‹ Parlons ainsi de la voix et du gesteChapitre 17 sur 122 · LA RÉSONNANCE U · texte numérisé non relu

LA RÉSONNANCE U

43. De la bonne sonorité de l'U. — L' U s'obtient en portant les lèvres en avant de manière à arrondir et à rétrécir l'ouverture de la bouche, dans le but de chasser l'air par une petite issue et pour modifier convenablement l'espèce de sifflement grave qui est le son naturel de cette voyelle. La cavité buccale a une forme intermédiaire entre OU et I, plus rapprochée cependant de l'I que de l'OU, tandis que l'orifice labial est arrondi comme dans l'OU, mais encore plus projeté en avant. On obtient une bonne sonorité de ru en poussant avec force les dents inférieures en même temps qu'on dispose les lèvres comme pour siffler.

44. Émission de l'U. — Sol gluant, rude montée, nuit obscure, chevaux suant, ruant, couverts d'écume, Juan ému, éperdu, hurle dans la rue : huhau ! hue ! — Au pays de Romulus et de Rémus, c'est un us que^ les noms propres sont en us : Curius, Vulturnus, LucuUus, Duilius, Publius et Rufus. —Au fur et à mesure, fixe par l'écriture tous les noms en ure, et que cela dure: usure, murmure, culture, brûlure, luxure, future, fumure, suture, hure. — Cet hurluberlu, l'.eusses-tu cru ? au roi de Suède, dans la rue, a répondu : turlututu !

45. Remarques philologiques. — L'U s'écrit EU à toutes les personnes du passé défini du verbe avoir : j'eus, tu eus, il eût, nous eûmes, vous eûtes, ils eurent.

Il perd sa valeur propre quand il se combine avec une

CH. II. — ÉJirSSlOX DES VOYELLES 57

des voyelles a, e, o, u, ou la consonne 22 : auteur, neuvaine, outil, œuf, chacun.

La combinaison n'a pas lieu, et l'U se prononce U, lui seul formant une syllabe, toutes les fois qu'il est surmonté d'un tréma : Saiil, Antinous, etc.

Entre les consonnes gr et g et une voyelle, tantôt il s'élide^ tantôt il s'altère, tantôt il se prononce.

II s'élide :

Toujours devant un e muet non marqué d'un tréma :que, barque, algue, guenon, morgue, etc.

Presque toujours devant une sonore : guérir, quérir, guetter, quêter, endiguer, indiquer, conquête, quête, quel, etc.

Le plus souvent devant un i : guide, guitare, quille, qui, guipure, quinquina, etc. souvent encore devant un a: quand, qualité, quatrain, etc.

Et même devant un o : quotient, quolibet, etc.

Il prend l'intonation ou :

Dans certains mots d'origine espagnole, tels que: Guadalquivir, Guatemala, alguazil, etc.

Et dans un certain nombre de dérivés du latin, en particulier dans ceux qui commencent par quadr ou par aqua : •quadruple, quadrangulaire, etc, aquarelle, aquarium, etc.

Il se prononce :

Devant un e muet marqué d'un tréma : aigu-ë, cigu-ë, exigu-ë, contigu-ë, j'argu-ë, tu argu-ës, il argu-ë ;

Devant un e sonore, dans un certain nombre de mots d'origine latine : équestre, quinquennal, questeur, etc.;

Devant un i, dans les dérivés de aigu, ambigu, contigu, exigu : aiguille, ambiguïté, contiguïté, exiguïté ;

Et dans une trentaine de mots d'un classement difficile.

tels que : consanguinité, linguistique, équilatéral, quiétude, requiem, etc.

U se prononce o dans les finales en um : opium, forum, laudanum, etc. et dans les mots nuncupatif et résumption.

Par ordre d'importance numérique, le groupe des U tient le sixième rang parmi les voyelles pures. Une même conformation de la bouche suffisant à les émettre tous, ils ne ne peuvent, comme les I, différer que parla durée. Longs, quand ils sont surmontés d'un accent circonflexe : vous eûtes ; brefs quand ils forment la première voyelle d'une diphtongue: huile, aiguille, etc; plutôt longs devant un son-consonne doux ou continu ; plutôt brefs devant un soneonsonne dur ou explosif.

Page 1