ACTE DEUXIÈME il
LB GHBVALIBR.
D(^jà? Elle est dans le mouvement.
ADHÉKAR.
C'est toute une histoire.
LE CHEVALIER
Commence par la fin moi aussi, je suis dans le mouvement!
ADHÉVAR.
^abrégerai. J'arrive Choj5 Mustctiflûle une 'demi-heure
après elle m'avoue que ses chevaux manquent de pain cl
qu'il faut dix mille francs pouf le marchand de fourrage
LE CHEVALIER
C'était raide!
ADHÉMAR
Je cours chez notre banquier, j'y prends la somme et me
Voilà chez Muslenflûte. Sa femme de chambre vient m'ouvrir.
Hemets ceci à là maîtresse, lui dis-je! et supplie-la de me
irecevoir, et je lui donne les billets de banque... la soubrette
disparaît et revient aussitôt. « Madame, me dit-elle, remercie
htien M. le comte, mais elle n'est pas visible... elle a du monde,
le notaire de sa famille. » Vous comprenez? on a beau être do
Carpentras, on sait ce que ça veut dire.
LE CHEVAL 1ER femonte et ta s'asseoir A gauche*.
Ah I que tu es long, mon ami.
ADHÉBfAR, en passant à droite.
«-Soyons gentilhomme ! » me dis-Je, et immédiatement, je me fais conduire chez un bijoutier de la Chaussde-d'Aniin, Perr^e, je crois, pour achètera Mustenflùle, le bracelet de rupture... J'entre et je la vois
LE CHEVALIER
Muslenflûte?
ADH^.ttAR.
Héloïse de Yermisel... quels yeux, quels cheveux, quelles dents... et un pied... on en mettrait quatre comme celui-là dans une de vos bottes.
* Le Chevalier, Adhémar.
LE CHEVALIER
Merci, mon ami, merci bien !
ADHÉMAR
Le hasard nous fait marchander le même bracelet... Je le lui
cède, j'en choisis un autre... nous causons elle est veuve.. .
elle est libre, elle est belle... elle ne sortira pas ce soir,., elle vous attend, allez mettre un habit noir, et allez lui demander sa main.
LE CHEVALIER
Mais as-tu bien, réfléchi?
A^nÉ^MAR. '
Réfléchi, je crois bien, car si elle refuse, je me suici'lc dans dix jours
LE CHEVALIER, se levant
Pourquoi dix jours?
ADHÉMAR
Parce qu'il me faut ce temps-là pour être ruiné.
LE CHEVALIER
Ruiné !
ADHÉMAR
Mais oui, tenez, comptons. J'ai trois millions, n'est-ce pas? Eh bien depuis douze heures, j'ai déjà dépensé cent soixantedix mille francs, ça fait trois cent quarante mille francs par jour. Or, si je ne me marie pas dans dix jours, tout sera ero- • que, et j'aurai même quatre cent mille francs de dettes. Vous: voyez donc bien qu'il faut que vous alliez mettre un habit noir, mon oncle, revenez ensuite, je vous donnerai les dernières instructions pour que la belle Héloïse de Vermisel ne nous résiste pas. Allez, allez...
LE CHEVALIER
J'y cours.
Il sort.