‹ Paris voleurChapitre 40 sur 58 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

BOrRDVLOUE, TROUPEAU, ALBERT.

TROUPEAU. Voici votre carte. . . Je me flatte, messieurs , que vous avez trouvé le dîner

bon? ,, . ,

BOURDALOUE. Un peu sale . je ne vous le cache pas. .. lichtre ! monsieur, comme vous assaisonnez les asperges!... je n'en avais jamais mangé à une sauce aussi... piquante! ALBERT. Voyons, finissons.

BOURDALOUE. Oui, finissons. {À part.) Heureusement, je gagne cent francs sur ma

montre.

TROUPEAU , à fart. On va me payer la

C3rtG .

BOURDALOUE ct TROUPEAU, tendant la main en même temps. :\îonsicur...

BOURDALOUE , regardant la main de Troupeau. Qu'est-ce que vous demandez?

TROUPEAU. Mais , dame!.. . le montant de la carte... et vous?..

BOURDALOUE. Ah! fort bien... la carte.

ALBERT. Dépêche-toi douc!

BOURDALOUE. Commencez , mon brave homme , par me payer ce que vous me devez.

TROUPEAU , le regardant. Ce que je vous dois?

BOURDALOUE. Certainement... la créance du villageois.

TROUPEAU. Ah! bon, bon , je n'y pensais plus... 300 pour \ous, et 200 pour lui. BOURDALOUE. C'est ça... mais finissons-en. TROUPEAU. Dans une petite minute, ça va être prêt.

BOURDALOUE. A la boune heure.

TROUPEAU. On vient de les pétrir.. .

BOURDALOUE, à part, afec ébahissement.

Hein?... On vient de pétrir mes trois

cents francs?

TROUPEAU. Ils sont au four.

BOURDALOUE, « part. Mes trois cents francs sont au four?

ALBERT, intervenant. Que diable, monsieur, expliquez- vous plus clairement!

TROUPEAU. Est-ce que, sur les cinq cents, je ne dois pas vous remettre à vous, trois cents?

BOURDALOUE. Nous y voilà!... nous y sommes!... Allez les chercher.

TROUPEAU. Mais ils ne sont pas faits.

BOURDALOUE, à part. Comment!... il les fait lui-même!... C'est un faux monnayeur!... {Haut.) Payez-moi; je m'y connais, et je verrai bien. ..

TROUPEAU, criant. Mais je vous dis qu'ils ne sont pas cuits !

BOURDALOUE, criant aussi. Pas cuits!...

qu'est-ce qui n'est pas cuit ?

TROUPEAU, de même. Les écbaudés !

BOURDALOUE. de même , crescendo. Je ne vous parle pasd'échaiulés!... je vous parle de mes trois cents francs !

TROUPEAU, de même. Je ne vous dois pas trois cents francs!... je vous dois trois cents échaudés*!

BOURDALOUE. Ah! grand Dieu!. .. je crois y être!... des échaudés!... Mais malheureux!... c'est moi qui le suis, échaudé!... ALBERT. Tu es encore volé, voilà tout.

BOURDALOUE, exaspéré. Comment ! voilà tout?... voilà trop!... Ça ne va donc pas finir, à la fin !... Le vol aux échaudés, le vol aux asperges!...

TROUPEAU , se fâchant. Plaît-il , monsieur?...

BOURDALOUE. Oui, le vol aux asp...

ALRERT, l'arrêtant. Voyons, voyons; le plus court e;>t d'en rire.. . Traiteur, voilà votre argent... Et toi... (Riant.) Monsieur mon mentor, suis-moi.

BOURDALOUE, hors de lui. Ah! le brigand!.. . Mais où le retrouver?...

TROUPEAU. Où le retrouver?... Eh! parbleu ! voilà son adresse.

BOURDALOUE. Son adresse?... Vovons**!

[Lisant.) Rue Thibautodé, N° 28.

j * Bourdaloue, Albert, Troupeau.

1 ** Albert, Bourdaloue, Troupeau.

ALBERT. Ah bah !

MAGASIN THÉÂTRAL

BOURDALOUE. Tout Paris loge donc rue Thibautodé, 11° 28 ?

ENSEMBLE

Air :

bourdaloue.

Trahison ! perfidie!

Quel affreux dénoùment !

Ah! j'ai soif de ta vie, Scélérat de Normand !

ALBERT

Nous perdons la partie; Perdons-la plus gaiment, Et permets que je rie De ce tour de Normand !

TROUPEAU

S'attrister, c'est folie :

Prenez ça plusgaîraent; Il vaut mieux que l'on rie Du bou tour du Normand.

Ih se dirigent vers le fond, Le rideau baisse.

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