SCÈNE VIII Les Mêmes, EICHHOLZ
EicHHOLz, complètement saoul, sortant de la cantine.
Je suis un homme... honorable... j'ai pas besoin de manger ma soupe... dans une écuelle en terre. Salut, la compagnie. Salut, la noble compagnie. {Remarquant Biegler.) Comment ?... Qu'est-ce qu'il veut, ce chien... ce chien efflanqué ? Un m... manteau... il lui a donné un manteau avec des boutons dorés... comme à un officier ? Qu'est-ce que c'est d'abord que ce gueux-là ? D'où sort-il, ce crève-la-faim ?
LOHMANN
Ça ne te regarde pas. Pourvu qu'il fasse sa besogne.
EICHHOLZ
Sa besogne ? Ha ! ha ! ha ! II n'est ici que
pour se gaver... Il est ici pour qu'on l'engraisse, comme un cochon, avec des glands. Est-ce que j'avais des boutons dorés, moi? Allons, bougre, par quels trucs et par quelles manigances as-tu attrapé ta place ? Allons, vide ton sac, sale chien !
BIEGLER
Laissez-moi tranquille. Je n'ai rien à faire avec vous.
EICHHOLZ
Et qu'est-ce que tu as à rôder toujours autour de ma fille ? A toi, elle te donne une assiette en porcelaine. Mais tu finiras par éclater, comme une vesse de loup... et alors, à la puanteur, on reconnaîtra qui tu es. Tu sais, crapule, mon poing, c'est comme une massue. {Il marche vers lui. Biegler le repousse. Eichholz recule en titubant.) Comment... tu me frappes... tu frappes un vieillard ?