‹ Paris voleurChapitre 50 sur 58 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les MÊMES, AUBRY, portant un pâté, des bouteilles , un jambonneau, etc. Costume et tournure de viveur.

AUBRY, entrant gaîment et bruyamment* .

Le pâté de foie gras demandé !... présent !

Am des Etudiants.

Amis de la bombance, Vive un joyeux repas !

Qu'importe la dépense?

Ou n'y regarde pas!

Je veux de cette fête Etre nommé le roi ; Je veux que l'on répète En chantant avec moi :

Tra la la la la la , etc.

TOCS.

Tra la la la la , etc.

BOURDALOUE, à lui-même. Ah! mais, en

• Rosine, Aubry, Bourdaloue, Cora, Mohicao, Mme Mohican.

voilà assez de tra la la la... {À Aubry.) Qui êtes-vous donc, monsieur?

AUBRY. Je suis...

Tout le monde redescend et l'entoure.

Même air :

^ Je suis, et pour la vie, Un joyeux boute-ea-train :

Je crois à la folie, A l'amour, au bon vin; Je crois à l'innocence , A l'ingénuité; Mais quant à la constance, A la fidélité...

Tra la la la la la, etc.

TOUS

Tra la la la la la, etc.

BOURDALOUE. Ah ! mals, ce monsieur me

cnspe avec ses tra la la.. .

Tout le monde remonte, excepté Aubry, Rosine et Cora.

AUBRY, allant à Rosine, et l'embrassant. Bonsoir, ma joHe petite fiUeule... (Bas.) Je suis votre parrain.

ROSINE, stupéfaite. Mais, monsieur...

AUBRY, /jas. C'est convenu avec Cora.

[Allant à Cora.) Charmante Cora, permettez. . . (// l'embrasse, bas. ) Je suis le parrain.' . . C'est convenu avec Rosine.

ROSINE, à part. Cora ne m'avait pas prévenue !

CORA, à part. Rosine ne m'avait pas dit

ça !

AUBRY. Ah ça , qui est-ce qui me débarrasse ?

BOURDALOUE. Voilà ! voilà !

Il prend ce qu'Aubry tient dans ses mains.

AUBRY, donnant à doite et à gauche des bouteilles qui sont dans les poches de son paletot. Et par ici encore!... et parla!... par là aussi !

BOURDALOUE. Ce monsieur est bourré de bouteilles... comme je l'étais de mirlitons... Il aura emprunté de l'argent, payable en Champagne.

AUBRY . Tiens ! ... et ces braves parents que je n'avais pas aperçus*!...

Il va prendre les mains à monsieur et madame Mohican.

M'"^ MOHICAN, le regardant fixement.

Tiens ! c'est ce monsieur qui est venu hier me parler dans ma loge !

BOURDALOUE. Dans Votre...

CORA, vivement. Dans sa loge... aux Itahens.

MOHICAN. Oui, aux Italiens... je rafFolle de Rubino et de Tamburina.

AUBRY, à Bourdaloue. Monsieur Ernest Bourdaloue, si je ne me trompe.

BOURDALOUE. De Dijon. [A part.) Il me connaît, l'inconnu!... [Haut.) Vous me connaissez ?

• Mme Mohican, Mohican, Aubry, Bourdaloue, Cora. Rosine.

AUBRY. Un peu... et nous pousserons plus loin la connaissance.

l'.oURDALOUE. En trinquant.. . nous dégusterons ce jeune périgourdin... si je remaniais?...

AïOHic.AN. Entamons! entamons!

nouRDALOUE. Justement , j'ai un couteau... si je le plongeais?...

MOHU'.AN. Plongeons! plongeons!

AUBRY, l'arrêtant. Maisnon, mais non!. .. nous n'en sommes pas au pâté.

BOLRDALOUE. Ah! c'est différent.

AUBRY. Allons, mesdemoiselles, allons, messieurs, de l'entrain, de la gaieté!... Rions, chantons, dansons... c'est jour de folie *!

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