu. C'étoit une petite ruelle tortue, étroite, presque aussi longue que la rue Neuve Notre-Dame, et qui passoit entre cette dernière rue et l' Ho tel-Dieu , le long et à côté d'une grande salle de cet hôpital, appelée salle du Légat (h). Je la trouve encore marquée sur les plans de 1788 et de 1792, mais fermée par les deux bouts.
Il existoit encore, devant l'église Saint-Christophe, une petite rue conduisant de la rue Saint-Cristophe à la rue Neuve Notre-Dame, et que le rôle de i3i3 désigne sous le nom de ruelle Saint- Christofle (c).
Je trouve dans le même rôle le porche VEvesque, qui est sans doute aujourd'hui la rue de l'Évéché, nommée rue de VÊvéque dans le plan de JaiMot, et le port VÊvesque, qui devoit être au bout méridional de la rue nommée le porche VÊvesque , et seroit aujourd'hui représenté par les abords du pont aux Doubles, du côté de l'église Notre-Dame.