PREMIÈRE PARTIE
La nuit était venue, comme au prologue et comme au premier chapitre.
Tout à coup il écouta. Cet homme avait l'oreille fine comme une aiguille. . .
La nuit était venue [ter).
— Goliath !
— Bourgeois!... répondit une voix de bois.
i« PARODIE DU JUIF ERRANT.
— Me voilà; j'apporte uY la viande. »
Bientôt un fort bel homme sortit de la trappe, il avait six pieds, une tête énorme, un Iront bas et saillant, l'air bestialement sauvage, et se nommait Goliath. C'était encore un saltimbanque, un mangeur de viande crue, un géant de la foire.
"Où est le couperet 1 dit-il en laissant choir un morceau de viande qu'il portait à la force des dents, ouest le couperet ?
— Ça ne te regarde pas, répondit Barrock...
— J'ai une faim d'enragé et mes bêtes aussi...
— Ça ne te regarde pas !
— Mais les bêtes vont crever et moi aussi. . .
— Ça ne te regarde pas.. . Allume le réchaud. Que fait le vieux bonhomme?
— Maître, il savonne les bas des deux petites filles,
— Où?
— Sous le porche.
— C'est bon...
— Ah!... mais, j'ai faim !
— Allume ton réchaud, fais cuire... ta barre de fer, et va voir chez le bourgmestre si j'y suis... « Goliath exécute les ordres de son maître ; il allume donc un immense réchaud, et, au milieu d'un tas de charbons et de fumerons, il fourre ce qu'on lui a dit de faire rissoler... une barre de fer, — puis va se promener pour se donner encore un peu plus d'appétit.
Qu'est-ce que tout cela veut dire? demande le lecteur... Marche, marche! répond toujours l'auteur...
C'était, ma foi ! vrai; le vieux de la vieille savonnait imperturbablement.