ACTE DEUXIÈME
GŒTTLINGK
Comme cela m'est déjà arrivé une fois, j'ai pris l'habitude de faire une marque tous les soirs. Tenez, là, vous voyez ?
ZARNCKE, examuiant la pierre.
A partir de ce trait bleu ?
GŒTTLINGK
Parfaitement.
ZARNCKE, pensifs avec un sourire.
Ah ! vraiment. Mais ça n'est pas mal travaillé. Il y a du mouvement. Si les lutins se mettent tout spécialement en frais pour vous, Gœttlingk...
GŒTTLIN'GK
Si je lui mets la main dessus, à ce lutin-là, il se frottera les côtes. Qu'est-ce qui m'a fichu un veilleur de nuit comme ce gaillard-là, qui vient rôder ici l'après-midi et qui laisse faire des coups pareils?... C'est pire qu'une effraction.
84 PARxMl LES PIERRES
ZARNCKE, pour faire diversion
Qu'est-ce que le veilleur de nuit a à voir là dedans ? Quand il fait noir, on ne peut pas travailler.
WILLIG
Faites excuse, monsieur Zarncke, mais à cinq heures, il y a longtemps qu'il fait jour.
ZARNCKE, les calmant.
C'est bon. Je l'interrogerai tout à l'heure.
GŒTTLiNGK, grommelant.
Je m'en chargerai bien tout seul.
ZARNCKE, descendant en scène avec Willig.
Et, dites-moi, contremaître, comment est-il, en somme, ce nouveau veilleur de nuit ?
WILLIG
C'est un garçon docile et ordonné qui montre autant de zèle que possible, mais... il est faible, monsieur Zarncke.