SCÈNE XI ADHÉMAR, POLYCARPE, puis ARTHUR
POLYCARPE, entrant tout joyeux *.
Bonne nouvelle, mon cher Adhémar! (Adhémar l'écoute,) Bonne nouvelle... pour moi. (Adhémar s'éloigne.) Je viens du Beiting... Soliman est à égalité, je gagne à l'heure qu'il est trois cent mille francs, rien que sur mon livre de paris...
ARTHUR, s'asseyent au guéridon à gauche
Quelle- drôle d'époque! Ah! messieurs, en voilà une bonne cascade. Là Mustenflûte qui est vicomtesse!...
POLYCARPE, s'asseyant à droite du guéridon.
Mustenflûte!
* Adhémar, Polycarpe.
** Adhémar .Arthur, Polycarp«.
AhTltVR, assis sUf le câhapé à gâùche
Eh bien, oui, Muslenflûte, noire ancienne clients.
ADHÉMARi
El elle esl vicomtesse pour de vrai?.*» depuis quand?
ARTHUR) tirant M montre.
Altendez! voj'onà, elle m'a^quiltd à sept heures dix, elle devait ôlrc aii chemin de fer à sept heures vingi, quarante minutes pour aller, vingt minuiespour lire l'acte et le signer. 11 est neuf heures quaranle-cinq (Remettant sa montrp). Il y ^ juste une heure vingt-cinq qu*elle est titrée...
ADHÉMAR
Ou*est-ce que tu nous chantes?
ARTHUR
Ah! c'est juste, vous ne âavei pas? Il mut vous dire que Mustenflûle avait Voulu me la faire &u fourrftge.
ADHÉMAR, Vinnt.
Tien» I comme à -moi.
ARTHUR
Quelle drôle d'époque 1 Dix mille francs.
ADHEMAR.
C'edt son chiffre I
ARTHUR
Je me récuse et lui offre en dédommagement un dîner à la Maison d'Or. Elle accepte, mais comme Yerdier était en train de droîScr notre menu, la porte s'ouvre et un homme noir appafatt. C'était un notaire^ il venait chercher MustenflAte de la part d'un monsieur qui était en trffin de trépasser d'une ndigeslion de timballe au macaroni, et qui tenait, à ce qu'il paraît, à réparer les torts qu^elle avait eus èhVérs lui, en l'épousant in extremis^ et c6 monsieur, c'était utl dnS nôtres, c'était le vicomte de Valdlndé.
POLYGARPB.
Bah!
ARTHUR, avec amertume.
Oui, messieurs! Cocotte à sept heures vingl^ vieomtesse à neuf heures quarantc-cînq... quelle drôle d'époque!
ACTK nËtîXIËME 51
POLYCARPE) afec sentiment.
Ah! quel coup do foudre; ce pauvre YaldindCf si bon, si distingué, si serviable, si...
ARTHUR
Oui, ah I celle mon va laisser un grand vide dans le monde sportique.
POLYGARPR.
Bichistique cl gastronomique.
ADHÉMAR
Que faisait-il,' ce Valdinde?
P L Y C A R P E ) det Ifermes dans la voix.
Il dtait le parrain de mademoiselle BeaUdorntft»
AtonéHÀA.
Et après ? '
ARTHVR.
Il ne faisait plus rien, il se laissait vivre, voilà tout...
POLYOARfS) chattt«»l dé t«ti.
Grêlait d^à bien gdntil dé ftft pan, puisqud pèrséand ne lui en savait gré.
On Ht.
AfillÉlitAtl.
tnfin, voyons^ à qUOl était-^il boti?
ARftttJR.
Mais à rien...
POLYCARPtt.
Au contraire. '
ADHBMAR.
Alors il a bien fait de s'en aller.
POtiYOARPE*
C'est-à-dire qu'il y a longtemps qtiMl devrait Ctfê pirli. ARfflûtt.
Il aura manqué le train. Ce qu'il y a de sûr, c'est qOê ce n'est pas une grosse perte que le monde fait là, car c^éiait un fier imbécile.
POLYGARFB.
C*élail une huître.
ARTHUR
La, son oraison est finie... Si nous parlions d'autre chose ? En voilà assez de Valdinde.
Il se lève.
POLYCARPE, se levnnfr ainsi qu*Adh<5mar.
Oui, en voilà môme trop...
ARTHUR, riant.
Quelle drôle d'époque!...
POLYCARPE
Faisons-nous un écarté?
ARTHUR
Soit, un écarté ! .
Us vont se mettre à la table de jeu au fond à gauche .