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PARIS

Parny, deiui-Tibullc, écrivit nullement Des vers inspires par les Grâces Et dictés par le sentiment.

Le Bruit.

ON ne peut que souscrire au jugement de Le Brun; de la mollesse — que nous appelli ron< une aima/dtard il è, de la grâce — où il entre de l 'élé genre cl de l' harmonie, un joli sentiment, voilà bien, en effet, ci qu'on (ihuc à reconnaître fin talent de Parny. — Demi- Ti bulle, dit Le Brun; Voltaire se mont/ait moine lise (fui rappelait , à son lit de mort, son « cher Tibulle ».

Pourquoi j'ai souligné le mot « joli »? ("est que, en ité, la destinée littéraire de Parny. est curieuse. Virant à uni époijue dissolue et qui ne demandait à ses -poètes que des cou plets libertins, L'arny. quoique ayant commis nombre de petits vers dans la manière élégante d'un Bouflers ou d'un Dorât, passe pour avoir apporté dans la poésie erotique — c'est le terme dont il désigne lui-même poèmes — ci rtaines des gu<dités de V élégie. On se plaîl à lui reconnaître de la « sentimentalité » ; on le distingue aussi de ses rivaux inspirés seulement par le libertinage. Enfin, on en fait un poète élégiaque.

1*0111- nous, il faut l'avouer, nous ne distinguons pas toujours ses productions de celles des poètes de son temps. Les grands lyriques nous ont gâtés: nous orons lu des élégies autrement émouvantes que les meilleures de Parny. Qui de cris d'amour dans nos oreilles/ A quelle profon deur et à quelle élévation dans le sentiment n'ont pas at-

j i PREFACE

teint un Musset, un Lamartine! Et, vraiment, comment pourrions-nous trouver mieux que « joli » le ton des élégies de V amant d'Eléonore? — Cependant, les premiers vers de Lamartine n'étaient-ils pas dans la manière de Parny? Et Chateaubriand, lui-même, n'avait-il point commencé par le subir? C'est que, alors, les poésies de Parny étaient assez nouvelles pour paraître neuves; leurs fraîches couleurs étaient dans tout leur éclat: elles ont un peu passé depuis. Mais, pour un Chateaubriand, pour un Lamartine essayant leur plume, elles s'offraient en gracieux et tendres modèles.

Peut-être sommes-nous un peu agacés de l'attirail mythologique qui les encombre. Est-ce une raison pour nier leurs mérites réels? — Parny manque d'invention, ses images sont pauvres et, trop souvent, ses poésies ont des accents de romances. On le lit en fredonnant. Mais ce sont là des défauts qu'il partage avec tous les poètes de son temps. Par contre, il a la tendresse et V abandon ; son vers est d'un heureux rythme, simple et pur, limpide, harmonieux. Nous ne pouvons guère lui reprocher que de manquer de vraie passion. Encore en a-t-il infiniment plus que les Pezai et les Dorât. Et puis, il fuit le maniérisme ; il est sincère, il est ému. Lisez sa première élégie: Enfin, ma chère Eléonore..., elle demeure fraîche, sensible et pure. On en peut dire autant de celle intitulée: Projet de solitude. Sainte-Beuve a écrit à son propos: « La pièce de Parny (trente-deux vers en tout) est pure, tendre, égale, d'un seul souffle, d'une seule veine. C'est du parfait Tibulle retrouvé sans y songer, et la flûte de Sicile n'a rien fait entendre de plus doux. » N'est-ce pas Sainte-Beuve encore qui trouvait d'une « simplicité exquise, indéfinissable, qui se sent et ne se commente pas », tes vers de Parny: Sur la mort d'une jeune fille, qu'il qualifie de « chef-d'œuvre des modernes épigrammes à inscrire sutune tombe ».

Qu'on lise aussi trois élégies dont voici le premier vers de chacune:

D'un long sommeil j'ai goûté la douceur...

J'ai cherché dans l'absence un remède à mes maux...

Calme des sens, paisible indifférence...

Elles sont d'une vraie beauté; elles palpitent d'une vraie douleur.

On a reproché à Parny de manquer de pittoresque, et c'est exact; le don de la description lui est d'ailleurs re*

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