Parodie des Misérables de Victor Hugo
Les deux lui sont offerts avec empressement sur la simple déclaration de ses titres et qualités, par un nommé M. Bienvenu,
Celui-ci lui témoigne sa reconnaissance en lui chipant ses six couverts.
Ces couverts découverts, l’honnête Valjean dit que M. Bienvenu reconnaît, effectivement, le don desdils c’est un souvenir de M. Bienvenu. couverts et, pour récompenser Valjean de sa belle
conduite, le force à accepter, en outre, deux chandeliers qu’il avait oubliés.
Rendu à la liberté, Valjean en fait un noble usage en mettant le pied sur la pièce de quarante sous d’un petit Savoyard (petit Gervais).
Celui-ci réclame sa pièce, Valjean la lui refuse jusqu’au moment où, effrayé par ses menaces,
Gervais s’enfuit ; alors l’honnête Valjean, levant le pied, songe à rendre la pièce qui le regarde comme un œil, et il se dit : Je suis un misérable.
Aussi fait-il tranquillement une révolution dans sa personne en remplaçant son commerce de rossignols par le commerce des geais, auxquels il donne un grand développement.
Il marche et arrive à M.-s.-M. juste pour sauver d’un incendie deux petits gendarmes, ce qui détourne aussitôt de lui l’attention générale.
Bientôt nommé père et maire Madeleine, il fait sortir du violon une misérable appelée Fantine, malgré le policemann Javert.
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Javert a des soupçons sur maire Madeleine; pour se renger il le dénonce comme étant J. Valjean.
Surprise! ce rare agent demande, presque aussitôt, à être chassé pour avoir soupçonné à tort M. Madeleine, car J. Valjean est en prison, à Arras, pour vol de pomme, sous le nom de Champ-Matthieu.
L’honnête Valjean court à Arras se dénoncer et faire relâcher Champ-Matthieu, qui a avec lui une fatale ressemblance.
Naturellement le Tribunal le laisse revenir à M.-s.- M., plus vite qu’il n'en était parti, mais avec des cheveux blancs.
L’intègre Javert, qu’il n’a pas voulu chasser et à qui il a la naïveté de demander trois jours de répit, lui rit au nez et le fiche au bloc .
Mais maire Madeleine n’est pas fagot pour des pommes : il se sauve du bloc avec son pain, comme l’on prouvé des miettes trouvées depuis,
Et rentre chez lui pour mettre sur sa table la pièce de quarante sons de Cîcrvais, qu’il a conservée pour prouver son identité; car toutes les pièces de quarante sous ne se ressemblent pas.
Le bon Javert, à sa poursuite, s’arrête pour ne pas l’arrêter. (Évidemment il a des remords de 11e lui avoir pas donné sps trois jours.)
Maire Madeleine les prend pour aller déposer, croiton, ses économies dans le bois de Montfermeil.
Referré sous le n° 9Zi30, il se déferre sous le prétexte de sauver un matelot,
Et profite de la circonstance pour piquer une tète; il disparaît sous un navire,
Et reparaît à Montfermeil, assez à temps pour aide la misérable Cosette à porter son seau.
Il reconnaît dans Cosette la fille de Fantine que les Thénardiers, deux dignes époux, ont élevée avec soin et douceur.
Alors il fait tout pour se faire remarquer ; vêtu comme un pauvre,® il achète 5 fr. un commencement de bas fait par Cosette.
Il lui donne une poupée de 40 fr. pour faire bisquer Ponine et Zéma Thénardier, qui n’ont pas voulu lui prêter la leur. (C’est bien fait!;
11 laisse, comme souvenir, 1,500 fr. au bon Thénardier, qui trouve cela peu de la part d’un homme vêtu comme lui.
Sur ses observations, le n° 9Z|30 y joint un billet de Fantine qui lui dit de remettre Cosette à la personne , et emmène Cosette, selon sa promesse à la mère morte.
Là, il découd son paletot pour en tirer des billets de banque.
11 arrive à Paris dans une maison à deux numéros, qu’on'lui a louée sans demander ni nom, ni passeport. (Il a si bonne mine !)
Il laisse dans ses poches trois perruques et un couteau.
Il donne des pièces blanches à des pauvres qui ressemblent à Javert, etc., etc.
L’honnête Valjean, par réciprocité, le prévient de son départ en laissant adroitement tomber une pièce de 5 fr. ;
Aussi finit-il par être remarqué : afin de l’éclairer sur sa position, l’habile mais bon Javert prend uen chandelle pour l’espionner.
Puis il se glisse dans l’ombre au nez de Javert, qui le laisse faire, sans même lui demander ses papiers pour éclaircir un doute.
Car Javert n’est par sûr qu’il n’est pas mort, et autant par prudence que par délicatesse, préfère le suivre à distance et attendre
Alors, sûr de son fait, il s’élance à sa poursuite avec des renforts.
Que Valjean passe sous le seul reverbère allumé ce soir-là, pour le reconnaître.
Valjean se jette dans la rue Picpus et s’aperçoit que l’extrémité est gardée.
11 revient sur ses pas et voit des baïonnettes ! il se croit cerné pour de bon.
Javert attend que l’escalade soit faite et fait fouiller alors, en riant dans ses favoris, tous les recoins de la rue : pour la deuxième fois cet homme humain réussit à laisser la liberté à Valjean.
Il prend donc son temps et escalade un mur avec autant d’aisance que de facilité.
Cependant Valjean, qui pense, le naïf, l’avoir échappée belle, se trouve dans le jardin d’un couvent, où il entend un grelot.
Ce grelot met des cloches sur des melons et s’appelle père Fauvent, à qui, jadis, Valjean a sauvé la vie à M.-s.-M. Comme on se retrouve !
Fauvent trouve toute simple la présence de Valjean avec Cosette qu’il donne pour sa petite-fille ; mais pour les faire entrer, il les fait sortir : Cosette dans sa hotte,
Heureusement qu’a lors les fossoyeurs 11e pouvaient faire un pas sans carie : Fauvent la fait perdre «à Gribier en lui chipant la sienne,
Et pendant qu’il court la chercher, Fauvent s’en sert pour déterrer Yaljean, enterrer la bi re vide et partir avec le déterré.
Puis Fauvent, Cosette et Valjean rentrent au cou- Où Yaljean, mort à Toulon, sous le n° 9Ù30, ressus-
nt* cite grelot , sous le nom d U. Fauchelevent, frère dé¬
funt du père Fauvent.
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