‹ Paris voleurChapitre 25 sur 58 · VOLEUR · texte numérisé non relu

VOLEUR

non !... Aline m'attend à Dijon, et je suis un honnête homme : je n'irai pas dans cette maison.

BOURDALOUE. Ah ! tu caponues !

ALBERT. Eh l que diable ! s'il est facile d'étouffer un sentiment que notre raison condamne, n'est-ce pas surtout ici, dans cette grande ville, dont le bruit nous étourdit et dont l'activité nous entraîne? (S'animant.) Après tout, suis-je venu à Paris pour aimer sans espoir une femme sans nom ?... ou pour livrer mon cœur, ma tête, mes sens à tous les plaisirs, à toutes les émotions?... Et il en est une, dit-on, si brûlante, si fiévreuse!...

BOURDALOUE. Ah! dis-la-iQoi ! dis-la-moi !

ALBERT. Que penseras-tu, si demain je viens t'apprendre que je ne possède pius cinquante mille francs, mais deux cent , trois cent mille?..,

BOURDALOUE. Ah! bah!

ALBERT, continuant. Si tu me vois, hardi spéculateur, m'élancer aussi dans cette arène, où l'on se bat à coups de millions ?. . . non pour être plus riche... je n'y tiens pas.,, mais pour développer en moi ce génie nouveau, ce génie des affaires, qui éclipse la gloire du poëte, celle du soldat, qui porte un homme si haut, que... {S' interrompant.) Ah! mon Dieu!

deux heures!... et je ne suis pas encore parti!... {Courant irrendre son chapeau.) Adieu, nnon ami, adieu!... je cours...

BOURDALOUE. OÙ donC?

ALBERT. A la Bourse !

Il sort.

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