FLORESTAN, MOHICAN
},iomck^, entraîit parle fond. Voilà, voilà ! Ah! c'est votre habit que vous demandez ?. . . ça va être fait tout de suite.
Il entre dans la chambre à droite.
FLORESTAN, avec humeur. Et moi qui voulais sortir!... Tâchons du moins de profiter de ce retard pour achever mon couplet. (// 5e rassied.) Dans une pièce militaire, dont l'action se passe en Afrique, et de nos
jours, il faudrait des couplets ronflants, des couplets un peu chauvin.
MOHICAN, qui est entré, un habit et une brosse à la main. {A lui-même.) Toujours dans- le feu de la composition!... il fait des verses... C'est beau, les belles- lettres !.. Dieu de Dieu! que les belles lettres sont donc belles!... Si je n'avais pas été portier, j'aurais voulu être auteur.
FLORESTAN. Quel diable d'air cholsir ?... Ahl... la Famille de V apothicaire... [Fredonnant l'air':) Tra, la, la, la...
MOHICAN. Il se chante quelque chose à lui-même... Ça me rappelle les couplets de l'an six que je fredonne à mon épouse.
Il chante sans accompagnement, sur l'air : Avec vous sous le même toit.
Malgré leur intrépidité.
Et malgré leur foi politique.
Les blanc n'ont jamais résisté Aux soldats de la république !
FLORESTAN, SB levant. Hein?... qu'est-ce que vous chantez donc là ?
MOHICAN. Moi, monsieur?... rîen!
FLORESTAN. Si fait, parbleu !... vous chantiez un couplet du temps de la république.
MOHICAN. Monsieur, mes opinions politiques me le permettent.
FLORESTAN, à lui-même. Il y a quelquefois des idées dans ces vieux ponts-neufs.
MOHICAN. Je chantais pour me distraire; mais, du moment que ça incommode monsieur. . .
FLORESTAN. Moi?... nullement... au contraire... j'aime le bruit autour de moi quand je travaille... Voltaire composait au café... Ainsi, ne vous gênez pas.
Il se rassied.
MOHICAN. Monsieur est comme Voltaire...
ça ne m'étonne pas.
Air : Avec vous sous le même toit.
Malgré leur intrépidité...